‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, description géographique, statistiqueChapitre 38 sur 74 · CHAPITRE III. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. I

marché où se vendent les scballs du nord , les dîamans du midi , et les mousselines de Dacca et des provinces de Test ; en outre la ville possède des manufactures considérables de soie, de co«ton et de laine fine; la quincaillerie anglaise , des boucliers, des lances de Lucknau et de Monghyr^ ainsi que les produits du luxe européen, qui de jour en jour se popularisent dans rinde, partent de Benarès pour circuler par Gouruekpoor, le Népaul et autres lieux dans les parties de Tlnde les plus éloignées de la grande route commerciale du Gange.

La population de Benarès , d'après le recensèment fait en i8o3, s'élevait, comme nous l'avons dit, à 585,ooo habitans. Ce chiffre peut paraître énorme et exagéré; cependant quand on considère Fimmense étendue de la ville et le rapprochement des maisons qui paraissent innombrables , ce calcul paraîtra probable. Située sur une élévation, d'où les eaux s'étpulcnt facilement dans le fleuve, elle jouit d'un terrain sec et d'un air pur. ,C'est à cette circonstance , ainsi qu'aux fréquentes ablutions que pratiquent ses habitans, qu'il faut attribuer la salubrité qui y règne malgré sa nombreuse population : c'est par

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la aussi qu'elle est exempte de toutes maladies contagieuses.

L'un des objets les plus curieux et les plus intéressans de Benarès est Tancien observatoire , fondé antérieurement k la conquête musulmane , et parfaitement conservé , bien qu'on n'en fasse plus usage. C'est un édiflce de pierres, contenant de petites cours, autour desquelles régnent des cellules pour -l'usage des astronomes et de leurs étudians, et une vaste tour carrée sur laquelle on voit un cadran de vingt pieds de hauteur, avec un cercle de quinze pieds de diamètre , et une ligne méridienne, le tout en pierre. Tout cela est fort loin d'être exact ; mais c'est une preuve intéressante du zèle avec lequel la science était cultivée dans ces contrées. Il y a à Delhi un observatoire semblable.

Le climat de Benarès diffère beaucoup de celui de Calcutta ; on le regarde comme très sain. Le v<4^inage des montagnes couvertes de neige donne à Benarès des hivers assez froids pour qu*on y ait du givre. Le pays environnant est dépourvu de bois., quoique fertile et bien cultivé j le chauffage y est donc très cher, et c'est k cette circonstance qu'il faut attribuer

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le grand nombre de cadavres jetés dans le fleuve pour épargner le bois employé k les brûler. Les suUées, ou sacrifices des veuves ^ sont plus rares h Be^arès que dans les autres parties de l'Inde ; mais les noiemens y sont plus fréquens. Chaque année un grand nombre de pèlerins se rendent à Benarès dans le dessein d^ mettre fin k leurs jours et d^ gagner leur salut : ils achètent deux grands vases qulls attachent après eux afin de les soutenir au-dessus de l'eau tant quHls seront vides. Ainsi équipés ils se jettent dans le fleuve , emplissent dVau les vases et coulent k fond.

Le Dekhan et la péninsule , ou la partie méridionale de rinde, contiennent encore plusieurs villes importantes^ telles que Nagpour, Hyderabad et Seriugapatam , situées dans l'intérieur , ainsi que Surate et M asulipatam , deux ports considérables, Tun sur la côte occidentale, Tautre sur la côte orientale de l'Inde. Mais, pour ne pas étendre cette description au-delk des limites , que je me suis imposées, je me bornerai ici a quelques mots. ISagpour est la capitale vaste et florissante d^un district séparé , gouverné par un prince indien tributaire. Hyderabad, centre également d'une riche contrée , est populeuse ,

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admirablement située au confluent de la rivière de Mesly et de celle de Kristna, et pourvue abondamment de tous les moyens propres à un commerce avantageux. Seringapatam, située dans une île au centre de la rivière Cavery, est renommée par sa force militaire et par la résistance héroïque qu'elle fit aux armes britanniques, sous le commandement du brave Tippo- Saïb. C'est encore une ville importante; mais elle est bien déchue de sa grandeur depuis qu'elle a cessé d'être la capitale des possessions maho* métanes de l'Inde méridionale. Surate , située à l'embouchure de la rivière Taptee au nord de Bombay, était le port principal des Arabes du temps des califes ; sop nom est souvent reproduit dans les' récits des voyagieurs et historiens arabes, ainsi- que. dans les contes orientaux : c'est encore une ville vaste et populeuse , quoique moins florissante qu'autrefois. Masulipatam, située entre les deux fleuves les plus considérables de l'Inde méridionale, le Kristùa et le Godavery, occupe sur la côte orientale le seul point où les navires puissent s'abriter : c'est encore un lieu propre à un vaste commerce , bien qu'elle ne jouisse pas^ du degré de prospérité et d'opulence

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