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LE MUSÉE DES ANTIQUES

Un sujet éternel de regrets pour tout cœur épris de l'art, c'est de penser que les chefs-d'œuvre de la peinture antique se sont évanouis comme des ombres légères sans laisser aucune trace : les murailles des temples et des palais, les tables de cèdre ou de bois de laryx, qui leur servaient de champ, sont renversées, réduites en poussière depuis des siècles. D'Apelle, de Parrhasius, de Zeuxis, de Polygnote, il ne reste plus que le nom, trois ou quatre syllabes harmonieuses qui voltigent encore sur la bouche des hommes, et qu'on prononce lorsqu'on veut évoquer des idées de beauté , de noblesse et de grâce.

Quelle tristesse de songer que les plus pures conceptions du génie humain ne soient pas arrivées jusqu'à nous; car les peintures décoratives d'Herculanum, de Pompéi, petites villes de troisième ordre,

W peuvent, malgré leur goût charmant, que faire soupçonner ce que devaient être les œuvres des maîtres célèbres ; c'est comme si dans mille ans on voulait juger du talent de Raphaël sur quelques grosgières fresques d'auberge retrouvées par hasard.

La critique d'art fut peu connue des anciens. Ils étaient plus occupés à produire qu'à décrire, et à part les détails assez obscurs et bourgeois donnés par Pline, on ne sait rien de précis sur le genre de beauté que pouvait offrir leur peinture. Tout porte à croire, cependant, qu'elle devait briller par le dessin plus encore que par le coloris. La peinture à l'huile étant inconnue aux anciens, leurs tableaux, exécutés à fresque ou en détrempe, devaient avoir un ton mat et clair être traités par de grandes teintes locales, probablement relevées de hachures. Cependant, la peinture à l'encaustique, c'est-à-dire mêlée de cire qu'on faisait chauffer avec des fers rougis, et qu'on polissait ensuite, pouvait atteindre à des transparences et des finesses de coloris bien voisines de celles qu'on obtient par nos procédés. Apelle vernissait ses tableaux avec un vernis dont il possédait le secret, et qui, d'après la description de Pline, possédait toutes les propriétés du nôtre. Il faut croire que ces tableaux, payés des sommes folles par Attale, roi de Pergame, et autres illustres amateurs, avaient des qualités supérieures et montraient un développement égal à celui qu'offraient, à

ces belles époques et sous cet heureux ciel, la poésie, Varchitecture et te sculpture.

Heureusement, pour nous consoler de la disparition de tant de chefs-d'œuvre, le bronze et le marbre sont là qui gardent fidèlement Tempreinte que le génie, leur a confiée et lui assurent la frêle îmmorta - Uté dont l'homme peut disposer.

Grâce à ces nobles et dures matières, le secret de Vart antique n'est pas perdu tout entier ; et si l'ignorance et la barbarie, plus cruelles encore et plus destructrices que le temps, n'avaient devancé la lente usure des siècles, nous pourrions posséder encore aujourd'hui toute l'œuvre de Phidias, de Praxitèle, de Cléomène, de Lysippe et de tous ces prodigieux artistes dont quelques fragments retrouvés donnent une si grande idée.

A quel merveilleux développement a-t-il fallu que l'art fut poussé dans l'antiquité, pour que des restes mutilés, épars, sortis du fond des décombres et des tombeaux, arrachés aux entrailles de la terre, tirés du limon des fleuves qui les avaient ensevelis, les premiers venus, sans choix ni préférence, aient suffi pour poser la statuaire antique à une hauteur dont tous les efforts des modernes n'ont pu approcher !

Que serait-ce si, au lieu de ces débris, qui revoient la lumière par hasard après tant d'années d'enfouissement, nous possédions les chefs-d'œuvre authentiques des maîtres illustres célébrés par Athènes et

par Rome : le Jupiter Olympien et la Pallas- Athènes y d'ivoire et d'or, de Phidias; la Vémis de Praxitèle, type des Vénus sans voile; la statue d'Alexandre, par Lysippe, qui seul avait le privilège de reproduire la figure de ce prince ; et tant et tant d'autres merveilles, dont la réputation seule est venue jusqu'à nous! Et encore de combien de merveilles la mémoire s'est perdue !

