CHAPITRE m
étage, divisé en compardmens demi-^cjlindri-' ques, s'ëlève de 5o pieds. Le troisième, à com-partimens angulaires seulement, a ^o pieds de hauteur. Jusque-là le bâtiment se compose de magnifique granit rouge. Les 4^ ^t ^^ étages , chacun d'une hauteur de a3 pieds, sont construits d'un très-beau marbre blanc h, surface polie. Un balcon, soutenu par des appuis en pierre , règne autour de Tédifice entre chaque étage. Une magnifique coupole, appuyée sur 4 arcades de granit rouge , couronne tout l'édifice. Oh arrive à son sommet par un escalier de 384 degrés ; ui^ multitude de mosquées en ruines , de tombeauip , etc. , environnent cette tour; la plupart de ces monumens sont dans le style d'iirchitecture Patane et quelques-uns sont d'une grande beauté. On en remarque un entre autres sur une colline , et environné de tours et de parapets ; son architecture simple et solide parait admirablement répondre k la triple destination d'uoe construction musulmane , une forteresse , un tombeau, un temple. Ces Patans bâtissaient comme des géans, et donnaient a leurs travaux le fini d'un joaillier. Cependant, avec quelque profusion que les.ornemens soient prodigués^
176 TABLEAU DE l'iNUE.
une économie pleine de goût a présidé a leur distributioQ, et jamais ils ne détruisent Teffet général et le caractère grave de Tédifice qu'ils . décof ent.
'La ville est sous le a8® ^i' de latitude^ 77* 5' de longitude. Sa population, qui, sous le règne d^Aurengzeb , était , dit-on , de 2,000,000 , e^ aujourd'hui h, peu près le dixième de ce nombre. Muttra est une ville grande et remarquable , révérée par les Indiens, pour son antiquité et ses rapports avec leurs légendes, principalement comme étant le bien de naissance de leurs fabuleux Krishna ou Apollon. En conséquence , on y voit abonder les perroquets, les paons, les tau-
reaux et les singes. On voit ces derniers courir coipme des chats sur les toits des maisons et le long des murs. On voit là un château en ruines sur les bords de la Jumma , et une mosquée «magnifique, quoique portant de tristes n^rques des ravages du temps; quatre minarets ' s'élèvent majestueusement au-dessusd'elle . » Secundra n'est plus maintenant qu'un village ri|iné, sans bazar; il est cependant remarquable an. ce qu'il *conti en t le tombeau d'Acbar, l'un des plus superbes mausolées de l'Inde. Il occupe
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un espace d'environ 40 arpens , dont l'enceinte est formée par un* mur reyêiu de parapets flan* qués 9 à ses angles^ de tours octogones , avec quatre pavillons découverts et quatre magnifiques portes de granit rouge. La princip'alé est enchâssée de marbre blanc ^ et a quatre hauts mina-^ rets d^ marbre. L'intérieur est planté d'arbres > partagés en allées , qui aboutissent au bâtiment central. Cet édifice est entouré extérieurement d'arcades, de galeries^ de dômes qui diminuent graduellement en dimension à mesure qu'ils s'élèvent, jusqu'à ce quils se terminent en une plateforme carrée de marbre blanc , que revêtent des ouvrages* de la même matière artistement travaillés. Au centre de la pyramide est un petit tombeau en forme d'autel , sculpté ^avec un art et une délicatesse surprenante , et que relève encore ]'élégance des caractères arabçs qui en font le principal ornement. Au dessous de l'édifice, dans un caveau étroit, mais élevé, est le véritable tombeau de ce £;raind monarque, simple et sans ornement, mais aussi en marbre blanc.
Plusieurs autres fuines se trouvent dans lés euwonS) dont quelques «^ unes paraissent fort
la
1^8 TABLEAU DE l'iMDE.
belles ; mais , aux regards du voyageur , u>m lelil' intérêt s'efface deyani le tombeau d'Acbar.
La ville d'Agra est située sur la rive sud-ouest d^ la Jumma ^ à 13^ milles de chemin de Delhi , sous le 3^« II' de latitude nord, 77^» 55' de longitude est. Son origine ne remonte pas k uue haute antiquité^ Ce n'était autrefois qii'un peut village ; dépendant de la ville de Brana, à 44 milles k Touest sud-est , où le sultan Secundef tenait sa cour. L'empereur Atbar fut le fonda* teur d'Agra.
