‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, description géographique, statistiqueChapitre 40 sur 74 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Climat et terroir. — Productions végétales, minérales et animales de Tlnde.

Une des singularités qui frappent d'abord TEuropéen , a son arrivée dans l'Inde j est la régularité uniforme^ et presque immuable^, avec laquelle les saisons s'y succèdent , ainsi que le caractère distinct et constant des périodes de chaleur , de froid , d'humidité et de séx^heresse , dans le cours de l'année. En Europe , et surtout en Angleterre , la mobilité perpétuelle de l'état atmosphérique est telle, qu'il est difficile de prévoir, le matin, tous les changemens possibles avant la nuit. Les quatre saisons se succèdent pendant le cours d'une seule révolution de la terre autour de son axe; et le printemps, l'été, l'automne et Thiver semblent se disputer la suprématie entre le lever et le coucher du soleil. Cette inconstance est sans doute ce qui fait du temps un sujet universel de félicitations ou de

ao2 tAblëav de l'inde.

condoléances lorsqu'on s^aborde, et ce qui cause des transports a Tapparition du soleil, ou des plaintes sur Tobscurité du moment; en sorte qu'on y a souvent recours pour remplir les instans de vide dans les conversatiops les plus amicales. Cest aussi la raison qui a fait de la météorologie, et des prédictions sur le temps , une science populaire y et qui dans tous les almanachs a rendu nécessaire une colonne destinée k caractériser le temps particulier qu'on peut attendre à chaque jour de Tannée. Une anecdote à la fois plaisante et instructive , relativement à Texactiiudc de pareilles prédictions , peut n'être pas déplacée ici , étant appuyée sur des témoignages certains. Penr danl le dernier «iècle un médecin anglais^ le docteur Francis Moore, jouissait de la plus grande réputation , comme auteur d'un almanach

populaire , qui porte encore son nom , au point que tout le monde restait convaincu du poids de son autorité , et le considérait comme un oracle. L'ambiguïté ingénieuse sous laquelle il enveloppait ses prédictions , lui réservait toujours vf^h faux-fuyant pour se tirer d'embarras ; et comme il prenait soin de ne jamais prédire des chaleurs brûlantes en décembre , ni des gelées à pierre

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fendre en juin , il approchait en général de la vérité, ou k quelques jours près. Il lui arriva une fois, en se rendant à pied du lieu de sa résidence k une ville voisine, de s'arrêter dans une ferme pour s^ reposer : au moment de 8e remettre en route ^ son hôte lui conseilla de ne pas exposer sa santé en voyageant pendant une journée oii il pleuvrait plus fort que d^ ordinaire. Comme le ciel était sans nuages , le médecin prit ces paroles pour une plaisanterie , ajoutant que , n^ajrant jamais fait la moindre attention a Tétat du temps , il croyait pouvoir s'aventurer au mi* lieu d'un si beau jour. Le fermier insista , mais en vain. Le savant docteur, sans se faire connaître y se mit en route. Cependant, avant d'atteindre le but de son voyage , le beau ciel se couvrit subitement de nuages épais , et bientôt il fut inondé de torrens de pluie. Il se souvint de la prédiction de son hôte , et résolut de le visiter k son retour , afin de connaître la source cachée de son exacte prévision. Quel fut son étonnement en entendant déclarer qu'une seule autorité était digne de confiance , et en recevant des reproches pour n'avoir pas consulté les pages infaillible^.

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du docteur Francis Moore , Fauteur prophétique de Falmanach vulgaire.

Rien de plus opposé à cet état de choses que rinvariabilité et la constance des saisons dans rinde. Les deux divisions principales sont la mousson du nord-est, et celle du sud<ouest, ou la saison humide et sèche , appelée dans la langue indienne , mosem ( d'où dérive le mot mousson); et la saison chaude et froide, embrassant une partie de chacune des premières.

Sur la côte de Malabar , la mousson du sudouest commence vers le milieu d'avril , et dure jusqu'en août ou septembre , époque où elle perd graduellement de sa violence, et est remplacée par des vents légers et variables. Vers la fin d'octobre , la liiousson du nord*est commence sur cette côte j et ce qui est singulier , de même que la mousson opposée , elle souffle d'abord sur la partie sud , et ne se fait pas sentir dans le notd avant près d'une quinzaine. Cette mouçson dure jusqu'en avril sur la côte de Coromandel } celle du sud-ouest commence vers la Çn de mars, ou le commencement d'avril , mais irrégulièrement et sans force, jusqu'en juin ; les brises de teire

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