CHAPITRE tV. ^ig
les montagnes pendant les pluies , et reviennent dans les temps de sécheresse ^ annonçant que la saison des pluies est passée. Quant aux corbeaux , leur familiarité et leur audace sont surprenantes : ils fréquentent les cours des Européens, et pendant que les domestiques les traversent , empor- .tant le diner, ils s^abattent sur les plats, et enlèvent les mets , s'ils ne sont pas chassés par des personnes qui suivent armées exprès de bâtons. Les corneilles et les corbeaux sont regardés par les Indiens comme le symbole de Fâme séparée du corps. Uardgigas passe pour renfermer les âmes des Brames.
Le coucou oriental est aussi gros qu*une pie ; il voyage par troupes , est vénéré par les Mahométa:ns, et recherché par les gourmets. H en existe deux ou trois autres espèces noires qui se nomment dans rinde coweels. Le coucou européen émigré dans le Bengale où on le reconnaît au milieu de la multitude des autres individus de son espèce , aucun n^ayant son chant.
Les pigeons de Tlnde sont décorés des plus belles couleurs. Le pigeon pompadour de Ceylan est en général d'un beau vert pâle ; mais le mâle se distingue par des ailes d'un pompadour
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pur. Celte espèce aime particulièrement à $e retirer sur le %uier des Banyans* Sa chair eàt excellente.
Le pigeon doiiie5tic|ue d^Ëurope est très^^om*mun dans Flnde^ et sons le règne d'Aë^ar, on prenait les plus grands soî^s pour Télever. L'empereur en était le plus grand amateur de son temps , et en entretenait udI, nombre prodr* giéuxy ainsi qu^ùne volière pour toutes sortes d^oiseaux.
Différentes espèces des familles a(piatiqties arrivent au Beugle avant la saison phivieose^ et * se retirent k Tapproche de la sécheresse. Parmi elles on cômipte la grue ordinaire y la belle grue indienne, k demoiselle, qui, afinsi que Tin^ diénne, se montre en bandés noiiAreuses snr les rives du Gange ; le bossu , autre espèce de grande taille, eolièrement noire, h ^exception du cou qui est blanc, et des jambKes d'un jaune sale : ses épaules sont si élevées qu'elles paraissent difformes; et le grand héron ou grue gigdsi* tesque, nommé à Calcutta Ya&gaii. Ccft oiseau énorme passe aux yeux de quelques gens pour être le porteur divinisé de Wishnou, nommé Guroasu. Il est profondément vénéré dans Tlnde
CUAPITRE IV. a4l
et en Afrique* Les Indiens, au rapport de M. Pennant, le croient invulnéraïWe, et qu'il est anime par les âmes des Brames. Il atteint la hauteur de cinq a sept pieds quand il se tient droiè ; son bec est long , fort et aigu , de seize polices de circonférence k sa racine , et ses ailes ont près de quinze pieds d'envergure. C*est un oiseau d'un aspect repoussant; il a le jabot rouge , nu et pendant ; les plumes du dos et des ailes sont très-fortes, et couleur de fer; le ventre couvert d'un duvet d'un blanc sale, les jambes et la moitié des cuisses découvertes.
En le voyant à une certaine distance se promener majestueusement, on le prendrait pour un Indou tout nu ; c'eçt un oiseau très-utile , qui purge le pays de serpens «t autres reptiles et insectes nuisibles. Dans le Bepgale il termine la besogne commencée par le jackal et le vautour. Ceux-ci dépouillent la catrcasse des animaux de leur chair; l'argali avale les ossemens entiers. Ces oiseaux ne se laissent pas effrayer à la vue de l'homme ^ et sont familiers comme s'ils avaient la conscience des égards qu'on leur porte.
Ils sont appelés adjudants par les Anglais, à
cause de la démarche martiale qu'ils semblent
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avoir de commun avec un jeune oÛicier nouvellement investi de son autorité militaire. On les a vus enlever de jeunes- enfans sur les bords des ruisseaux et des réservoirs , quelquefois du seuil des huttes ^ et les U'ansporter sur les toits des maisons, et là les tuer et les dévorer. Moi-»mêine je les ai vus avaler des rats vivans an milieu des fossés de Calcutta. Je vis une fois un énorme matou subir le même sort pendant qu'il traversait la rue. La poche qui leur pend du cou, comme celle d nn pélican, est très vaste, et leur avuloire immense. Ces oiseaux aiment k se tenir perchés sur les sommets des maisons de Calcutta, d*où ils guettent sans cesse leur proie. Le lait suivant , dont j'ai été témoin, peut servir k donner une idée de leur insatiable voracité et de leur promptitude à avaler, tout ce qui est k leur portée. Deux jeuneis gens voulant s'amuser, se procurèrent deux épaules de mouton qu'ils attachèrent aux deux bouts d'une forte corde , puis ils les jetèrent dans la rue. Soudain un adjudant descendit du toit d'une maison, et en avala une par le gros bout. Dans le même in* stant, un autre enviant son, bonheur avala l'autre épaule, et tous deux prirent leur volée.