CHAPITRE lU
posé cTan vaste agsentiUâge de tours et de murs crénelés, et le Jianma Musjeed^ le plus vaste et le plus magnifique édifice que l'art des Musulmans ait élevé dans Tlnde. Les matériaux dont se composent principalement toutes ces eonsiructions , sont du granit rouge y très-agréable à Tœil, entremêlé 9 comme ornement, de marbre Uanc; Farcfaitecture en est simple et d*un effet imposant.
L'espace entre la porte d'Agra et le tombeau d'Humaioon offre un spectacle de douleur et de désolation; partout des ruines,. des tombeaux, des fragmens d'ouvrages de briques , des pierres de taille détachées , du granit , du marbre sont Ik épars sur un sol rocailleux ei stérile , et qui H^ofire ni arbre , ni trace de culture , si ce n'est en un ou deux eodroits.
C'était Ik Tandenne Delhi , fondée par les rois Patans sur lés ruines d'une cité indienne plitô vaste encof'e, Indiaput, qui s^étendait principale-* ment k l'ouest. Le nom officiel de la ville ae^ tuelle est Shah jehanpour ( ville du roi de l'unie* vers ) ; mais le nom de Delhi est le seul qu'on emploie dans la conversation, et même en écri^
I^a^ TABLBÂU- DE l'iUDE.
vant; excepté lorsque récrit doit passer sous les yeux de T empereur*
Le principal objet de curiosité dans la ville moderne, est le Jumma Musjeed ou grande cathédrale mahométane. Ce superbe édifice fut commencé par Shahjehan dans la quatrième an-< née de son règne y et terminé dans la dixième , ayant coûté dix laks de roupies ( deux millions et demi de francs ). L^emplaceibent a été bien choisi; c'est une éminence rocailleuse. On y monte par un escalier de trente-cinq marches de pierre j l'entrée est bâtie en pierres rouges; les portes sont revêtues de cuivre travaillé. La terrasse sur laquelle est construite la mosquée y est un carré d'environ quatorze cents pas , pavé de pierres rouges et entouré d'une colonnade ar^ quée de la même matière, avec des pavillons octogones de distance en distance. Au centre est un large réservoir de marbre avec dQ petites fon* taines auxquelles le canal fournit de l'eau à l'aide de moyens mécaniques. De cette cour, la vue domine sur toute la ville.
On éprouve un vif sentiment de compassion en comparant l'humble état actuel de cette £bl-'
CâAPlTRE III. 173
mille des rois du Delhi ^ avec ce qu'elle était quand Bemier visita ces contrées.^
Voici là description que donne ce voyageur du grand Mogol de son teinps. « Le roi pafut (( alors assis sur son trône au bout de la grande « salle > et revêtu du costume le plus magnifi- « qucv Sa veste était de satin blanc richement (( brodé d'or et de soie. Le turban de drap d'or « était surmonté d*une aigrette dont la tige « était composée de diamans d'une gi*osseur et (( d^un prix inestimable , outre une topaze orien- « taie dont rien n'égale la richesse et qui bril- « lait comme, uh soleil. Un collier formé de a perles immenses , tombait comme un chapece let sur sa poitrine. Le trône porté sur six « pieds massifs y qu'on disait être d'or ^ étince- (c lait de rubis, d^émeraudes et de diamans. Au- (c tant que je puis m'en souvenir il était estimé (c à une valeur de quarante millions de roupies « ( cent millions de frapcs). Il avait été conistruit « par ordre de^ Shahjehan, père d'Auongzeb, (C afin.de déployer Timmense quantité de pierres (( précieuses, successivement aibcumulées dans le c trésor par la dépouille des anciens rajahs et « Patans, et par les présens ^ue diaqu^ omt^ah
^74 TABLEAU M l'ÏWDE.
« devait faire au monarque a certaines fêtes àn^ « nuelles. Lq travail ne répohd f^as h la matière. (c Cependant deux paons , couverts de joyaux « et de perles y sont fort Babilemeht exécutes. <{ Ils «ont Touvràge d'un ouvrier français d'im « grand talent, qui, apriès avoir trompé plusieurs a monarques européens av6c de faux diamans <( qu'il fabriquait avec un art tout particulier, (( avait cherché tin asile dans la cour du (rrand t< Mogol , oÀ il avait fait sa fortune. An pied « du trône étaient assemblés tous les omrahs (c magnifiquement vêtus. , sur une estrade qu'en^^ (( totirâit une grille d'argent/ et au^desstis de « laquelle s'étendait un vaste dais de brocard H avec de larges franges en or. )>
Un autre objet de curiosité est le Cuttub Mi^ nar. C'est une tour ronde formant un polygone à vingt-'Sépt fsCces ^ sa hauteiir est de deux cent quarantenleux pieds; elle à cinq étages, qui plus ils s'élèvent , plus ils diminuent en circonfé^rence. L'étage inférieur, qui est k une hauteur de quatre-vingt- dix pieds, se partage en vingts sept compartimens angulaires et demî-cylindr?ques sur lesquels sont gravés en vieux carac*tères arabes des passages du Coran. \je second