‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, description géographique, statistiqueChapitre 41 sur 74 · CHAPITRE IV. 2o · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 2o

^t de mer soufflent fréquemment en mars , avril et mai. Même pendant les trois mois suivans, quand cette mousson est entièrement fixée , une brise de terre se fait souvent sentir de la côte , durant 2^ on ^8 heures. En septembre cette mousson fléchit , et celle du nord-est commence vers le milieu d'octobre : c'est k cette époque , jusqu'aux premiers jours de décembre, que la navigation devient extrêmement dangereuse. La longue durée de la mousson du sud-^ouest entraîne un énorme volume d'eau dans le golfe du Bengale , et cause un ressac terrible sur la côte de Coromandel. Les vents du nord-est entretiennent ce ressac en poussant les vagues vers le rivage.

Sur les deux côtes, Tapparition des moussons est en général accompagnée de violens ouragans ; mais les tempêtes et les averses inattendues sont plus fréquentes et plus violentes, sur la côte de Malabar, où les travaux agricoles sont exposés a •être détruits par deux causes opposées; des déluges dévastateurs , et , ce qui est encore plus redoutable, de longues sécheresses. D'un autre côté, la côte de Coromandel éprouve des chaleurs plus intenses , et des sécheresses plus pro-longées. Le Carnate et l'extrémité nord^uest des

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Circars septentrionaux passent pour les contrées les plus chaudes de Tlnde.

Quand la mousson du nord-ouest domine , la côte de Malabar est inondée de pluies , prove*nant des nuages poussés par le veiiit et arrêtés par la haute chaîne des Ghates occidentales. Il suit de là que la saison de sécheresse a lieu alors sur la côte du Coromandel. Mais comme les Ghates occidentales ne s'étendent pas plus loin que la latitude de Surate , au nord de ce pa<rallèle , la mousson du sud-ouest emporte les pluies aussi loin qu'elle souffle ^ et sans interruption y sur toute la contrée. Ainsi , tandis que le Camate n^a à peu près que deux mois de pluie , dans les Circars il pleut pendant neuf mois. •

La saison pluvieuse sur la côte de CoromaU'* del commence a>fec la mousson du nord-est, vei^ le milieu d^octobre , quand la saison de sécheresse commence sur la côte occidentale. Les pluies sur cette côte ne sont pas cependant â fortes que celles qui tombent au Malabar. Ceci semble avoir pour cause la moindre élévation des Ghates orientales , ainsi que leur plus grande distance de ia mer que les occidentales. Elles interceptent par là une plus petite portion de

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nuages^ et Je$ rompent d'une manière incomplète.

Dans cette partie du Bengale, qui s'étend vers le fond de la baie • les vents du nord dominent pendant les mois d'octobre , novembre , décembre, et ceux du sud y k partir de mars, jusqu'à la fin de mai. L'année est en général divisée en saison de froid, d'humidité et de sécheresse; mais les indigènes comptent six saisons dans le cours de leur année. Le printemps et la saison de sécheresse durent pendant quatre mois de l'année, février, mars, avril et mai. Les pluies ►ériodiques commencent assez généralement sur Loute rétendue du plat pays , dans le commencelent de juin. Pendant les deux premiers mois de la saison pluvieuse , il y a à peine un intervalle de deux jours de sécheresse,* et il est arrivé que 4 ^ ^ pouces de pluie sont tQmbés dans une seule journée en août; en septembre les pluies commencent à alterner , et les intervalles deviennent graduellement plus longs et plus fréquens, pendant que la chaleur devient trèsardente. A Calcutta, la chaleur est quelquefois si intense, qu'on a vu des pigeons tomber morts a midi, en volant au-dessus de la place du marché* *

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Dans les districts du centre de cette province , il y a,- de temps à autre, des orages accompagnés de tonnerre qui rafraîchissent l'atmosphère; pendant la saison des chaleurs , et dans leâ districts de Test , le même effet est produit par des averses occasionnelles. A l'approche lies froids, les rosées et les brouillards sont fréquens et quelquefois très-épais. Dans les hautes régions du Bengale le temps est quelquefois très-froid. Entre les 28° et 29*^ .de latitude, dans la province d'Aelhi , les chaleurs d'été sont également ardentes; mais en hiver, quand le vent souffle des montagnes du nord , le thermomètre tombe au-dessous de 3o** , et Feau gèle dans les tentes. Même dans le district de Benarès de TAUahabad, le froid pendant l'hiver est rigoureux au point de nécessiter du feu ; et k Calcutta, en décembre, avec un vent de nord-est, le thermomètre desçend k 52° dans les hautes terres du Dekhan ; aussi lés hivers y sont froids. A Hyderabad et dans les provinces qui le bornent au nord, le thermomètre , pendant trois mois, descend souvent jusqu'à 45"* , et quelquefois k 35^.