La plus grande partie de cette ville , naguère si ftprissante, n'est maintenant qu'un monceau de ruiaes. La population n'excède pas 60,000 âmes. L'édifice le plus remai^uatile d'Agt'a est lé cé^ lèbre mausolée ^ appelé Tt^e Mahal , construit par Shahjehan , en l'honneur de son épouse favorite. Il est situé k environ 3 milles du fort, sur la rive méridionale du fleuve. Il est placé au milieu d'une enceinte de 'àoo pas de circonfé^ rence, dcHsit on a fait un jardin.
Le monument IqiHnéme est un édifice opiadran* gulaire de 190 pieds de hauteur; et le dôme ompjestueux qui s'élève du centre a un diamètre d'environ 70 pieds; il est tout de marbre «poli,
cilAPiTftE m, 1^9
he jardin qui , ainsi qne le momment ini^eyéaie^ est eijkireieâu avec le ^ns gmind $oin'()Qr le gouverojemettt , ses foncaines 4e m^bre , ses liiagiiiJSfites cjprès , une foule d*àu£res arbres et de ]»o&qifteAs ei&baumés , forment un ado»* raJrie t^Qntraste av^c le marbre Ëlanc du tom** beaA , et en le cachant en partie y ôtent à ce monùmï&nt cet air raide ec apprêté qui slat- ^cbe inévitûbieineut à tout édifice fiai avec un soip trop minutieux. L7édi£ce lui-aaéme s'élèvp sur «ne haute terrasse de marbra blanc et , jaune^ flanquée, a ses angles, dequalre haut^ wi^ uaretâ^ de la même maûère. Le Tajé coxuient, comme d'habitude , une salle centrale où s'élèvent le tombeau de J^^o«6e «chérie 4e Shahjehan, et à ses cdtés cekû de Tinfe^tuné empereur lui- • même. Autour de cette salle sont plusieurs petites cfatmbres; corridqirs, etc. ; les ieiaêtre3 sont rcr Tiiftues id'ornemens eu marbra de la. même èsfèce ^fwnt celni de l'édifice- On mar-che sur des carreaux ide marbre blanC. et de marbre de Sienne , alterBes ; ies murs et les tombeaux sont coi^erts de ifleurs sculptées et d'inscriptions , exécutées en sii^erW iBOsasque xOimposée de cornaliues , de lapis la2>uli et de jaspe; et^ bien que tout ce ira-
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vail soit fini comme des ornemens de cheminées de salon , cependant Teffet général que produit Tensembla est grave et solennel. En regardant tout rédifice au dedans ou à Textérieur^ On le dirait terminé d'hier, et frakhement sorti des mains de Tarchîtijcte. On peut s^eh faire une idée par ce mot de Zoffani, peintre! italien, qui^ après l'avoir long-temps fixé dans un sentiment muet d'admiration , s'écria qu'il ne man^ quait rien k ce chef-d'œuvre qu'Hun bocal de verre assez étendu pour le couvru* et le protéger. '
Umir était l'ancienne capitale de la princi^ pauté de jyepour; elle n'a maintenant de remarquable que. ses temples remplis d'ermites et de pèlerins , et un palais qui attesté son antique grandeur.
Les cours intérieures d^ ce dernier édifice contiennent une magnifique salle d'audience^ tm joli petit jardin avec des fontaines, ainsi qu'une longue suite de passages ^^d'arcades , de petits et inextricables . appartemens , dont plusieurs sont d'une grande beauté. Des fenêtrçs, des balcons et des terrjasses , on jouit d'une des plus belles vues qu'on puisse concevoir.
CftÀPITRE III. l8l
Tous ceux qui oat visité Umir la considèrent eomme supérieure au château de Delhi.
