‹ Tableau poetique des fetes chretiennesChapitre 1 sur 47 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Si l'homme fût resté obéissant aux commandements de Dieu, toutes ses journées eussent été des jours de fête. Placé par le Créateur dans un lieu de délices, sans qu'une pensée de tristesse et d'inquiétude pût seulement approcher de son âme, assez supérieur à toutes les autres créatures terrestres pour leur commander en roi, presque l'égal des Anges et assez pur pour converser avec Jéhovah lui-même, Adam, dans les jardins d'Eden, n'aurait eu qu'une longue fête; fête qui n'aurait fini que pour les éternelles fêtes du ciel, auxquelles l'homme serait parvenu sans passer par la mort.

Ces destinées si heureuses ont été cruellement changées. Le péché est venu avec sa longue suite de douleurs.... Et quand Satan regarde ce que nous sommes aujourd'hui, enfants déchus d'Adam, et ce qu'a été notre premier père; quand il compare notre vallée de larmes avec le lieu de délices que Dieu avait créé pour être notre patrie; quand il oppose aux sérénités, aux quiétudes, aux félicités du paradis terrestre, les histoires, les tristesses, les adversités qui sont devenues notre héritage..., oh! alors l'Esprit de l'abîme doit ressentir une grande joie, car il peut se dire : « J'ai détruit un bonheur immense. »

Chassé d'Eden par l'Ange du Seigneur, l'homme fut condamné à manger son pain à la sueur de son front. Et ce pain gagné par le travail, il l'arrose encore bien souvent de ses larmes; déchu de la royauté que Dieu lui avait faite, il est devenu humble et faible comme un exilé. Et si, sur le long et dur chemin de la terre du bannissement, il n'avait pas quelques frais lieux de repos; si à son travail il n'avait pas quelque répit; si à ses douleurs il n'avait pas quelque allégement, ce serait à ne plus vouloir de la vie, et dès les premières bornes de la route, il se coucherait pour mourir... Mais la justice de Dieu ayant puni le coupable par l'exil d'Eden, sa bonté s'est tout de suite retrouvée en dehors du paradis terrestre, pour reprendre l'homme par la main et l'empêcher de reculer d'effroi devant les nouvelles et tristes voies qui lui étaient ouvertes. Si nos premiers parents, en ce

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