LETTRE XVI
Versailles y i^juin 1783.
Tout le monde se porte bien ici , mon cher prince , hormis la Reine y qui ne saurait se porter j^ à cause d'une foulure qu'elle s'est faite au pied^ et dont les suites la retiennent sur une chaise longue depuis mercredi ; ce léger accident > qui a eu lieu à la répétition que la Reine faisait de l'opéra du Tormelier, en a retardé la représentation , fixée d'abord à vendredi , et remise à mercredi prochain. Elle se fera à Trianon^ où la Reine ira s'établir demain pour toute la semaine.
L'autre pièce que l'on jouera avec celle-là est le petit opéra des Sabots * . Vous imaginez les acteurs y sans que je vous les nomme ; n'y placez pourtant pas le duc de
* Cette pièce y qui est de Cazotte, fut jouée sous le nom de Sedaine, avec la musique de Dunî.
SUR LA COUIt D£ FUiiKCE. :tgS
Polignac ni mad^nii^ <de Châlon , qai , w>n plus ^e te reste de leur bander fie sûm pas enoora t eveaos d'Angleterre» Nwi^ les attendons ee soir^ deouiin^ Kms tes jours, celui de leur départ ajant été ûxéy ^v$int ce que m'écrit madame de Coîgfiyy à jcoûidi deraii^; ce qui fait quHls auront eu y pour Gonnaitre à fond te sol , te <slimat ^ le gouvi^iiiemiait ) les mœors^ les ressources , les monumens et les personnages oélèbres de r Aii^leterre , neuf jours tout jt«$te* Notre ambassadeur^ arrivé à Londines, pour la pre^ mière fois de sa Tie, «me demi-^j^e^re airant eux^ leur aura été bien secourabte.
Nous sommes un peu nuls aetuellem^nt , mon cher prince ; tous nos gens à rëgiiâens sont partis pour quatre mois. En âiit de discipline et d^'exactitude militaires, nous ne badinons pas ; on n'y errait point wi colonel propriétaire se divertir à Paria pen^ dant que son régirent manœuvre k Thion* viite, comme vom vousdivertissez k Brustelles
i^gô LETTRES INÉDITES
pendant que le vôtre pirouette à Mons , vice monstrueux y sur lequel les regards vigilans de rjEmpereur ne manqueront pas de s'arrêter. Nous sommes au moment de perdre le vieux, prince de Lichtenstein ^ qui. va, je crois , bien dormir de Paris à Stockholm* Avant-hier, profondément endormi dès dix heures du soir, il se réveilla vers minuit et demi pour se plaindre de ce que Ton ne veillait plus en France. » •
L'inoculation de la bichette a réussi le mieux du monde ; je l'ai gardée et ramenée à Paris, d'où l'on ne veut pas qu'elle revienne avant quinze jours encore > à cause de M. le Dauphin.
.M. le. comte d'Artois compte toujours vous aller voir à Belœil dans les commencomens du mois prochain , et je ne présmne pas que rien puisse le détourner de ce voyage. Lô comtesse Diane dit qu'il lui semble qu'elle vous a écrit ; il vous semble que non : il me semMe qu'il y a là de l'erreur de quelque
côté; mais vous êtes tous deux si capables d'y tomber, que je ne sais bonnement lequel se trompe. Quoi qu'il en soit , elle vous dit mille choses , et madame de Polignac aussi.
La Reine a y pour son été , trois princesses de HesserEhirmstadt y qu'elle aime fort , et qu'elle loge ici dans l'ancien appartement de iDadame de Polignac ; elles sont accompagnées de leur frère , le prince George , que vous connaissez sans doute. Nous croyons que le Roi donnera dimanche les douze cordons bleus vacans. Voulez-vous que j'en demande un pour trancher avec le xouge de votre toison ? voyez comme cela sied bien k M. d' Aranda. Adieu , mon bon {Hrince.
. Soùvencz-^ous de moi , je vous en prie , auprès du prince et de la princesse Charles.
EstrU vrai qu'elle va partir pour àpa ? Je voudrais bien y aller ; sa société m'y vaut mieux que sa séparation.
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