‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, description géographique, statistiqueChapitre 50 sur 74 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Mais tout à coup Us se sentirent arrêtés par un obstacle inconnu j^ un combat comtaença, et la lutte continua aiec violence, }usqu'à ce que celui dont Testomac avait digéré plus rapide^ ment mourut ; son vieti^queur s'ei^vola* en triomphe , balançant dans les airs vingt ou trente pieds de corde avec le fragment de Tos à son

e^^trémité.

Le Gange fourmille d'innombrables poissons; mais les espè<ies sont peu nombreuses. Celles qui le sont le plus appartiennent à la famille dn eyprinus ou de la carpe. Uangana est une petite espèce que Ton pêche en grande quantité pour être envoyée dans Tintérieur du^pays. Mais de toutes les espèces qui se trouvent dans «tte rivière ou dans les autres parties de Tlnde, la plus délicate et la plus savoureuse est le poisson uango ( le poljmemus paradiseus de Linhée )> qui a mérite cette qualification, k cause soit de sa brillante couleur orange , semblable à celle d'un mango mûr, soit de son apparition dai^ la rivière dans la saison du mango. Il a a peine neuf pouces de long , et se distingue par sept soies épaisses sortant a coté des ouïes. Ces poissons se montrent d'abord dans les environs de Calcutta en juin , et

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après le frai regagnent la mer en six semaines. Ils sont très-recherchës par les Anglo-Indiens, Surtout quand ils sont pleins d'œufs. Parmi les autres espèces les plus renommées pour leur saveur, on compte le eockap et le sable jfisk: La côte de Gkittagong est célèbre pour ses petites huilrés d'un goût parfait, (Jue Ton envoie à Dacca et à Calcutta* Les huîtres abondent aussi dans les ri-vières de Cochin. La tortue se trouve dans le Gange , mais petite et d'une qualité inférieure. Le saumon fréquente les rivières et la côte du Malabar peuplée de milliers de sardines. Telle est Tabondance de poissons sur les deux côtes de la péninsule, qt^e les porcs, les chiens et même les chevaux en sont quelquefois nourris. Dans la rivière d^Alakunda , parmi les nombreux poissons de la famille des carpes, il s^en trouve un, le cyprinus denticulatus , de sept à huit pouèe&de long et remarquable par sa beauté:

les écailles du dos etde^ flancs sont très larges, .d'unbeau vert, et bordées d'une dorure éclatante; le ventre est d'un blanc relevé d'une légère teinte dorée; la queue et les nageoires d'un bronze foncé. Son goût est délicat et relevé. Plusieurs de ces poissons sont si apprivoisés qu'ils

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mangent dans la main des Brames qui leur don:nent leur nourriture quotidienne.

Le phénomène de Tapparilion de petits poissons pendant, la^ saison pluvieuse , dans les endroits jusqu'alors secs, est, dîtM.Pennant, aussi vrai que surprenant. Les indigènes commencent cette pêche dix jours après les premières pluies, e% s'en nourrissent. Parmi les diverses explications de ce phénomène annuel, ce naturaliste s'arrête , comme à la moins forcée , à celle qui donne k ces poissons une existence antérieure sous la forme de grenouilles.

L'attigator et lé marsouin sont très conàmuns dans le Gange. Le crocodile gigantesque (Zacerta alligator) atteint la longueur de trente pieds et est aussi dangereux que celui du Nil ,dont il difi^re surtout par les trompes, longues, étroites et recourbées comme le bec de l'oîseau goosander. Il y a une autre grande espèce de crocodile dans le Gange y nommée le ghia^-aul , à cause .d'une excroissance en forme de \)o\At à Textrémité du nez qui saillit en pointe hors de la tête , *et se termine brusquement comme le museau d'un chien. On trouve une plus petite espèce , longue d<e douze pieds j la tête et le cou occupent

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la moitié de la longueur du corps, et rotiveriure de la gueule est d*ïiue grandeur éxti*aordîiiaire. Il nie s^attaque pas aux hommes, mais dëvore les chiens avec vofadtéi On le voit sut* les rivages après les inondations périodiques , et on sup^ pose qu'il provient des petites rivières qui se jettent dans le Gaïige , mais il ne descend jatiiais dans ce fleuve. Les Itidous vénèrent ^aï'ticulièrement cet animal,' qu'ils considèrent comme sacré. Quelquefois on en entretient

dans les fossés des places fortes, comme un moyen de défense. Les lézards sont partout très communs; dans les Ghates, quelques-ups sont de grandeur colossale: quoiqu'ils soient d'une forme hideuse , leurs couleurs sont très-brillantes.

Les eaux salées de Travancorc sont peuplées de phoca pusilla, espèce de veau marin tenant à là fois du castor et de la loun[*e. Le veau marin de Travancore a la tête ronde , les oreilles courtes , le cou épais , te corps conique , et une queue plate comme celle d'un poisson ; il est palmipède , et a la^peau revêtue d'un poil doux et huileux. Rarement il outrepasse quatre pieds de longueur. Ces animau^t amphibies se réunissent

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