‹ Tableaux d'analyse qualitative des sels par voie humideChapitre 20 sur 69 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Essais par voie sèche.

Bien que nous nous proposions ici l’étude des procédés analytiques par voie humide, nous devons cependant dire un mot sur un certain nombre d’essais par voie sèche, auxquels nous aurons plusieurs fois l’occasion de recourir.

15. Du chalumeau. — Le chalumeau le plus simple consiste en un tube de fer conique recourbé à son extrémité ; le plus souvent, on fait usage d’un instrument plus compliqué, composé de deux pièces coniques s’adaptant perpendiculairement l’une sur l’autre, et dont la première porte une embouchure d’ivoire, la seconde un ajutage de platine. Toutes les flammes conviennent pour les essais au chalumeau, même celle donnée par un bec Bunsen, lorsque la virole inférieure en est complètement fermée. On doit tout d’abord apprendre à produire avec le chalumeau un jet continu ; pour cela, il faut que l’air soit insufflé directement par les joues et non par les poumons. On doit donc s’habituer à maintenir ses joues gonflées d’air, tout en respirant normalement par le nez.

On peut produire avec le chalumeau soit la flamme dite d'oxydation, soit la flamme de réduction; la première en introduisant le bec du chalumeau dans l’intérieur de la flamme et en soufflant fortement, la seconde en le plaçant en dehors de la flamme et soufflant d une manière modérée. C’est la pointe brillante du cône intérieur et non 1 extrémité de la flamme que Ton devra diriger sur les corps que Ton veut réduire

à la flamme de réduction.

ESSAIS PAR VOIE SÈCHE

16. Essais dans un tube fermé par un bout. — On pourra faire usage d’un tube à essai ordinaire, si l'on dispose de grandes quantités de matière; on se servira, dans le cas contraire, d’un tube étroit fermé par un bout. On pourra ainsi constater divers phénomènes qui donneront d’utiles indications, quand on chauffera un corps dans le fond de ce tube : soit un dégagement de vapeur d’eau qui se condensera sur les parties froides (sels hydratés) et qui pourra être dans certains cas acide ou alcaline (phosphate d’ammoniaque) ; soit une sublimation d’un corps solide (sulfure d’arsenic); soit un dégagement gazeux d’oxygène (chlorate de potasse), d’acide carbonique (bicarbonates), de vapeurs rouges (azotate de plomb) ; soit une carbonisation de la matière (composés organiques).

17. Essais dans un tube ouvert. — On se sert d’un tube à gaz ordinaire, coudé légèrement à deux ou trois centimètres de son extrémité. Les corps à essayer seront chauffés au sommet de l’angle de courbure ; le courant d’air qui s’établira dans le tube déterminera une oxydation dont les produits pourront être plus ou moins caractéris* tiques; c’est ainsi que les sulfures donneront de l’acide sulfureux, les arséniures de l’acide arsénieux.

18. Essais sur le charbon. — Ces essais se font en dirigeant la flamme d’oxydation ou de réduction du chalumeau sur les corps à essayer que l’on a placés dans une petite cavité creusée à l’extrémité d’un morceau de charbon de bois. On peut aussi observer certains phénomènes; soit d’oxydation, par exemple, avec l’antimoine, l’auréole formée sur le charbon par le métal oxydé, ou l’incandescence de ce dernier^; soit de réduction, et c’est le cas le plus fréquent, par exemple la réduction d’un sel de plomb avec production d’un globule métallique. Pour déterminer ces réductions, on ajoute souvent aux substances pulvérisées un mélange de cyanure de potassium et de carbonate de potasse.

On pourra aussi, soit sur le charbon, soit plus commodément sur une lame de platine, essayer l’action de quelques réactifs; mais ce mode d’essai est assez limité. C’est ainsi qu’on obtiendra, en chauffant de l’alumine avec de l’azotate de cobalt, une coloration bleue, assez peu caractéristique du reste.

Page 1