A part quelques morceaux d'une certitude historique, comme les Métopes du Parthénon, on ignore les noms des sculpteurs qui ont fait l'Âpjollon du Belvédère, la Diane à la Biche, le Mercure du Capitole, les Antinoiis, l'Hermaphrodite, ou du moins on ne sait à qui attribuer précisément ces chefs-d'œuvre.

Le sculpteur à qui l'on doit la Vénus de Milo n'a pu laisser que deux syllabes de son nom sur la plinthe de son chef-d'œuvre : . . . andre, fils de Menidès d'AntiocAe, près du Méandre, a /ait... Le commencement, emporté par une brisure, manque ; une désinence, voilà tout ce qu'il a pu laisser à l'immortalité, et encore la plinthe restaurée dans les temps antiques vient-elle peut-être d'un autre chefd'œuvre évanoui.

Toutes ces statues ne sont pas arrivées intactes jusqu'à nous. Glorieuses Invalides de l'art, elles ont laissé à la bataille des siècles et de la barbarie, qui leur tête, qui leur nez, qui leurs jambes, qui leurs bras, qui leurik pieds ; la glorieuse Vénus de Milo est

une manchote. Mais il semble qu'on ne puisse se la représenter autrement ; les bras déroberaient quelque portion de ce torse admirable, dont la beauté divine éclate ainsi sans voile ; et d'ailleurs qui eût osé les refaire?

Les restaurateurs de statues sont moins funestes que les restaurateurs de tableaux ; ils ne recouvrent rien et ne substituent pas leur travail à celui de Tar^ tiste, ils ne refont que ce qui manque ; avec un peu d'attention, les morceaux ajoutés se discernent, et il est toujours facile de les ôter. On peut seulement reprocher aux chirurgiens de sculptures de donner un peu trop carrière à leur imagination, et de faire comme les architectes , à qui la moindre borne informe, le pan de mur le plus délabré suffisent pour bâtir des temples et des palais : d'un bout de torse usé, d'un fragment de pouce ils vous rétablissent de toutes pièces un Jupiter, un Apollon ou un Bacchus.

Heureusement, ils n'ont pas toujours besoin d'être si inventifs, et leur besogne se borne à souder quelques phalanges à des doigts mutilés, ou quelques cartilages de marbre à des nez frustes. Un nez antique est rare, et le temps semble avoir pris un malin plaisir à rendre camards tous ces dieux et ces héros païens. D'autres fois, la tète, quoique rapportée, n'est pas moderne ; d]une tête trouvée sans torse, d'un torse trouvé sans tète, on fait une figure

entière, et cette union bizarre s'aperçoit moins qu'on ne pense ; l'art antique ne cherchait pas l'individualité comme l'art moderne. De certains types consacrés, de certaines lois générales étaient adoptés par le statuaire éminent comme par le praticien vulgaire ; on tendait au beau plus qu'à l'originalité, et, dans des œuvres de mérite secondaire, ces substitutions n'ont rien de trop hybride et de trop monstrueux. Les Romains, sous les empereurs, changeaient souvent la tête des statues par caprice, adulation ou revirement politique.

Eût-il mieux valu laisser ces nobles débris dans l'état, de mutilation où ils se trouvaient et tout couverts encore de la rouille des âges, avec toute la sincérité de leurs dégradations? L'imagination n'eûtelle pas mieux suppléé que les restaurateurs à ce qui leur manquait? Sans doute, les purs artistes préféreraient voir ces fragments précieux dans toute leur désastreuse intégrité ; mais la plupart des statues antiques qui nous sont parvenues ont plusieurs exemplaires, car elles sont souvent la copie ou l'imitation d'un type célèbre répété à l'envi. Il est donc plus facile qu'on ne croirait d'abord de remplacer une portion absente, sinon avec une certitude mathématique, du moins avec toute la vraisemblance possible ; quand il n'existe pas dans quelque galerie de l'Europe le double de la statue mutilée, les médailles où sont empreintes les images des divinités,

les*pepsonnifications des villes, les allégories et les ' figures des princes viennent au secours du restaurateur, et le coup d*œil général y trouve son compte.

