‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, description géographique, statistiqueChapitre 44 sur 74 · CHAPITRE tV · texte numérisé non relu

CHAPITRE tV

chanvre , et beaucoup d'autres végétaux bien connus dans le commçrce^ sont des productions du sol indien.

.L'Inde pi^odûit ces espèces de graines qui sont les plus coînmunes en Europe : le froment, l'orge , le maïs et le millet; mais le riz, qui est la principale nourriture de ses isôbres habitans, croît danspresquê toutes les provinces. On n'en compte pas ^oins de vingt-sept variétés. •Le lotus écarlàte, le plus beau des nymphœàs, e^t commun . sut les rives des rivières du sud; et ses racines servent de nourriture avec difFérens apprêts. La

petite banane a été dans tous les temps* l'aliment

des philosophes de l'Indé et des prêtres de Brahma.

Au milieu des.Ghatès orientales le grand aloés américain est infiniment multiplié. L'arbre à pain croît naturellement dans . les sables arideç du Cartiate. Ce dernier se trouve çiussi sjxr le sol riche et fangeux des rives du Gange.

On trouve dans les provinces du nord tous les fruits de l'Europe, tels que la pomme, la poire, la prune , l'abricot , la pêche, la noix, l'amande, l'orâBgç et la mure. Le maiigo , considéré coiame le plus délicieux des fruits indiens , croit égalé-

22tt TÂBLEAII DE L^IZTDE.

ment sauvage et cultivé presque partout , mais spedalement dans les districts méridionaux. Baltalab, dans le Punjaub, est renominé pour une espèce de prune d'une saveur e^cqui^e^ appelée akocab. Dans le 'district de Sylhet au Bengale^' les plantations d'orangers couvrent un espace considérable , et ce fruit forme la principale exportation de ces contrées. Du raisin, d'iiné grosseur extraordinaire*, est recueilli dans le voisinage de Chikery p dans le territoire de JPoishlla ; on en

trouve aussi dans quelques parties de rAurun- .

gabad et du Malvra; et récemment on en a transplanté dans le territoire dq Bombay, he juribdo, espèce de pomme rose, est eSftime nonseulement pour son fruit, mais encore pour ses fleurs cram'oisies , qui pendent avec grâce de toutes les parties de^ la rige: Deux espèces de figue, dite papan,,sont remarquables par lejp^

Va

odeur 'de rose, et k douceur du fruit.* Le nyc* tantbes hirsuta (ovi sambac) et le jasmium grandiflofum portent les, fleurs les plus parfumées de la flpre orientale, le premier embaumant la nuit, l^econd répandant ses parfums dans le j6ur. Le gloriosa superba Qt la vigne indienne forment;,

en s'entredaçant , des bosquets dignes du paradis.

CHAPITKE IV. 2^3

Le bulea superba est un petit arbre qui, par le contraste frappant de ses feuîHeS' vertes, ses ti^esde fleurs noires, et ses larges bouquets écarlates et papillonnes , attire Tadmiration des plus indîfférens. Parmi les arbres qui rëpàndent leurs parfums dans le3 forêts, taudis quMls les embellissent de leurs fleurs magnifiques , on remarque le piiidauus odoratissima , ainsi que diverses espèces de bignonia. L'élégant altimacla; le tchembaga employé par les Indiens pour orner leur cheve-

lure, et embaumer leurs vétemens : le mussanda, qui étale avec un contraste piquant se» feuilles blanches, et ses fleurs d'un rouge de sang; Tixona, qui , sur les branchés de six pieds de hauteur , montre ses bouquets de fleurs écarlates et jaunes, comme autant de brillantes flammes égayant le feuillage de$ bois; le sindrimal qui ouvre ses fleurs à guatre heures de l'après-midi, et les referme à quatre heures du matin ; et le pagatelli, plante, parasite , contenant un poison mortel aux serpens ; toutes ces plantes peuvent aussi être indi(|uées parmi les variétés les plus, curieuses él les plus remarquables de la botanique indjenne. La sensitive,dit-on, croit naturellement dans le district d'Amaran4uGt>udjerate. La belle rose blan-

2^4 TABLEAU DE l'iNDE.

t:he , appelée ioDngah , embaume les vallées de Delhy et de Serinagur , et les plantations de rose de Cachemire produisent Taltar si hautement estimée.