Les bases de la prospérité d'un pays sont assurées quand elles reposent sur les trésors miné-

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raux et végétaux , parce qu'elles sont alors in-

dépendantes de toute circonstance extérieure, tendant à leur destruction ; et avec ces élémenS de prospérité il est nécessaire seulement que rhomine sache en faire une combinaison et une distribution judicieuse pour assurer là jouissance de ses produits à la masse. Sous ce rapport Tlnde est particulièrement favorisée ; elle possède des sols de préîsque toutes les espèces propnes à la culture de tout ce qui peut être adapté aux tem^ pératures froides et chaudes, et à toutes les nuances -infinies de température moyenne, qui se trouvent entre ces limites.

Dans toute l'étendue de la plaine du Gange ^ le sol dominant est un terroir riche et noirâtte, d^origine.alluvienne. On ne trouve pas»d'autre sol au-dessous de Dacca et Bouleah, emi^e les collines Tepljrah à Test, et Brudw^en h l'ijtiest ; il ne se trouve pas non plus aucune subsiaiice aussi grossière que le gravois , soit dans le Delta, ou plus près de la mer que OudanuUa ^ qui est à i55 lieues du cours de la rivière. Dans cet en-

droit une pointe rocheuse se projette de la bas^ des collines voisines, dans la rivière; dans les au-

très parties du Bengale et dans les provinceSjadjà-

aïO TABLEAU DE ^«'iNDE.

cénteSy ii y ^ une étendue considérable de terroir argileux ; et que ce soit Ik le sol primitif ^ù le terreau noir est maintenant trouvé^ c'est ce qui est prouvé par l'aspect des lits des rivières qui sont d^argile. Le terroir du Punjaub reissemble à%elui du Bengale et est également fertile. Dans le Malwa atissi se trouve un terreau profond, noir et riche. Les plaines entières du Gheldedrorg dans le Mysore , comprenant un espace de dix milles du nord au sud, et, de quatre de Test au nord, consistent en un terreau noir et très-profond. Vers (Goudjeraie et Sindhy, ce terroir dévient plus sablonneux. Gundwana et Orissa renferment la plus grande portion de terroir maigre et iinprpductif. Sur le plateau duDekhan et dans les provinces du sud, cfi terroir est de diverses qualités ; luais en général c'est une terre grasse et fertile, appuyée sur un fond de roc; près des côtes il est sablonneux et maigre. Dans la province de Malabar, le terroir au pied des basses collines qui coureiit jentrè la mer et les Ghates , est une argile rouge, ou terre de brique. Sur la côte de Coromandel, ce terroir sablonneux s'étend presque jusqu'au pied des Ghates orientales. Les sommets de cette chaîne sont gra-

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nitiquës et préseDtent Faspect d'une stérilité désolante^

Les Ghates ocôdentales sont dîtes contenir beaucoup de lierres à chaux et de rochers basaltiques.' Des roches de formatibn , du tuf et du quartz se trouvent dans le Malwa. Le substratum Au terroir ^ dans Tlndostan proprement dit , est dans beaucoup d'endroits pier^ reux ; dans d'autres c'est une argile ou un roc. A l'excejption des parties incultes ; mais peu nom-^ brélises, dont nous avons parlé, et des inàrëcages près des embouchures, et des rives des grands fleuves, l'Inde offre partout de belles prairies, de rich,es pâturages , des champs chargés de moissons detix fois l'an, et des vallées ornées de tous Iles produits utiles et agréables de là végé-^ tation.

Quoique la-miiaéralôgieVde l'Inde, n'ait pas^ été explorée avec soin, ou. complètement , il è5t certain que, souç le rapport des richesses 'miné* l'ale^, c^est une des premières contrées du monde. Les rivières du Dckhan , d'Orissa ef^de Berar , charrient toujours dé Tor $\\ grande quantité. Le Sutlez et ses tributaires fournissent aussi des grains d'or au lavage. VJjreen jikbarce fait

2t2 TABLEAU DE L^INDE.

mentiop de plusieurs rivières aux sables d'or dans le Punjaub,. le Cachemire et le Kumaoon; et plus on s'approche de la source des rivières ,

plus on recueille de ce métal. Dans beaucoup de

rivières d^Assam l'or n'est pas rare, Surtout dans la Deckrung qui* tombe dans le Brahmapooter; Tout ceci prouve <|ue ce inëtal précieux doit abonder datis les montagnes dç l'Himalaya^ bien qu'aucune mine d'or n'y ait étç . découverte. A Textrémité orientale du territoire du . rajah dé • Mysore, une étendue de pays contenant 45 lieues passe pour renfermer de la poudre d'or. Des mines d'argent et de^lomb se trouvent dans les montagnes du Kumaoon, et dans l' Assam^ et des mines de plomb dans le territoire du rajah de Joitdpoor, dansï'Asmeer.D^ vàstèâ etimpoytantes

mines de cuivre existent à d'Hatnpoor, et autres

lieux dans le Népaul et dans le*Kumàoon. Le cuiyre se trouve aussi, dans TAgra, TAsHteer et le Bradrekshan. Le fer se trouve dans plusieurs contrées, surlbut dans le Mysore. A Ghettypour l'acier est travaillé ; ponloin de Severndijoog, le sable est absolument n'birci dé particule^ de fer ^ dont on ramasse pendant la saison pluvieuse une quantité isiuifisante pour entretenir une fournaise

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