‹ Tableaux de genre et d'histoire, peints par différens maitres: ou, Morceaux inédits sur laChapitre 45 sur 47 · acte lui semblait pénible, plus il était digne · texte numérisé non relu

acte lui semblait pénible, plus il était digne

de lui. <( Voulez-vous , lui dit-il , trompet la

« confiance d'un !Roi qui n'avait mis qu'en vous

« l'espoir de son salut ? Ne serez-vous pas tou-

« ché du sort de la Reine, de cette princesse

<i dont vous honorez le caractère , et dont une

((imprudence pourrait si cruellement aggraver

« les malheurs ? — Vous le voulez ? dit Mira- <( beau-, soyez satisfait. J'y consens : emportez, <( détruisez ces papiers. » Et comme M. le comte de *** quittait la chambre , Mirabeau le rappela un moment , et lui dit : Momicur le connaisseur en belles morts , étes-uous content?

Ces papiers ne furent pas détruits : ils renfermaient des conseils dont la sagesse importait trop au raffermissement , éloigné ou prochain , de l'autorité monarchique. Par l'ordre exprès du Roi , M. le comte de *** les conserva.

Louis XYI savait à quel ami respectueux et fidèle il remettait ce précieux dépôt. On va lire la première lettre de cette correspondance telle que je l'ai vue moi-même, tout entière, de l'écriture de Mirabeau , dans les mains honorables dont je la tienb.

DE

Jl ROFONDÉMENT touché des angoisses du Roi 9 qui a le moins mérité ses malheurs personnels; persuadé que s'il est dans sa situation un prince à la parole de qui l'on puisse se fier, ce prince est Louis XVI; je suis cependant tellement armé par les hommes et par les événemens contre Fattendri^senient qui naît du spectacle des vicissitudes humaines , que je répugnerais invinciblement à jouer un rôle dans ce moment de partis^lités et de .confusion, si je n'étais convaincu que le rétablissement de l'autorité légitimée du Roi est le premier besoin de la France et l'unique moyen de la sauver.

Mais je vois si clairement que nous sommes dans Fanarchie, et que nous nous y enfonçons tous les jours davantage ; je suis si indigné de Tidée que je n'aurais contribué qu'à une vaste démolition , et la crainte de voir un autre chef à l'État que le Roi m'est si insupportable , que je me sens impérieusement rappelé aux afiaires dans un moment où , voué en quelque sorte au silence du mépris , je croyais n'aspirer qu'à la retraite.

Dans cette occurrence, il est aisé de croire que les dispositions actuelles d'un Roi bon et malheureux, à qui ses conseillers et jusqu'à ses infortunes ne cessent de rappeler qu'il a à se plaindre de moi , et qui cependant a la courageuse et noble idée de s'y.

Confier, sont un attrait auquel je n'essaierai pas de résister. Voici donc la profession de foi que le Roi a désirée; il daignera luimême en désigner le dépositaire (car les règles de la prudence lui interdisent de la

garder) > et cet écrit restera à jamais mon arrêt ou mon témoin.

Je m'engage à servir de toute mon influence les véritables intérêts du Roi , et , pour que cette assertion ne paraisse pas trop vaguç , je déclare cpie je crois une contre-révolution aussi dangereuse- et mminelle y que je trouve chimérique^ en France, Fespoir ou le projet d'un gouvernement quelconque sans un chef revêtu du pouvoir nécessaire pour appliquer toute la force publique à l'exécution de la loi.

Dans ces principes, je donnerai nton opinion écrite sur les événemeus, sur les moyens de les diriger, de les prévenir s'ils sont à craindre , d'y remédier s'ils sont arrivés^; je ferai mon afiaire capitale de mettre à sa place dans la constitution le pouvoir exécutif, dont la plénitude doit être sans restriction et sans partage dans la main du Roi.

11 me faut deux mois pom* rassembler.

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