‹ Tableau pittoresque de l'Inde; ou, description géographique, statistiqueChapitre 67 sur 74 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Liberté absolue du commerce ; avantages qui en doivent résulter pour Tlnde et pour l'Europe. — • Influence de la presse sur les destinées futures de rinde. -^ Conclusion.

De tous les fléaux qui désolent la malheureuse humanité, aucun ne.lui a causé plus dé maux que la guerre .On peut assigner deux crfùses principales à ce fléau. Dans l'antiquité, les guerres ont presque toutes eu pour prétexte, ou po^r causeries acquisitions ou les perles de territoire : dans nos temps modernes, elles ont,. en grande partie, été occasionnées par le système absurde qu'on est convenu d'appeler la bçilance du comuierce. Ce n'est plus pour conquérir des nations, pour en affranchir d'autres , qu'on se fait la guerre depuis trois cents ans. •

Le nombre de ces guerres nationales, extermir natrices, est petit, ^n comparaison de celles qui ont été entreprises par les gquvernemens pour s'assurer des privilèges exclusifs de commerce.

3o8 T4Bî-EAy pp l'inde.

Le commercç est au fond de toutes les guerres faîtes par r Angleterre, bien qu'elle ait eu soin de leur assigner de tout autres motifs . C'est le commerce qui alluma contre l'Espagne la guerre de 1739. Un vaisseau ipiarch^nd priç parles Espagnols en f)it le prétexte ; on se rappelle l'effet électrique produit par ces simples paroles d'un matelot racontant à la barre de la chambre des Communes les souffrances que les Espagnols lui avaient infligées après la prise du navire. « En cet état, » dit le vieux nocher, <c je recommandai mon âme k Dietf , et ma vengeance à ma patrie. >i Cétaient leâ intérêts commerciaux de l'Angleterre blessés au cœur par l'Espagne alorâ puisante encore , qui parlaient par la voix de ce matelot, et qui * firent décréter la guerre par acclama-* tîoo.

Ce furent encore ces mêmes intérêts qui armé-rent la vieille Angleterre contre l'Amérique, sa colonie révoltée ,* et en cette ^circonstance, jamais le sentiment étroit, égoïste et oppresseur du mo* nopole ^e se trompa plus grossièrement, «t ne s'arma avec une passiQn plus aveugle contre son intérêt véritable .

C'est depuis que TAmérique c$t affranchie y

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que r Angleterre en a retiré d'immenses avantages commerciaux. L'expérience a prouvé qu'il y a plus de profit à échanger librement des produits avec un peuple ^ qu'i l'opprimer j et qu'un commerce enèhaîné par les entraves des prohibitions^ ne paye qu'à grand'peitie les frais ' immenses de la tyrannie. Espérons qu'à l'avenir cette leçon ne sera pas perdue.

Et cette guerre si longue et si sanglante de la révolution française ^ cette guerre révolutionnaire 9 comme l'appelaient les Anglais , croit-on , de bonne foi , que la nation Britannique l'eût continuée pendant vingt-trois ans 5 si derrière les intérêts de Faristocratie anglaise^ derrière les antipathies nationaksy elle n'eut aperçu un intérêt, plus réel, plus positif, plus palpable^, celui qui l'appelait à détruire l'influence maritime et la puissance comm^male de sa rivale/

Dans toutes ces luttes sanglantes ,.le3 intérêts mal entendus d'uu commerce exclusif, d'un monopole oppresseur, ont élevé leur voix puissante ; ils ont mis dans là balance un poids pré^ dominant»

La possession de quelques arpens de terre , de quelque fort en ruine, jugés propres à devenir

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Lç commercç est au fond de toutes les guerres faites par T Angleterre, bien qu'elle ait eu soin de leur assigner de tout autres motifs . C'est le commerce qui alluma contre l'Espagne la guerre de 1739. Un vaisseau ipiarch^nd priç par Jçs Espagnols en f)it le prétexte ; on se rappelle Teffet électrique produit par ces simples paroles d'un matelot racontant à la barre de la chambre des Communes les souffrances que les Espagnols lui avaient infligées après la prise du navire. « En cet état, » dit le vieux nocher, « je recommandai mon âme k Dietf , et ma vengeance k ma patrie. >i C'étaient leâ intérêts commerciaux de l'Angleterre blessés au cœur par l'Espagne alor^ puisante encore , qui parlaient par la voix de ce matelot, et qui firent décréter la guerre par acclama-* tion.

