‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, description géographique, statistiqueChapitre 52 sur 74 · CHAPITRE iv* a · texte numérisé non relu

CHAPITRE iv* a

dilate son capuchon que lorsqu^il est agité par la crainte ou par quelque autre passion; et alors, dressant les deux tiers de son corps , il se capuchonne et fait tourner sa tcte en lançant des reg^ttds de feux dans toutes les direction9, tout ^n demeurant d'ailleurs immobile : oubienses mouvemens deviennent lents , tranquilles et circonspects; ce qui le fait considérer dans Tlnde comme Femblème de la* prudence. Cette espèce atteint huit ou neuf pie4s de longueur^ et est justement redoutée à «cause de. son" poison tnortel 'qui produit dans Tespacç de deux ou trois heures- une gangrène universelle. Cependant il est suscepr tible d'être apprivoisé, et les jongldvs malabars possèdent Fart de lui enseigner à danser aux sons lents et discordans de leurs flageolets. D'abord le serpent parait étonné, ensuite il commence k se dresser , et avec un mouvement doux et onduleux , et le capuchon tendu, il semble écouter les sons avec plaisir. Je me souviens d'une circonstance dans laquelle un Anglais ayant invité tine nombreuse compagnie h diner, fut mordu par un cobra di capellê en se promenant dans son jardin , après avoir fSit sa toîlelte

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docteur Russell, il ne s'en est trouvé que sept possédant des organes venimeux. Les serpens du G^djerate sont, d'après M. Forbes, plus nombreux et plus variés que ceux même qu'on trouve * sur les côtes de Bombay et du Malabar. Plusieurs sont d'une grande taille , surtout une espèce qui paraît se complaire parmi les arbustes et les plantes rampantes.

Les jardiniers du pays ne veulent ni détruire , ni permettre qu'on maltraite ces serpens qu'ils regardent .cofnme les génies gardiens du lieu;- et souvent ils les invoquent sous les noms affectueux de père , de mère , et sous d'autrès épilhètes également respectueuses et caressantes.

' Les serpens înoSen^fc sont quelquefois si nombreux et si familiers ^qu en se couchant on les trouv-e sous les oreillers, et souvent logés sous les draps; et les dames , en faisant leur toilette, les trouvent dans leurs bonnets et leurs' robes.

On ne doit pas s'attendre à ce que j'essaie d'énumérer ks fapiilles d'insectes, encore moins de décrire lanatute et la beauté des papilios libellulœ , scarahœi y cicad(V, cantharides j et d'autres insectes qui , pendant le jour, égaient

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les bosquets et les jardins y et qui font j[>Iace à une variété semblable, composant leur poptt* lation nocturne. Les mouches à feu (^lampjrris) brillent par milliers dans les recoins obscurs du figuier des Banians; Ténorme tamarin et d'autres arbres en sont quelquefois si couverts qu'ils ressemblent k des pyramides de lumiè^ res. Le creeping leaf et quelques autres indi-r vidus de la classe mantis sont extrêmement curieux. Les guêpes et les abeilles pullulent dans rinde* Ces dernières bâtissent leurs ruches dans les cavernes des rochers et dans des arbres creux , et fabriquent du miel et de la cire en abondance , quiictaient autrefois des articles d'exportation; mais le meilleur se tire maintenant de Muscate.

Le véritable ver-k-soie Qphalœna moriy ne parait pas être originaire de Flndé, et n'a été transporté dans le pays que dans les temps modernes. Néanmoins , on retire un fil épais du cocon du phalœna atlas qui habite l'oranger, et d'un très-beau vert, couleur vert d'eau, qui se Xiourrit du ricin dont il a pris le nom de phalœna ricinL Le coccus lacca et d'autres espèces de cette classe se rangent aussi parmi les insectes tra-

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vaiUeurs. Au nombre cl.e$ familles d^iosectes destructeurs, les fourmis noires et blanches se font remarquer comme un des fléaux les plus terribles du pays. Elles marchem par troupes nombreuses, et dans- quelques heures commettent des dégâts funestes. On redoute aussi , dans quelques parties de rinde, les invasions des sauterelles. Des arài* gnées grandes et petites, des papillons revêtus des plus brillantes couleurs ^ des scorpions , des cou3ins et des milliers d'imperceptibles persécuteurs ailés , des écrevisses et de nombreux ani^ omux testacés. Le corail et le polype forment une liate q]uHjn naturaliste érudit aurait seul le courage d'aborder. Avant de finir, je ne puis m'em*" pécher de. rapporter deux fsiits curieux, comme preuves de la variété infinie et de Tintérèt des découvertes qui attendent les investigations du voyageur dans toutes les pa^rties de ce monde orienlaL L'un >dans le règne végétal , et l'autre dans le règne animal^ sont attestés par sirSiemp^ ford Raffles , pendant son excursion à Sumatra. Le premier est la découverte d'une fl^r gi*« gàntesque, la plus grande et la plus belle paut* être au monde, dont le diamètre de pétale k pétale était de plus de ^ pieds 9 le neciàreum ^e

9 pcmces de large et 9 pouces de profondeur , et coiiteii9fit I a pintes d'eau. Ses, feiiil)es«éti»ent épaisses d'uiil demi-pônce» le^ boutons aussi gços qu'une tête- d'enfant^ et presque d'une substance spongieuse. La fleur pesait plus de i5 libres. Dans la même forêt croissaient des plantes parasites et des vignes qui s'entrelaçaiisnt à de grands arbres ^ et retombaient suspendues a plus de 100. pieds de haut, en troncs gros comme, le corps d'un homme, et quelquefois davantage» Les arbres s'élevaient rarement à une hauteur de moins de 1 00 pieds, etgénéralement ils attet- « gnaient 160 ou 300 pieds. U;a grand nombre d'entre eux avaient 3o pieds de circonférencei Ce n'était encore riea,4>ottr me servir de Teatr pression du voyageur, en comparaison de ce

qu'il avait déjà vu à Java,

;Le second est un poisson à voile , appelé par les indigènes ikam lajer, long de 10 h lâ pieds, qui hisse une grande voile et vogue de la; même manière que les bateaux indiens et avec une grs^nde vitesse. Une collection dQ^ces voiles (ainsi que la fleur gigantesque déjà décrite) lut ei^voy ée en Anâ^eterre paK le voyageur. On en admira la belle forme propre à servir deniodèia* Elles sâ

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coïbposcnt des nageoires dorsales de Tanimal ; et lorsqu'il y en a un lit sous voiles, on les pren^ drait souvent pour une flotte de bateaux indiens. Il a été un temps , et il se trouve encore des sociétés où Ton hésiterait à raconter des faits semblables j car, quoiquHl soit indubitable que rignorance est accompagnée de la crédulité la plus grossière, et d'une croyance aveugle dans l'existence de choses impossibles , il n^est pas moins vrai que l'ignorance fait souvent parade d'incrédulité pour tout ce qui est positif, mais , extraordinaire. Le célèbre voyageur Bruce fut déclaré imposteur pour avoir mentionné l'usage d'écorcher et de manger vîvans les animaux en Abyssinie, et son rapport fut rejeté comme im-possible par ceux même qui écorchent des anguilles vivantes, font rôtir des dindes en vie , et mangent des huître^ habituellement. Le docteur Shaw fut regardé conune un romancier pour avoir parlé d'un repas fsiit de la chair d'un lion eii Barbarie; et le$ hommes ont douté si des cannibales ont réellement existé parmi les .sauvages, quoiqu'il soit constant que des chrétiens ont mangé de la chair humaine et bu du sang , soit par superstition , soit par v^ngeaince.

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