CHAPITRE V
Avant de verser le chlorhydrate d’ammoniaque et l’ammoniaque, on ne devra pas oublier de faire bouillir la liqueur avec une goutte d’acide azotique, afin de peroxyder le fer, pour que ce métal soit précipité a 1 état de sesquioxyde de fer. A l’état de protoxyde, il resterait en dissolution dans la liqueur comme la magnésie et ne se séparerait que lentement par suite de l’oxydation au contact de l’air.
Quant au zinc, au nickel et au cobalt, ils sont précipités par l’ammoniaque, mais 1 oxyde mis en liberté se redissout avec la plus grande facilité dans un excès de ce réactif.
On voit déjà que s’il se forme un précipité par suite de l’addition d ammoniaque, on ne devra en tenir compte que s’il est permanent, c’est-à-dire s’il ne se redissout. pas dans un grand excès de réactif.
On séparera ainsi à l’état de sesquioxyde les trois métaux :
Le fer,
Le chrome,
L’aluminium.
Mais le précipité pourra être beaucoup plus complexe, et il est facile de voir qu’il pourra contenir aussi certains métaux des groupes suivants :
Le calcium,
Le baryum,
Le strontium,
Le magnésium,
Le manganèse.
Prenons, en effet, du phosphate de chaux, de magnésie, du phosphate ammoniaco-magnésien, etc., et dissolvons-les dans de l’acide chlorhydrique; nous aurons une liqueur à réaction acide. Cette liqueur étant additionnée d’ammoniaque, le phosphate terreux qui était dissous à la faveur de l’acide chlorhydrique se reconstituera et se séparera par précipitation. On voit donc que le précipité produit par l’ammoniaque pourra contenir les métaux terreux, ainsi que le manganèse, toutes les fois que l’on sera en présence d’acides pouvant former avec eux des sels insolubles (acide phosphorique, borique, silicique, oxalique, etc.) (1), bien que, en l’absence de ces acides, ces
(1) Nous ne parlerons pas ici des acides organiques carbonisables par l’action de la chaleur que nous supposons avoir été détruits par une calcination préalable.
métaux ne soient pas précipités par l’ammoniaque en présence du chlorhydrate d’ammoniaque. Quant aux autres métaux suivants, zinc, nickel, cobalt, ils ne formeront pas de précipités permanents par l'addition du chlorhydrate d’ammoniaque et de l’ammoniaque, même si l’on se trouve en présence des acides qui peuvent former avec eux des sels insolubles; à une condition toutefois, c’est que l’on ajoute une quantité considérable d’ammoniaque et de sel ammoniacal, recommandation déjà faite plus haut.
On voit donc que, suivant que l’on sera être en présence des acides dont nous avons parlé ou non, le groupe des métaux précipitables par l’ammoniaque sera être plus ou moins compliqué. Dans le dernier cas, il ne pourra contenir que trois métaux à l’état de sesquioxydes, le fer, le chrome, Y aluminium. Dans le premier cas, au contraire, il pourra contenir, outre les trois métaux précédents, du calcium, du baryum, du strontium, du magnésium, du manganèse , ces deux derniers métaux étant précipités cette fois malgré la présence du chlorhydrate d’ammoniaque.
On devra donc rechercher, en général, ces métaux, et ce n’est que dans certains cas spéciaux, par exemple dans l’analyse d’un alliage, ou bien si la liqueur primitive est neutre au tournesol, que l’on pourra se borner à la recherche des trois premiers métaux.
Nous aurons donc à étudier deux méthodes relatives, l’une à ce cas restreint, l’autre au cas général.
29. Ainsi qu’on le voit, le précipité obtenu par l'action de l’ammoniaque peut être assez complexe; aussi avons-nous évité de le compliquer encore davantage, comme on le fait généralement, en ajoutant immédiatement dans la liqueur, non séparée du précipité qui a pu être produit par l’ammoniaque, du sulfhydrate d’ammoniaque.
Ce réactif précipiterait à l’état de sulfures :
Le zinc.
Le manganèse,
Le cobalt,
Le nickel.
Nous ne verserons le sulfhydrate d’ammoniaque que dans la liqueur