Ici qu^on me pepmette de citer Tévêque Héber : « Pour moi, dit ce voyageur, }*ai vu « des palais plus magnifiques, d*uAearchilec- (( ture plus pure Qt couvraut un plus ,grand ^ a espace; mais la variété et le pittoresque, la c< richesse des sculptures, la sauvage beauté « du site , le ùombre et la piquante irrégularité . « des appartemens , tout , jusqu'à la surprise « qu^on éprouve de trouver un pareil palais (e dans un tel lieu , et dans un tel pays ; il ré- « suite de tout cela quelque chose qui n*a rien * (( que je puisse lui comparer. Et cet édifice est « aussi Touyrage de Jye Singh ! les omemens « sont du même style, quoique d'un iintîHeur « goût que ceux de son palais de Jyepour ; les « dimensions et le nombre des appartemens (( ^ont également l^s mêmes. On parait avoir fait (( ici un grand usage de verres de couleur; 'le (( bâtiment est en bon état ; mais il a néanmoins
ce un aspect, solitaire et désert; et lorsque notre « guide , son trousseau de clefs à la main , ouc( vrait Tune après l'autre toutes ces portes avec (( leurs verroux de fçr, nous conduisant tantôt
l8si TARLBAU l>E L^tHDE,
« d(^tis des passages étroits et sombra , à travers ({ une longue suite de cours silencieuses, ou de H chambres à voûtes obscures où la lumière n*ar- « rivait que par des verres de couleur, et que (( les scuîptures et les dorures faisaient paraître . « plus lugubrei encore , l'idée d'un château enii chanté dut nous venir k tous, et je ne puis « m'empécher de penser quel magnifique usage « feraient d'un tel édifice un Arioste , ou un (( Walter Scott. »
La ville de Jyepour, qui a succédé à Umir, est extrêmement remarquable. Comme elle est l'onvrage d'un seul monarque, Jje Sîngh^ elle est bâtie aur un plan régulier , coupée par une rue principale fort large, laquelle est, traversée a angle# droits par trois autres. Au centre de la ville est une place qui sert de marché. Les mai* sons ont généraletiient deux étages, quelquesunes en ont trois et quatre, avec des fenêtres et dtes balcons, dont {)lusieurssont ornés de belles sculptures. Ça et là sont de beaux temples y dans le style de ceux de Benarès; prés du palais est une fort belle tour ou minaret* d'environ 200 pieds àe hauteur. La ville est assez propre j mais une grande partie des maisons sont dans un
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état de délénoraiiou. ta popukrion est de .60,000 i^es. Le palais av^c ses jap^dins oc;c^p€> environ un sixième de la ville.
Vu des diffigrenies rues qu'il borde ^ il priéseme un frcoit éteiyluy de 7 à 8 étages, flanquii de deux tours d'égale hauteur que surmontent deux coupoles découvertes.' Dans l'intérieur sont deux cours spacieuses et plusieurs autres plus petites, entourées d'arcades, de piliers en pierre, excepté Jes veraudahs qui conduisent aux chambres principales et qui sont en marbre. Les jardins sont vastes et for^ beaux. On y trouve en aboildance dés fontaines, des c^rprès, des palmiers, des bosquets odoriférans, ainsi qu'une suite déterrasses dont aucune n'est strictement contbrme au goût, mais dont l'ensemble est riche et frappant*
La ville impériale d'Ahmedebad, située sous le 23^ 1' de latitude nord, et sous le 72*" 4^' ^^ longitude est, est bâtie. sur la Sabermatty/ qui baigne la partie accidentelle de ses murs. Après avoir été autrefois une des çapitales'les plus vastes de l'orient,, sa circonférence n'est aujourd'hui que de cinq milles trois quarts. Elle est entqurée d'unfebaule mufàille, avec des tours irrégulières
l84 TÀBLBÀi: DIS L^IRDE.
de citiquaoio en cinquante pas. Il y a douze poçtçs principales, indépendaimQent de plusieurs autres issues. Ahmedebad fut b^tie en Tannée 14^69 par Âhmedshah , sur remplacement d'upe ciié plus ancienne. Au temps de ^ plus grande splendeur^ elle s'étendait, avec ses faubourgs, dans une circonférence de ^27 milles. Thévenot, qui la visita dans le xvu^ siècle, dit qu'elle avait alors 7 lieues de tour, et TAyéen Acbcry en donne la description suivant^ :
« 11 y a deux forts aux portes desquels est la (( ville. Elle contenait autrefois 36o pouras ou ti quartiers ; 84 seulement sont dans une candice tiou florissante : on y compte looo moâquées, a qui ontcbacUne deux hauts minarets et de mer^ m veilleuses inscriptions, n
Partout des minarets prêts à crouler, des palais en ruines , des aqueducs détériorés indiquent Tantique magni^cence de ta ville. Il y a*^ mêni^ dans rintérieur des murs de vastes es^ paces couverts de ruines, ou dont on a fait des champs de blé et des.jardins fruitiers. Quelquesunes des rues sont larges, mais elles nç sont pas (entées d'allées d'arbres > comme Tassu-» rent Mandesloe et d'autres voyageurs/ Elles