CHAPITRE m. ICI
Maïs ce c|u]AUababàd a de. plus beau, oe^t le sërail^ ainsi que les jatdiujs du sulutu K.bosroo> Le premier est un édifice quadrangulaire , avec quatre superbes portes gotbiques, entourées , à Tabri d'une muraille ci'énelée, d'uioe longue suite de'cHambres et de galerigBS pourTusage des voyagtçurs. Tout Tensemble est actuellement dans un ëtat déplorable de dégradation ; on allait applir quer k le reparer ie pi'oduit de Tocti^oi delà ville, lorsque la guerre des Birmans est venue ajourner cet utile empleî d'un impôt odieuK. P^ès de ce sérail est un jardin négligé , planté de ces-magni-
ftques arbres appelés mongac^. On y voit trois beaux tombeaux , élevés à diBUdc primas et k uxxe princessie de la i'amiUe impériale. Chacvoi d*euK consiste en une large termsse^ a«-desiôus de
laquelle sont îles cbambresvoûtées.Slan^labËbMB!bre principale est up tombeau y sei3al4able k tin cercueil eu |>îerre^ riebeoÉent scujLpté. Sur Jia ter«rasse. s*élève un appartement ciccùiaire^ cowirtert d'utt dôme peifit avec ricl»esse en dedans j el ^ulpté à resaérieur ôvec un art plçs admiifîable >eacoi^. Point d'ornetnens inutiles ^ rien de ^ndé : tout' y est beau et riqhe j tout y donne . un -sok^mel démenti à cette ophiion répandue
igft ÏABLEAU tIE l'i»DE.-
dans quelques parties de l'Europe , .que rarcbi teciure de. TOrient est barbare et de mauvais goût.
Lucknau , dont Asof ed Dovrlab fit le siège du gouvernement eii 1775, est située sur la rive méridionale du Grouml^i^ qui pendant toute Tannée est navigable pour les bateaux. Sa latitude est le 26** 57Ysa longitude , 80** 5o'. La distance qui sépare Lucknau de Calcutjta, par lé plus court cfaeiMn, est d'environ 65o milles; d'Agra, aoa , et de Benarès, 189» Eu i8oo> la population était estimée en gros à 700^000 âmes; mais jrout porte k croire qu'elle a diminué depuis. On trouve plusieurs khans magiiifiques , et plusieurs belles mosquées et pagodes, dans levfiohd des misérables ruelles dont se compose principa-lement cette ville ; mais les édifices les plus remarquables, sont ici, comme dans les autres capitales mahbmétanes \ les tombeaux des rois et rjmaumkdroh ou cathédrale. Ce^te dernière est considérée comme un des plus beaux édifices de rinde : elle.iut bâtie par Asof ed Dowlah, dans le double but d' j célébrer lé moharem et de s'en foire un tombeau^ Ce sont deux cours quadrarigulaires, dontHa seconde s'élève au -dessus du
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niveau de la première par une pente escarpée : d^un côté de la cour inférieure est une superbe mosquée, et de l'autre le palais Baltu L^maumbârah elle-même est une majestueuse ga-lerie , au milieu de laquelle , sous uu brillant tabernacle d^argeiit , de cristal , de pievres précieuses, reposent les restes du fondateur % Tout près est le Romui Durwazeh ( porte de Constantiuople), faite sur le modèle de Tune de^ portes de cette capitale de Fempire turc. L'architecture en est légère , élégante , et a quelque chose de fantastique, qui participe du gothique et du mauresque, sans aucun rapport avec le style greci L'Imaumbârah , la mosquée qui y est attachée | la porte qui y conduit sont de beaux échantillons de cette architecture.
En voyant la blancheur de ces compositions , la minutieuse délicatesse du travail , on croirait que c'est l'ouvrage des génies. Cet édifice rappelle a quelques voyageurs le Kremlin de Moscou*, mais le Kremlin ne peut se comparer k cette construction indienne, ni pour la splendeur ni pour le goût.
Benarès, depuis ta plus haute antiquité, a été
le principal siège de la science des Brames ^ elle
ig4 TABLEAU DE l'iUDS.
est regardée comme une ville sacrée ; plusieurs raj[ahs y ont des maisons dans lesquelles leurs J^akeels résident , afin d^accomplir en leurs noms les sacrifices et les ablutions nécessaires. Les ha-* bitans domiciliés s'élevaient, en 1807, k plus de 985,000 ;«,mais pendant quelques-unes des fêtes religieuses on ne peut se faire une idée du concours de monde qui s'y rassemble. Le nombre des Bramines qui perçoivent des impôts est de 7 a 8,000 : les Mahométans ne sont guère qu'un sur dix.
Le premier aspect de Benarès est très-beau et frappant : elle s'étend environ l'espace de quatre milles le long de la rive septentrionale du fleuve, qui trace ici une courbe hardie. Ses édifices, très rapprochés , sont bâtis de pierres ou de briques et très élevés. Quand on la contemple de loin, les sommets pyramidaux et couverts de sculptures , de ses petites pagodes ; ici une mosquée avec son dôme doré, brillant aux rayons du soleil; là deux minarets s'élevant Fun audessus de l'autre ; tout cela forme un coup d'œil gr^nd et imposant.
Benarès n'est pas seulement une ville sainte, c'est une ville industrieuse et riche; c'est le