CHAPITRE VIII
Vérifications.
36. Quand on a déterminé un métal en suivant une marche méthodique quelconque, le métal n’est, en réalité, caractérisé que par un nombre très limité de réactions. Aussi est-il bon de contrôler les résultats par des vérifications diverses ; ces vérifications seront indispensables dans les analyses des mélanges de sels, dans lesquels les méthodes de séparation ne permettent pas toujours d'isoler chaque métal d'une manière rigoureuse, ce qui peut être une cause de confusions et d’erreurs. Il faut donc surtout, dans ce cas, accumuler les réactions pour caractériser chaque corps avec toute la certitude possible.
En réalité, nous pourrions donner ici, à ce sujet, tous les caractères des sels métalliques; mais ces caractères se trouvent dans tous les traités de chimie, et nous croyons plus utile de nous borner à rappeler ceux qui nous seront les plus commodes pour la détermination des métaux. Nous allons donc passer en revue, dans l’ordre du tableau précédent, les principaux métaux, en indiquant les divers caractères qui nous serviront à contrôler leur présence dans une dissolution, conjointement à ceux qui nous ont permis de les déterminer dans le cas d’un sel isolé.
37. Argent. — Précipité blanc de chlorure par l 'acide chlorhydrique, cailleboté, s’il est abondant : soluble dans l’aipmoniaque, insoluble dans l'acide azotique ; le chlorure d’argent se dissout assez facilement dans l’acide chlorhydrique concentré. — Précipité noir de sulfure par l’hydrogène sulfuré. — Précipité brun par la potasse (AgO).
VÉRIFICATIONS
38. Plomb. — Précipité blanc de chlorure Y acide chlorhydrique ;
un peu soluble dans l’eau froide, plus soluble dans 1 eau bouillante; la solution saturée à chaud et filtrée cristallise par refroidissement. — Précipité blanc de sulfate de plomb par l 'acide sulfurique. — Précipité noir de sulfure par Y hydrogène sulfuré ; la formation de ce précipité est précédée, en présence de l’acide chlorhydrique, de celle d’un chlorosulfure rouge. — Précipité jaune par le chromale de potasse; ce précipité est soluble dans la potasse et insoluble dans l'acide acétique.
39. Mercure. — Les sels de protoxyde donnent avec Y acide chlcn'hyclnque un précipité blanc de protochlorure '(Hg’Cl), noircissant par l’ammoniaque (Hg’Cl. Hg’AzH’). — La potasse donne un précipité jaune (HgO) avec les sels de peroxyde, et noir (Hg’O) avec les sels de protoxyde: les deux sont insolubles dans un excès de réactif. — Les sels de protoxyde et de peroxyde donnent un précipité de sulfures (Hg*S et HgS) par l'hydrogène sulfuré. La formation du sulfure HgS est précédée, en présence de l’acide chlorhydrique, de celle de chlorosulfures de couleurs diverses. Les deux sulfures de mercure sont insolubles dans l’acide azotique, même à chaud. — La potasse précipite en jaune les sels de protozyde (Hg’O); ce réactif versé en excès précipite en jaune les sels de peroxyde (HgO) ; mais, en présence des sels ammoniacaux, le précipité formé par la potasse dans les sels de peroxyde est blanc et a une composition analogue à celle du précipité produit par l’ammoniaque. — L'ammoniaque précipite en noir les sels de protoxyde, en blanc les sels de peroxyde avec production de combinaisons spéciales. — Les solutions des sels de mercure légèrement acides donnent sur une lame de cuivre décapée une tache de mercure volatil. — Le protochlorure d' étain donne immédiatement un précipité gris noir de mercure avec les protosels ; avec les sels de peroxyde, on obtient un précipité blanc (Hg’Cl) qui, si le réactif est en excès, devient gris rapidement à froid , et immédiatement à chaud , en se] transformant en mercure métallique.
40. Or. — Précipité noir par Yacide sulfhydriqite, soluble dans le sulfhydrate d'ammoniaque contenant du soufre en dissolution. — Le sulfure et les sels d'or donnent, par calcination, de l’or métallique.