Ce furent encore ces mêmes iiltérêls qui armè^ rent la vieille Angleterre contre l'Amérique, sa colonie révoltée ; et éh cette ^circonstance, jamais le sentiment étroit^ égoïste et oppresseur du ma. nopole ne se trompa plus grossièrement, et ne s'arma avec une passion plus aveugle contre son intérêt véritable .

C'est depuis que rAmérique cat affraïK^hie ,

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que l'Angleterre en a retire d'immenses avantages commerciaux. L'expérience a prouvé qu'il y a plus de profit à échanger librement des produits avec un peuple, qu'i l'opprimer; et qu'un commerce erièhaîné par les entraves des prohibitions, ne. paye qu'à grand'pcine les frais ' immenses de la tyrannie. Espérons qu'à l'avenir cette leçon ne sera pas perdue.

Et cette guerre si longue et si sanglante de la révolution française, cette guerre révolution*naire , comme l'appelaient les Anglais , croit-on , de bonne foi , que la nation Britannique l'eût continuée pendant vingt-trois ans 5 si derrière les intérêts de l'aristocratie anglaise, derrière les antipathies nationaks, elle n'eut aperçu un intérêt, plus réel, plus positif, plus palpable^ celui qui l'appelait à détruire l'influence mSaririme et la puissance commerciale de sa rivale/

Dans toutes ces luttes sanglantes , Jes intérêts mal entendus d'uu commerce exclusif) d'un monopole oppresseur, ont élevé leur voix puissante ; ils ont mis dans là balance un poids pré^ dominant» .

La possession de quelques arpens de terre , de quelque fort en ruine, jugés propres à devenir

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Lç commercç est au fond de toutes les guerres faites par TAngleterre, bien qu'elle ait eu soin de leur assigner de tout autres motifs . C'est le commerce qui iallumà contre l'Espagne la guerre de 1739. Un vaisseau i^iarcîiand pris par les Espagnols en f)it le prétexte ; on §e rappelle TeffeL électrique produit par ces simples paroles d'un matelot racontant a la barre de la chambre des Communes les souffrances que les Espagnols lui avaient infligées après la prise du navire. « En cet état, » dit le vieux nocher, <c je recommandai mon âme k Dietf , et ma vengeance à ma patrie. >i C'étaient leâ intérêts commerciaux de l'Angleterre blessés au cœur par l'Espagne alorâ puisante encore , qui parlaient par la voix de ce matelot, et qui firent décréter la guerre par acclama-» tion.

Ce furent encore ces mômes imérêls qui armèrent la vieille Angleterre contre l'Amérique, sa colonie révoltée ; et eh cette «circonstance, jamais le sentiment étroit,, égoïste et oppresseur du mo* nopole Qe se trompa plus grossièrement, «t ne s'arma avec une passion plus aveugle contre son intérêt véritable .

C'est depuis que l'Amérique est affranchie ^

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que TAiigleterre en a retiré d'immenses avantages commerciaux. L'expérience a prouvé qu'il y a plus de profit à échanger librement des produits avec un peuple, qu'i l'opprimer; et qu'un commerce enèhaîné par les entraves des prohibitions, ne. paye qu'à grand'pcine les frais ' immenses de la tyrannie. Espérons qu'à l'avenir cette leçon ne sera pas perdue.