Le morceau capital du Musée antique est la célèbre Vénus de Milo, déterrée en 1820, à quelques pas des ruines d*un ancien amphithéâtre, par un paysan grec de l'île, qui labourait son champ. Étrange effet du hasard I Si ce paysan avait travaillé un peu plus loin, ou même pioché un peu moins profond, cette merveilleuse beauté restait peut-être pour des siècles encore enfouie sous la terre jalouse. Ohl si la baguette magique qui fait retrouver les trésors perdus nous était confiée^ ce ne serait pas à retirer les pots pleins de dinars cachés par les Sarrasins d'Espagne, à retirer de la vase du lac dô Mexico Tor que les Incas y ont jeté^ ou les carcasses des galions qui ont coulé bas, fue nous Tetalploie^ rions; nous nous en servirions pour découvrir le Cupidon de Praxitèle, l'original de la VéhUs de CoSj les chefs-d'œuvre disparus de Phidias sous le man=teau de terre ou de ruines qui les ensevelit, à moins toutefois que la méchanceté humaine ne les ait pulvérisés, par cette haine naturelle du beau qui pousse à la destruction les natures vulgaires ou barbares.

En voyant cette belle statue tronquée^ la première question qu'on se posé c'est de se demander ce qu'entouraient les bras absents, quel dieu ou quel

mortel ils ramenaient sur cette poitrine où la perfection idéale de la déesse se mêle au charme le plus féminin. Les opinions sont très diverses à ce sujet; les antiquaires sont loin d'être d'accord sur cette énigme de marbre : selon les uns, la Vénus de Milo est une figure isolée; selon les autres, elle faisait partie d'un groupe; une troisième interprétation veut qu'elle adresse son regard à un interlocuteur supposé ou placé plus loin dans le même temple.

Le moment choisi par l'artiste serait celui où la déesse vient de recevoir des mains du berger Paris le prix de la beauté ; la joie du triomphe respire dans ces narines ouvertes et dans cette bouche sur laquelle voltige un sourire presque ironique. Qui peut rendre une femme si superbe et si rayonnante, si ce n'est le plaipr d'avoir humilié ses rivales? Ceci est un peu bien ingénieux pour une statue antique. Les anciens ne se piquaient pas de ces finesses d'expression ; cependant, une main dont la dimension se rapporte à celles de la statue a été trouvée sur le même emplacement, et cette main tient une pomme ; de plus, pomme, en grec, se dit melos; l'île de Milo s'appelait autrefois, comme chacun sait, l'île Mélos ; la pomme symboliserait donc ici , outre la victoire de Vénus sur le mont Ida, la localité où s'élevait la statue ; l'antiquité, pas plus que le moyen âge, ne répugnait à ces sortes de calembours que

le blason appelait armes parlantes. Ces conjectures semblent justes et raisonnables. Malheureusement, la direction des bras, iadiq^uée par les moignons qui contiennent les épaules, s'oppose à cetle interprétation, plus probable pour des savants que pour des artistes.

D'autres prétendent que les bras absents soutenaient un bouclier présenté par la déesse au dieu Mars. L'agencement d'un bouclier de marbre ou de métal, qui aurait dérobé à la vue les nobles formes de ce corps divin, nous paraît peu dans les habitudes des Grecs, trop amoureux de la beauté pour se résoudre à de pareils sacriflces. Cependant, des médailles présentent des Vénus ainsi ajustées; mais les lois de la numismatique ne sont pas celles de la statuaire, et ce qui est possible dans une médaille ne Test pas toujours en ronde bosse.

Un examen attentif de la statue fait voir qu'elle est beaucoup moins fmie et d'un travail plus pénible sur le côté où le tronçon de bras se relève que sur l'autre face. D'où peut venir cetle différence d'exécution? De ce que ce profil de la statue devait être moins en vue et de ce que le sculpteur a dû être gêné par le voisinage d'une seconde figure, probablement celle du dieu Mars revenant de la guerre, ce qui explique l'expression victorieuse et souriante de la Vénus.

