LETTRE XVII
Sabilt^'Ilikity^ tiS septemlMre 178X
Dahs Dette aSwpe^ %mm {krtnce^ inovis êtes rhontmé^ et moi jje sois la Proridfikiee , quî^ «lehimt bien mieiuc cpia muMnémè ce qui peut oa ne peut pas toos cofiyenir^ "tous Êrvorise en yaas redisant Toiijet de totre demande. Cù scnoiit y en effet ^ une lecture bien intéressante pour tous que cdybe des lettres que vous recevriez de moi de tous les ocHns de la Champagne^ où> d^tds sbc se^ maînes^ je vas^ je viens ^ je ne cesse xk^ courir absolument oomme dans mie battue :
ma plus longue station a été à Maréuil ^ cbee M« le comtede Cioign j, bon seigneur^ qui veut que ^ à tommenœr par lui ^ tout le monde suit bien accueilli y bien traité ^ bien noum y bien libre, bien beurcux, dans un grand château, grand assurément, trop grand pour les réparations qu'exige son entretien.
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Mais ce n'€st pas le comte qui l'a fait bâtir; c'ait eé phàimaètle hististrique > cette dur cfaÊftse d'ÂJâgouléiiia morte de nos jours ' . Quand je db de nos jours > ce n'est pourtimt , ffrkces à Dieu^ ni das vôtres ni des miens ; c'est 5 par exBm^e> de ceux du vieux comte de Montmort ^ que vous avee tant vu dans la galerie , dans l'œil-de-boeuf , dans la chapelle y dans tous les lieux où^ se voit un major des gwdés. U a connu, même vécu ]ong*4raaps^ en qualité. de voisin^ avec mart dame la duchesse d'Ângouléme. U m'en contait Fautif jour mille détail3> et je croyais rêver en écoutant un homme me parler ds visu {je aérais s'il ne faut pas dire cle visa) de la bell&^-fille d'an Roi mort en i574> ^^<^ man étant né des amours de Charles IX et de Marie Touchet; car, comme le disait fort bien madame Amelot, qui possède à fond rhbtoire de France*, nos Rois ont toujours un peu donné dans le cotillon. Le comte de
• En 1713.
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Coigny a mieux fait; il a donné dans les jardins anglais^ ou plutôt dans les jardins naturels : c'est ce qu'avec les plus grandes beautés est , par excdlence , le jardin de MareuiL Nulle part on n'y peut apercevoir le travail des hommes ; il semble que ce soit ^ depuis mille ans qu'une source abondante mugit ^ bouillonne^ et s'échappe d'un amas de rochers , pour tomber, s'étendre et couler, pure comme le cristal ; dans un lit dont le gazon qui forme les bords a la finesse, la douceur et le lustre du velours. Aucune ruine , aucune antiquité menteiise, n'y présente aux yeux l'affligeante image de la destruction ; au contraire , une multitude d'arbres vénérables , encore pleins de vigueur, semblent donner aux habitans de cet asile le doux espoir d'être, comme eux , respectés par le temps; et la végétation des quatre parties du monde, rassemblée dans cette terre hospitalière, s'y développe avec tant de complaisance , que Salomon , qui con-
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naissait tout , depuis le cèdre jusqu'à l'hyssope, ne pourrait ,- s'il revenait occuper le ti^ône d'Israël , depuis si long-temps vacant , faire un voyage plus intéressant que celui de M areuil , ni qui pût mieux le mettre à même de montrer la vaste étendue de ses coiinaissances. Vous vous borneriez, pour les miennes, mon cher prince, à savoir de moi bien positivement si l'on fera ou non le voyage dé Fontainebleau; et, quoique je sois ici chez M. l'archevêque de Reims , avec des dames du palais, je n'ose vous rien affirmer là-dessus , parce que les lettres qui nous viennent disent tantôt oui , tantôt non ; qu'en un mot la poste est au variable comme un thermomètre dans l'équinoxe. Je crois pourtant , d'après mes petites nouvelles particulières , que la cour ira bien réellement à Fontainebleau du 7 au 9 d'octobre, pour jusqu'au 20 de novembre; et ce qui me parait entièrement décidé , c'est que M. le Dauphin passeï^ le même temps à Choisy,
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par conséquent madame de Polignac. Mais madame de Lamballe , mais madame la comr tesse Diane ^ mais madaiâe d'Ossun^ mais madame de Coigny, qui se proposent d'avoir des maisons a bouche que veux^tu^ vons nourriront de reste ^ tout gargantua qœ vous êtes. Au surplus, mon bon prinee, attendez seulement que je sois de retour à Paris, et tous Terrez ai je suis homme à tous oublier, oomme tous l'aTez crimindilement pensé. Moi , tous oublier I Adieu, mon dier prince. Je comptais ne tous écrire que pour TOUS dire que je ne tous écrirais pas, et Toilà quatre grandes pages remplies, de quoi ? d'inutilités ; tous savez bien que c'en serait une de plus , si je tous assurais que je TOUS aime tendrement.
Écoutez donc un petit moment. U me parait , par les lettres qui m'arriTent à l'instant, i*. que la Reine est décidément grosse; a"": que Fontainebleau n'est pas douteux : on ira le 7, et à Choisy du 4 au 7;
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5°. que M. le Dauphin et sa gouvernante passeront ce temps-là à La Muette ; 4^. que M. le duc de Goigny s'est démis de sa charge de colonel-général des dragons en faveur de M. de Luynes , qui s'est démis de celle de mestre-de-camp général en faveur du marquis de Goigny. G'est un sacrifice immense que le père fait au fils ; car, la guerre arrivant y il ne sera plus qu'un simple lieutenant-général , comme tant d'a\itres : Et in turbâ servientium projectus estj dit un nommé Tacite, qui ne s'énonce pas mal dans l'occasion. Madame de Voyer est morte justement pour célébrer l'anniversaire de la mort de son mari.