CHAPITRE IV
ombre pouvant abriter sept mille personnes. Il n'a pas moins de 556 trônes ( c est-a-dire , des branches qui ont pris racine, et qui en,circonférence surpassent la plupart des arbres Euro-^ péens), et il porte 3ooo branches plus petites^ ayant en tout près de 2000 pieds de circonfér rence. Il a dû être autrefois considérablement plus grand , ayant perdu une partie de ses racines emportées avec le rivage par les ûots. L'autre arbre a 5o à 60 tiges, et la circonférence de son ombre à midi est de 11x6 pieds.
Une grande partie du sol de Tlnde est couverte de forêts de bambous, espèce de roseaux, atteignant quelquefois Fa hauteur gigantesque de soixante pieds dans le court espace de 5 mois^ avec une circonférence de 8 pouces. Il s'élève à sa plus grande hauteur durant la première ^nnée, et à la seconde acquiert les propriétés de l'élasticité et de la dureté, qui rendent ce bois si utîl^e pour une infinité d'usages. Un seul arpent de bambous dans nin terroir favorable^ et convenablement exploité , produit plus de bois que djx arp.ens de tout autre arbre. A l'extrémité du nord-ouest des Circars "septentrionaux, les forêts* consistent pi^esque entièrement en bambous; et
a^8 T4BLEAIT DE l'iNDE.
cpmme , outre leurs épines, ils croissent plus rapprochés, et résistent davantage à la hache que tout autre arbre, les habitans autrefois se confiaieht entièrement à ces forêts; ils attachaient et entrelaçaient les roseaux de matiièrei a former une (excellente défense en guise de redoutes ^ au moins dam la saison pluvieuse : dans les temps de sécheresse ils sont si inflammables, qu^ils offrent peu de protection. Les plus gros rejetons et le tronc sont employés par les Indous pour la construction de leurs fra^les habitations , et pour toutes sortes d'ameubl^ens.
Les animaux de Tlftde jouissent encore de plus de célébrité ; et ce serait une tâche très-audela des limites que je me suis tracées, que d^en entreprendre une description complète et diétaittée^ depuis réléphant jusqu^k la mouche à feu ; ainsi que des innombrables famill'es d^oiseaux , de serpans et d'insectes , qui forment h. grande chaîne de la naturel atrimée^ à partir de ses créations les phis imperceptibles jusqu^aux plus colossales, ï^ous devons donc nous contenter, comme nous Favons fait dans d'autres circonstances, de choisir '^e's êtres les phrs ithpoirtans , et de laisser itraperçus les plus insignifians.