Le diêne, le pin, le cyprès et le peuplier se trouvent dans différentes parties de l'Inde; mais les forêts sont peuplées surtout d'espèces inconnues en Europe. Une des plus précieuses est celle du teck /dont les qualités paraissent avoir été peu connues et appréciées, dans ce pays, jusque vers la fin du dernier siècle : il fournit un Bois dur et presque incorruptible, trèspropre k remplacer le chêne dans là construction des vaisseaux. Cet arbre, presque particulier à Fin de chinoise; se trouve sur le penchant occidental des Ghatés , et d'autres chaînes de collines c'ontîguës particulièrement au nord , et aii nordest de BaSsem.Les forêts de Rajamundry, s'éten- * daiit du sommet des collines situées sur les rives du Çrodavery jusqu'à Potooshah, contiennent aussi un grand nombre de ces arbres; mais c'est le seul district à l'est de la péninsule qui eu fournit Dans le Canara septentrional, le nombre des arbres de Teckabatley annuellement s'élève h environ 3ooo , et Ton suppute que le dis-

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trict de PaHcaudeherry, dans le Malabar, |>eut foiïrnir annuelleinent 4^^000 pie^s cubes de ce bois précieux ; d'exceHené^ mâts de navire soni fournis par le ponna ( valeria indica ^ rivaria altis*

simà), appelé Tarbre à mât^ ou Ijs poon, qui s^élève à la hauteur de &o pieds. Le kouru, ou sakoo des forêts du nord, le djissoo, espèce de pUrocarpus^ et le nagana ^ ou bois de fer , fournissetit aussi un petit bois de Construction. Uébène indien, qui abonde à Ceylan, se trouve aussi , dit-on , sur les rives dp; Gange à Alla-^ habad. Dans le Canara septentrional il croU un arbre très-remarquable ^ le cahphjrlhan inopby l' lum, estimé également pour son ombre agréable, ses fleurs odoriférantes , et les propriétés^ utiles de ses graines, d'où on retire Thuile k brûler en usage dans cette contrée. Il atteint fréquemment 90 pieds de hauteur, et la de circonférence. Le ficinas comnwms ou palma Chrisii est cultivé dans le Mysore comme dans les autres parties de Flùde , k cause de sort bnile qui sert k brûler ; on en donne les graines aux femelles de buffles ^ pour augmenter leur lait. Sut les collines d'Aïmora , dans le Kumaoon , croit uil arbre appelé pkutwarràhpi atte^nant la hauteur de 5o pieds

2à6 TABLEAU DB l'iMDE.

avec une circonférence de 6, qui porte des graines dont on retire une substance grasse. Les côtés septentrionaux des collines , dans la parde supérieure de Delhy, produisent le sapin ordinaire d^cosse en grande abondance ; il n'est même pas rare danâ les districts du nord de Tlndostan pro^ prement dit. Les districts montagneux du Népaul et du Lahore supérieur sont couverts de vastes forêts de pin; nulle part ils ne sont plus droits et ne durent davantage que dans le district de Gerriani. On retire du pin de Sulla une excel-

lente térébenthine appelée kota. Le saule se trouve généralement dans toutes les parties de l'Inde où croît le pin.

Quelques individus du banyan sacré , ou figuier indien (ficus religiosa de Linnée), seront décrits dans notre tableau topographique du pays.

Les arbres les plus remarquables dans Tlnde, sous le rapport de la taille , sont deux banyans sacrés, ou figuiers indiens, ils se trouvent, l'un sur une ile dans le Nerbuddah , à quelques milles de Baroacbe, et l'autre a peu de distance de la ville de Mangée , dans le Bahar : le premier, s'il

faut en croire les indigènes, est âgé de 3ooo ans , et passe pour être le plus colossal du monde, son

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