‹ Tableaux composant la Collection Ch. Sedelmeyer, première vente, comprenant les tableaux des Écoles anglaise et françaiseChapitre 4 sur 405 · XII COLLECTION CH. SEDELMEYER · texte numérisé non relu

XII COLLECTION CH. SEDELMEYER

regret — se recominandcnt par deux œuK'/es /(irissimes : le « Denier de César » et le « Portrait d'un Noble italien », du Titien; le « Christ en Croix », de Murillo; des portraits saillants et earaetéristicpies^ de Bronzino; le « J^ortrait diin Poète » de Bartoloineo Jeneto;le « C anale Grande ^^ ^ de Canaletlo ; la « Place Saint-Mare », de Guardi; plusieurs vierges et enfants^ de Francia; une « Sainte Catherine », de Bernardino Luini; etc. Enfin., parmi les primitifs., si cu/ieux, si forts., si grands., si p/écieux au point de vue des documents (/u' ils fournissent avec une magnifque et prodigue abondance., je retiens spécialement les (cuvres de Imberger., de Brujii.^ Lucas Cranach., Mabuse., Antonio Moro., Mostaert., le Maître de la « Mort de la Vierge », Van Orlej-., Pourbus., Bogie/' van der fVejden., etc.

Enfin., pour la quatrième vente., on a réservé les œuvres des diverses Ecoles modernes ; et si F on songe aux manifestations d'art multiples qui se sont produites pendant le ay.y* siècle., on comprendra quel cliamp vaste s'ojf'/ail à un collectionneur aussi averti que Sedelmeyer ; il devait y glaner ii pleines mains : c'est ce qu'il fit.

L'Ecole de iS30 l'attira naturellement., et il en a retenu des œuvres tout a fait caractéristiques : de Corot., des effets de matin et des paysages d' Italie., ainsi qu'une figure nue ; de Daubignj-., un « Lever de Lune y ., une toile fort importante (/ui figura ii r Exposition universelle de iSlS^ des « Moutons au bord de f Oise », et quelques « Bords de l'Oise » tout a fait savoureux; de Delacroix., une page d'histoire anecdotique., oii l'âme romantique palpite délicieusement., « Henri IV et Gabrielle d'Estrées »; de Diaz., une page de dimensions colossales et telle qu'on ii est pas accoutumé d'en rencontrer dans les collections., les « Deinières Larmes », tableau que le peintre exécuta pour l'Exposition universelle de 4855 ; de Rousseau., des coins de forêt comme il savait si bien les peindre; de Meissonier., « M. Thiers sur son lit de mort » et des études qui furent chaudement et justement disputées ^ lors de la dispersion de son atelier ; de Trojon., une « Charrette attelée de Percherons », d'un ejf et puissant et qui suffirait a assurer le renom du célèbre animalier ; de Maril/iat., des paysages ensoleillés. Ensuite., il y a ceux qui ont continué l'Ecole de 1830 : la « Paysanne allaitant son Enfant » et le « Retour des Moissonneurs », par Jules Breton ; de la/ges pajsages., à expression m}stique.,par Adrien Demont ; le très vigoureux portrait de Gustave Doi'é., et une étude de femme nue., un morceau peint en pleine pâte., par Carolus Du/an ; et d'autres œuvres encore par Bergeret., Emile Breton, J.-P. Laurens^ E. Frère., Heilbuth., Henner., James Tissot., Vollon., M"" Tournier-Cuno, etc. Enfin., les Ecoles étrangères modernes devaient fournir a ce contingent., déjii si brillant ; et elles ne pouvaient être

l'ULl'ACK Mil

iiiicii.r /('p/csciilccs (juc ixir des iiku'I fcs le/s (juc Louis Kinin.s. Otto /la.u h^ lUouimc/s , (tOupiL de 'l(>iiLi:li(\ Kinjf. ./oscj'/i Lies, Modoii. 1 1 l'ial St<'\-rii\ . U illcins, l-'iitli^ If^dltcr ('.(i)\ (ict^ci- Jclt , If <i/i//>('/i^\ I )oiniiiix<K l^ilma/oli . Tito l.c.ssi, Pctti'iihof'cn ^ M uuhnis)\ etc. l'.st-il iifccssdirc </' a loiitc/- (/u'ii <<'>t<' des c/v/r/r.v peintes^ (h. Scdclmeje/' (i\'iut v^nlciucnt retenu des ilessius et des (njudrelles de ces uilistes , Icuillets délicats auxquels^ enfin ^ le ^oùt publie a ueeordé lu iv>^'//r (jui leue etuil due.

Ou t/oin'e/d dans les eutuloi^iies lu descriptutu de elKUjue (ru\'ie^ sans e(uuuirutnwe sue sa (juulite^ (pie les (unuteurs (ipp/ceieroiil lors des e.rposit ions pn-e(-duut les (pidtre s'entes : il est re^rettiihle l(uite l<>i-s- (pie le temps uif luuiKpie de donner des reproduetions plus purjuites et plus dignes de l importunée de lu collection.

Mats il faut me borner : je n'ai fait (pi'e.vprimer ù truits cupides lu re\-ue de cette collection ., F une des plus nombreuses et certuinement F une des plus importantes (jUi aient ete depuis (plaçante uns li\'rees au feu des enclieces . selon lu focmule consacrée . la début de ces lignes ^ p' disais (pi'il s unissait lii (f un musée: je maintiens le mot. Quand on pense au mui^ni Ji(pie c/iump d^'tude. ii f incompucuble instrument de comparaison cpiojjre une puccille ceiinion, (piund on me su ce tout ce (jiéil )' a de i];enie et de nnonnement de beuute duiis ces (cu\'ces eccecs uu cours de cini/ sii'cles^ on ne peut se défendre dun ret^ict a l instunt oit tout \-u s en ullcr pur morceau. i\ aii.v (piatre coins du monde, ('ertes, c<du Jeru des ficurcur: il s v troii\-e tant de jo)-au.r ipii \'ont de\'enir la parure et l'orii^ucil ddutres collections ! muis on eprom'c une sensation pareille ii c(dle (pu \'ous ctrcint lorsipéon u entendu une sMtiplionie : on ('tait sous le eliarme des i^/-andes masses orcliestrules ; on a\'ait Vàme seeoiK'c pur F ('datante pensi'C du musicien ^ l'oreille pleine de sonorités eiicfianteresses ; et^ tout ii coup., le silence se Jail, la salle se \'i(le^ les instruments rentrent duns leurs (âiiis: sur le bord de son pupitre le cliej d'orcliestre dépose son bàtoil^ et bon a comme un \'oile de tristesse ipii \-ous /fasse sur les )eu.r : Sed(dmeyei\ qui fut l (u-^anisateiir putieiU et luborieii.i- de cette svmp/ionie. \'ient de (h'poser son bâton. Ou il soit loue et (pi il soit plaint ; mais il emporte dans sa retruite lu certitude d'a\'oir bien mérite de l'art, cet art qu'un f'ond il uime ttaijoiirs passionnément et au ser\'ice duipiel il donna les plus \'aillantes années de sa \'ie.

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