Quant à la position des bras, elle se justifie le

plcfô naturellemeat du moode : le bras gauche passait sur répaule et le coi: du dieu, un peu plus graad que la déesse, et le droit s*appuyail sur la mâle poitrine de r amoureux guerrier, avec un geste amical et caressant. Ce mouvement produit, en inclinant les plans de gauche à droite, celte belle ligne serpentine du torse et ce grand contour qm enveloppe la figure comme un baiser ; le corps, u» peu tourné, ne se présente pas précisément de face au spectateur, et la tête s*incline ^ s*écarte ua peu comme lorsqu'on veut regarder quelqu'un placé trop près de soi.

Mais qu'importe tout cela? Ce qui reste de la statue est de la plus radieuse beauté. La grandeur des plans, la noblesse sans raideur, le mélange de Tidéal et du réel dans les proportions les plus heureuses, la souplesse des lignes qui ne nuit en rien à leur fierté, les intimes détails de nature qui révèlent la femme dans la déesse, le grain d'épiderme que le marbre garde encore, la fleur de vie que tant de siècles n'ont pas fanée, le style et le jet de la draperie, si large et si noble, dénotent un ouvrage du meilleur temps de Técole de Phidias ou de Phidias lui-même, car la Vénus de Milo, ce qui est rare dans les statues antiques, eopies ou répétitions d'originaux qui ne nous sont |«s parvenus, a un faire particulier, une touche pour ainsi dire où l'on sent l'empreinte immédiate de l'artiste.

C'est le plus beau sujet d'étude que Fart moderne puisse se proposer ; les plus forts et les plus illustres sculpteurs de notre t^mps s'arrêtent tout rêveurs devaût ce marbre qui leur apprend toujours quelque chose.

Lia statue cdossale du Tibre, une des plus belles productions de l'art romain, se voit à quelques pas de la Véius de Milo et soutient honorable,ment ce formidable voisinage. Le Tibre, coiffe de lauriers, s'accoude sur l'urne d'où s'échappent ses eaux ; il a près de lui la rame qui indique les fleuves navigables ; la louve et ses nourrissons le désignent spécialement, et la corne d'abondance, remplie de raisins^ de pavots, de pommes de pin, symbolise la fertilité. Les bas-reliefs de la plinthe représentent l'arrivée d'Éaée en Italie.

Il est impossible de mieux exprimer la force tranquille et majestueuse, la sécurité puissante que dans cette statue à demi couchée avec une nonchalance robuste au milieu d'attributs opulents. Comme oa voit que l'orgueilleux fleuve pense que son onde intarissable baignera toujours les murs de la ville éternelle et coulera au milieu des Romains, maîtres du monde ! Et pourtant son rêve de marbre a été trompé, et les fils de Romulus ne possèdent guère plus de territoire aiftotenant qu'au temps où Romulus sauta le fossé.

Le Tibre faisait partie des six statues, alors les

seules aatiques, qui existaient à Rome au temps du Poggio. On le découvrit avec le Nil à la fin du XIV® siècle, sur l'ancien emplacement du temple dlsis et de Sérapis au mont Aventin, près de la via Lata et de Tendroit où Ton place la grotte de Cacus; ils décoraient probablement deux fontaines placées à l'avenue du temple.

La figure connue sous le nom du Gladiateur, et qu'il seraitplus juste de désigner sous celui du Héros combattant, car elle n'a aucun des accessoires qui spécifient les gladiateurs, dont il existe des représentations certaines, est à coup sûr une des statues les plus dramatiquement composées et les plus mouvementées de Tari antique. Heureusement, l'auteur de ce chef-d'œuvre, plus soigneux de la gloire que ses confrères, ou ayant la conscience de la belle chose qu'il venait de terminer, a signé son nom : Agasias d'Éphèse^ fils de Dosithée, sur le tronc d'arbre qui sert de support à sa figure.

