CHAPITRE IIL. l
ne sont point pavées. On voit encare les arcs triomphaux^ ou les trois portes réunies des trois principales rues , ainsi que Tavenue cpii conduit au Durbari; Les mosquées et les palais des Patans témoignent encore de leur ancienne magnifia cence*. Les rues étaient spacieuses et régulières ; les temples , les aqueducs, les fontaines, les ca-< ravansérails et les cours de justice étaient justement admirés. Aujourd'hui la ville ne présente qu'un mélange hétérogène de la splendeur mogole et de la barbarie mahratte. Ce qui prouve l'importance qu'avait autrefois Ahmedebad, c'est qu'elle était' du nombre des quatre viUes qui avaient le privilège de frapper de la monnaie d'or : les trois autres étaient Agra, Caubul et la cité de Bengal.On frappait de la monnaie d'ar^ gent dans dix villes, et dans vingt-huit de la monnaie de cliivre. ^
* Sous le règne d'Acbar , Rajmafaal était la capi-
taie du Bengale; mais, en 1668, le soubahdar,
Ishim Khan 9 fit de Dacca le siège de son gouvernement , eiî changeant son nom en celui de JehàQguir Nuggur , en l'honneur de l'empereur régnant. Il y Mtit un palais et un fort, dont les' ruines sont un objet imposant. En 1639, le
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sultan Sujah transféra de nouveau le gouverne-* ment à Rajmah^l ; mais, en lôSy, Meer Jumla , le grand général d^ Aurengzeb , rendit de nouveau Dacca la capitale. Cest sous ce régime qu'eHe atteignit sa plus grande splendeur; et , h en fugdr par la magnificence de ses ruines, elle doit avoir rivalisé en étendue et en richesses avec les plus grandes cités de Tlnde. Sous l'empire des Mongols, il y avait h Dacca un établissement naval, qui consistait en 768 croiseurs armés, destinée a gardei' la côte méridionale contre les ravages des pirates d'Aracan. Vers la fin du xvir siècle , Dacca était la résidence d*Âzim Ooshaun , petitfils d'Auréngzeb, qui commença et termina prèsque un superbe palais, maintenant en ruines. La ville commença à déchoir , par ^uite des désordres qui accompagnèrent l'invasion de Nadir ' Shah , et resta dans un état de ifècadence jusqu*en 1 744 > où rétablissement d'un conseil provincial lui rendit pour un temps une partie dfe sa première importance. H^uniltôn dit que , m&l* gré son éloignement, elle soufirft beaucoup de la révolution française^ sans doute dans SQn.coadr merce; car les superbes produits Tie ses fabriquas étaient très^cstimés de Tancienne cou!* de Franee.
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En 1801 , malgré la longue stagnation de son comnerce /sa population fût estimée por les mà-^ gisirats h aoo^ooo âmes, la proportion des maho- Biétans aux Indous étant comme 14a est h i3o^ A présent on estime la population a aoo^ooo âmes, attendu que la ville contient plus de 90,000 maisons ou cabanes.
Sous le rapport de la population , Patna l'em- • porte aujo«ird*htli sur Delhi ou Agra ; te nombre de ses habitans domiciliés était estimé eu i8ii à 3i^,oôo, dont 977OÔ0 musulmans et 314^000 Indous. Il y a-j en outre , une population flottante assez considérable. Les^eiksont à Patna un édifice religieux; plusieurs familles arméniennes y résident. Les catholiques romains consistent en vingt familles portugaises^ qui possèdent une église , Itf plus belle de la ville.
Les marchands de Patna font la plus grande partie du commerce du Népatil. Ils exportent du drap uni, des mousselines, de*la soie et des épices j ils reçoivent en échange de la cire , de la poudre d'or, des queues de taureau, du mu$c, des étoffes de laine appelées tusk^ et quelques herlKjs médicinales. Un certain nombre de marchauds du Népaul font leur résidence a Patna ;
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on y comptait, en i8i i^ vingt-quati^e banquiers qui escom|>taient les billets payables soit à Pàtna, soit à Calcutta, Benarès et Moorshedabad. Quelques-uns d'entre eux avaient aussi des corres^ ppndans k Lucknau et a Dacca; un d'eux avait un correspondant au Népaul , et la maison de Juggeth Seth avait des agens k Bombay et Madras. Il y a aussi k Patna des manufactures d'une étoffie qui ressemble aux étoffes diaprées et au damas.
La population réunie de Patna et du district
■ •■ environnant, comprenant un territoire de 4^3
milles carrés, était estimée, en 1811 , k 1^9,74^ musulmans et 4o9,5a5 Iqdous : total ,. 609,370.
. Près de Bankipour , qu'on peut considérer coHung^un faubourg de Patna , on trouve un édifice élevé fort curieux, qui ressemble beaucoup k une lanterne' magique , avec un^ escalier qui règne tout autour k l'extérieur jusqu'au sommet, comme les an«iennes gravures nous représentent la tour de Babel ; on peut monter cet escalier k cheval. Il parait que ce bâtiment fut construit il y a trente-cinq ans, kla suite d'une grande famine, pour servir de grenier d'abondance; mai^ on ne lui a jamais donné cette destination^ On se pro--