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CHAPITRE III

19. Perles. — On fait une petite boucle à l’extrémité d’un fil de

platine (fig. 4); on la fait rougir sur -q un bec de gaz, et on la plonge encore chaude dans du borax gros- Fig. 4. sièrement pulvérisé dont quelques

Fil de platine recourbé en boucle, fragments se fixent sur la boucle de

platine. Si l’on chauffe de nouveau celle-ci au chalumeau, le borax, après avoir perdu son eau de cristallisation et s’être plus ou moins boursouflé, se fondra en une perle limpide maintenue par les bords de la boucle. Si l’on touche avec cette perle encore chaude, le corps à essayer réduit en poudre, ou si on la trempe dans la solution, et si on chauffe de nouveau, le borax réagira sur les oxydes, les dissoudra en formant des borates fusibles et produisant des perles transparentes de diverses couleurs, lesquelles peuvent, du reste, changer après refroidissement, et être différentes suivant qu’elles ont été produites au feu d’oxydation ou de réduction.

Il faudra ne mettre sur la perle de borax que très peu de substance, pour que la coloration ne soit pas trop intense, ce qui empêcherait de la distinguer.

Le sel de phosphore (phosphate de soude et d’ammoniaque) sert de même, mais moins fréquemment que le borax, à produire des perles dans les essais par voie sèche.

Dans certains cas, les corps ne se dissolvent pas tout entiers dans la perle, et le résidu forme un squelette infusible (silice).

20. Coloration de la flamme. — On emploiera la flamme d’oxydation du chalumeau, ou beaucoup plus commodément la flamme d’un bec Bunsen brûlant du gaz mélangé d’air. Si l’on introduit dans cette flamme un fil de platine imprégné d’un sel solide pulvérisé ou dissous, elle prend des colorations souvent caractéristiques : jaune, pour le sodium; violette, pour le potassium; rouge, pour le strontium; verdâtre, pour le baryum; bleue, pour le cuivre; etc. Ces colorations sont souvent masquées par celle de la soude, dont une trace donne à la flamme une teinte jaune; on a recommandé, pour pouvoir constater, même en présence de la soude, la coloration produite par certains métaux, le potassium en particulier, de regarder la flamme à travers un verre bleu épais (verre de cobalt) ; la flamme serait cramoisie, malgré la présence

ESSAIS PAR VOIE SÈCHE

de la soude; à la vérité nous n’avons pu tirer aucun résultat de l'emploi du verre bleu, et la coloration donnée à la flamme par un sel de sodium pur, nous a toujours paru cramoisie à travers un verre bleu, comine celle correspondant à un sel de potassium.

21. Analyse spectroscopique. — Nous avons vu que les résultats que l’on peut tirer de la coloration de la flamme d’un bec de Bunsen par l’action des sels métalliques sont fort incertains, lorsque ces derniers ne sont pas absolument purs, et que les colorations données par certains métaux, même en proportion extrêmement faible, peuvent souvent masquer celles qui résulteraient d’autres métaux mélangés aux premiers dans des proportions considérables.

Il n’en est pas de même des résultats que l’on peut tirer d’une autre méthode d’une précision extrême, et au moyen de laquelle on peut, quand on a acquis une habitude suffisante, constater l’existence des plus faibles quantités d’un métal mélangé à de fortes proportions d’autres métaux. C’est la méthode spectroscopique.

Rappelons-en le principe : si l’on examine à travers un prisme la flamme bleue d’un bec de Bunsen brûlant du gaz mélangé d’air, il ne se produit pas de spectre appréciable ; les métaux ou leurs sels étant placés dans la flamme font apparaître des raies brillantes dont les couleurs sont caractéristiques pour un même métal et qui occupent dans le spectre des positions déterminées et constantes.

Se fondant sur ce m

fait, Kirchhoff et Bunsen ont créé une nouvelle méthode d’analyse qualitative basée sur l’emploi du spectroscope. Nous allons d’abord donner une description rapide de cet instrument.

Au centre de l’appareil (fig. 5), un prisme de verre, etplus généralement unsystèmede deux ou trois prismes, est posé verticalement.' Trois

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