Et cette guerre si longue et si sanglante de la révolution française, cette guerre révolutionnaire, comme l'appelaient les Anglais, croit-on^ de bonne foi, que la nation Britailnique l'eût continuée pendant vingt-trois ans , si derrière les intérêts de raristocralîe anglaise, derrière les antipathies nationaks, elle n'eut aperçu un intérêt-plus réel, plus positif, plus palpable^, celui qui l'appelait à détruire l'influence maritime et la puissance comm^male de sa rivale/

Dans toutes ces luttes sanglantes , Jes intérêts mal entendus d'uu commerce exclusif) d'un monopole oppresseur, ont élevé leur voix puissante ; ils ont mis dans là balance un poids pré^ dominant»

La possession de quelques arpens de terre , de quelque fort en ruine, jugés propres à devenir

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Lç commerce est au fond de toutes les guerres faites par F Angleterre, bien qu elle ail eu soin de leur assigner de tout autres motifs • C'est le commerce qui alluma contre l'Espagne la guerre de 1739. Un vaisseau i^iarchandpriç; par les Espagnols en f)it le prétexte ; on se rappelle Teffet électrique produit par ces simples paroles d'un matelot racontant à la barre de la chambre des Communes les souffrances que les Espagnols lui avaient infligées après la prise du navire. « En cet * état, » dit le vieux nocher, <c je recommandai mon âme k Dieif , et ma vengeance à ma patrie. >i Cétaient leâ intérêts commerciaux de TAngl^ terre blessés au cœur par l'Espagne alor^ puisante encore , qui parlaient par la voix de ce matelot, et qui 'firent décréter la guerre par acclamation.

Ce furent encore ces mômes irltérêls qui armèrent la vieille Angleterre contre l'Amérique, sa colonie révoltée ; et en cette «circonstance, jamais le sentiment étroit^ égoïste et oppresseur du mo* nopole Qe se trompa plus grossièrement, et ne s'arma avec une passion plus aveugle contre son intérêt véritable .

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que TAiigleterre en a retiré d'immenses avantages commerciaux. L'expérience a prouvé qu'il y a plus de profit à échanger librement des produits avec un peuple, qu'i l'opprimer ; et qu'un commerce enèhaîné par les entraves des prohibitions > ne paye qu'à grand'pcitie les frais ' immenses de la tyrannie. Espérons qu'à l'avenir cette leçon né sera pas perdue.

Et cette guerre si longue et si sanglante de la révolution française, cette guerre révolutionnaire, comme rappelaient les Anglais, croit-on, de bonne foi , que la nation Britaîlnique l'eût continuée pendant vingt-trois ans, si derrière les intérêts de raristocralïe anglaise, derrière les antipathies nationaks, elle n'eût aperçu un intérêts plus réel, plus positif , plus palpable^ celui qui l'appelait à détruire rînfluénce maririme et la puissance commiamale de sa rivale/

Dans toutes ces luttes sanglantes ,J es intérêts mal entendus d'uu commerce exclusif) d'un monopole oppresseur, ont élevé leur voix puissante ; ils ont mis dans là balance un poids prédominant»

La possession de quelques arpens de terre , de quelque fort en ruine, jugés propres à devenir

3 10 TABLEAU DE l'iMDE.

un point d'appui utile au commerce, a été disputée avec acharnement; le sang et les trésors de, deux gralides nations y ont été souvent consumés dans la lutte. Des colonies ont été conquises k un prix j dont toute la valeur de leur commerce ne paierait pas l'intérêt; et quelles colonies encore ! leur possession n'est le plus souvent qu'un fardeau; en sorte qu'on eût gagné peut-être si leur perte eût coûté ce qu'a cpûté leur acquisition.

Et trependant, un seul principe, univçrsel-^ lement suivi, uniformément, consciencieusement appliqué^ adl suffi pour empêcher cette effroyable effusion de sang , cette immense consommation des forces et des trésors des peuples : ce principe n'est autre que la Liberté illimitée du

commerce.

6e principe eût mis fin à ces guerres entreprises pour l'acquisition de colonies plus nuisibles qu'utiles à leur métropole; à celles qui ont eu pour prétexte ou pour cause , la conquête ou la conservation de prétendus privilèges commerciaux, tristes privilèges qui ne confèrent àlcurs possesseurs que le droit malheureux d'appauvrir et de ruiner les pays sur lesquels ils s'exercent. Ce principe bieufais^ntet salutaire eût uni les nations

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