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dans un intérêt commun, par les liens d'une mu-r tuelle bienveillance , et eût rendu impossible ces autres guerres^ encore entreprises par Tambition et le caprice des rois. Nou^ devons en conclure que rétablissement de la liberté absolue du commerce serait le plus grand bienfait que pussent appeler les vœux du philantrope et du chrétien. Il ne saurait être entré dans la pensée du créateur que les hoàimes vécussent en communautés distinctes et séparées, chacune d'elles isolée de toutes les autres , étrangères les unes aux autres par leurs intérêts ou leurs sympathies, s'enveloppant chacune dans ses intérêts personnels . et se constituant en état d'hostilité avec ce qui. n'est pas elle. Ne devons-nous pas penser que tel ne saurait avoir été le vœu d'un dieu bon, d'un créateur intelligent, d'un père miséricordieux? lia voulu, nous n'en saurions douter, que
la race humaine constituât une vaste fédération
d'amour ^t de bienfaits ;* il a voulu que les diverses sociétés humaines, bien que dirigées par des gouvernemens distincts, fussent unies d^ sympathies et d'intérêts; qu'elles échangeassent les divers produis de leur industrie et de leur sol, que chacune d'elles communiquât et reçut
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à 50I1 tour toutes les connaissances utiles k Thu» manitë; que chacune participât dans la prospérité de toutes , contribuant pour sa part et selon son pouvoir à accroître la masse de la science et de la félicité universelle j et que toutes fussent réunies entre elles par d'innombrables liens en une société commune , tel qu^il convient anx enfans d'un même père*
Nous ne saurions douter que ce ne soit Ik le vœu de Fauteur de toutes choses. Il n'a point accumulé ses bienfaits sur quelques points favorisés du globe; il les a au contraire disséminés sur tonte la çurfece de la terre , afin d'encourager par Ik les diverses associations humaines à échanger entre elles les avantages qui leur ont été respectivement répartis.
En jetant les yeux sur les diflFérentes contrées du globe, nous trouverons qu'il n'en est aucune qui réunisse tous les avantages que la nature a départis pour la cominodité et le bien-être de l'homme, qu'il n'en est aucune qui en soit privée d'une manière absolue.
Certains pays jouissent d'unsol fertile, abon* dant en produits agricoles; d'autres ont en partage des mines de métaux et de charbon, condi-
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dons essentielles d'tine nation manufacturière. Chaque zone, chaque climat a ses fruits^ et ses productions naturelles. 'Les matériaux dont se composent les diverses parties de no^ vâtemens , viennent de tous les points du globe. La zone torride fournit aux habitans de la zone glacée une foule d'articles d'utilité ou de luxe; celle-ci à son tour fournissant a l'autre ce qui lui manque , lui rend amplement ce qu'elle en a reçu . Toutes deux contribuent k pourvoir aux besoins et au bien-être des habitons de la zone tempérée qui leur donne en retour une ample compensation.
Il est impossible qu'une seule nation disparaisse de la face de la terre, sans que des peuples civilisés et commerciaux , tels que F Angleterre et la France , n'en ressentent le contre-cpup , et ne s'aperçoivent d^un certain vide apporté dan^ leur existence commerciale ou politique. En quelque coin du monde qije règne la guerre, l'Angleterre et la France eu ressentent lesi effets plus ou moins éloignés j et il est de l'intérêt de leurs gottvernemens d'interposer leur médiation entre les parties belligérantes. IXuUe part il ne peut y avoir quelque grande calamité publique,
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sans que nos intérêts et nos sympathies n en soient plus ou moins ébranlés. C'est ainsi que Pun des fruits de la liberté du commerce , est de fortifier entre les peuples les liens d'harmonie et de paix.
Il en est un autre , non moins salutaire ^ c'est qu'elle tend efficacement k propager les lumières et la civilisation.
Presque tous les peuples de l'antiquité ont dû leur civilisation k des étrangers que le commerce avait amenés sur leurs rivages. Déjà l'Egypte et la Phénicie jouissaient d'une, haute civilisation, que la Grèce, l'Italie, et tout le reste de l'Europe étaient encore plongés dansles ténèbres de la barbarie. C'est des premiers de ces pays que vinrent Cécrops , Cadmus et les pripcipaux législateur^ des républiques de la Grèce.
C'est au commerce de Tyr, de Carthage et de TEgypte qu'est due la civilisation des pays riverains de la Méditerranée*. La marche de la civilisation a. été beaucoup accélérée par les communications actives qui réunissaient la Grèce proprement. dite, l'Asie mineure, la grande Grèce et rOrient. Leurs législateurs , leurs philosophes, leurs écrivains ont été presque tous des voya-