La position est celle d'un homme qui se fend pour porter un coup, dont le bras droit se retire en arrière pour avoir plus de force, et dont le gauche se lève, soutenant le bouclier qui doit recevoir la parade. Tous les muscles sont tendus, toutes les fibres palpitent, et les nobles ressorts qui mettent en jeu ces belles formes saillent avec un relief et une vigueur extraordinaires. Ce n'est pas là, comme dans l'Hercule, la force brutale et grossière, mais

rélan que donne le courage de Tâme, une jeune et virile organisation. Cependant quelque admirable que soit cette statue, on y devine déjà la décadence prochaine. Ce n'est plus cette sérénité divine, ce calme souverain, ces formes augustes des beaux temps de Vart ; le désir du mouvement, l'inquiétude de l'effet, nous ne savons quelle fièvre d'exécution, un effort pour exprimer au delà des moyens de la sculpture montrent que les données naturelles vont s'épuiser et ont besoin d'être rajeunies.

La tête de la Vénus d'Arles est charmante et semble regarder quelque chose qu'elle tenait dans sa main gauche. Girardon, qui a restauré cette jolie statue, a mis dans cette main un miroir, pensant qu'une femme ne pouvait regarder qu'elle-même avec tant d'attention, et dans l'autre il a logé une pomme, la fameuse pomme « à la plus belle. » Des antiquaires pensent que le miroir doit être le casque d'Énée ou de Mars, et la pomme une pique, comme la Vénus Victrix du cachet de César. Quoi qu'il en soit, la statue a infiniment de grâce et d'élégance. Un spinthère entoure son bras ; sa draperie, froncée à petits plis sur les bords, s'enroule autour de ses hanches et de ses cuisses avec beaucoup de sou^plesse et de style, et le marbre du mont Hy mette a gracieusement gardé jusqu'à nos.jours les délicats ornements de la tête.

La Polymnie s'enveloppe dans sa draperie avec

une sévérité si coquette, un style si féminin> une antiquité si moderne, qu*on croirait voir une femme de nos jours s*arrangeant et se groupant dans son châle de cachemire. Quel merveilleux jet I comme rétoffe suit avec une obéissance amoureuse les ondulations du beau corps qu'elle recouvre, mais qu'elle ne cache pas I comme les plis se plissent, s'élargissent, filent ou s'arrêtent à propos I Quelle élégance et quel esprit I On dirait que cette draperie pense.

Courbée sur un rocher de l'antre Cocyrium, où elle s'appuie, la belle Muse, dans une pose d'une grâce pensive, attend et cherche l'inspiration qui ne tardera pas à lui venir, pour peu que l'inspiration ait du goût.

Cette délicieuse statue, que le temps, cet imbécile, ce brutal, ce barbare, ce bourgeois, avait misérablement maltraitée, a été restaurée avec beaucoup de discrétion et de bonheur par Augustin Penna.

Il y a encore une foule de statues admirables ou charmantes qu'il serait trop long de décrire. V Hermaphrodite^ couché sur son matelas de marbre; Vlsis^ de basalte, avec ses délicieux pieds de jaspe ; la MelpomènSi de Vellebris ; lé Marsyas écorché, V Hercule à gaîne , d'un caprice si vigoureux ; le Portrait de Julia, la fille d'Auguste, si finement drapée; \ Achille, d'une beauté si mâle; VAppo-

linCy ce délicat éphèbe dont une femme envierait la beauté; le Sepos étemel, d'une langueur et d'une moriidezm si adorable, gracieuse figure que les anciens substituaient au hideux squelette qui symbolise la mort dans les idées chrétiennes, et une foule de bas-reliefs, de vases, de trépieds, d'autels d'un goût exquis et d'un style superbe, qui montrent à quel point de perfection était arrivée cette civilisation antique, et quelle religion favorable c'était pour les arts plastiques que le polythéisme anthropomorphe de la Grèce et de Rome. Il faut l'avouer, le christianisme n'a pas fait fleurir la sculpture, et il faut attendre la Renaissance pour continuer le siècle de Périclès, et Michel -Ange pour reprendre le ciseau des mains de Phidias.

{JLa Presse, 27 juillet 1850.)

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