‹ Tableaux de genre et d'histoire: peints per différens maitres; ou, MorceauxChapitre 14 sur 46 · LETTRE III · texte numérisé non relu

LETTRE III

M. DIDEROT A M. FALGONET.

Vous n'êtes point béte^ je tous le jure; vous avez fait seulement un petit pas du coté du vrai; si j'en fais xm autre nous pourrons bien nous donner la main.

Je ne méprise pas le compteaity ni vous non plus y je ne serai pas embarrassé de tous montrer que l'idée présente que j^ai du jorgement de la postérité est du comptant^ puisque j'en jouis et que j'en suis heureux.

Vous en jouissez vous-même, moins qwe moi peut-être , quoique vous y ayez plus de droit y parce que c'est une afiaire de caractère ; mais vous en jouissez , puisque vous convenez assez iBranchement qu'après tout il vaut mieux être préconisé par une voix qui loue sans cesse que par une bouche qui se tait , quand nous n'avons plus d'oreilles. Il faudrait que vous Aissiez fou ou peu vrai ,

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si vous uavotnez du- ihoin» cpie Fidée actuelle en est plue flatteuse.

Vous m'accufiiez de pHwairpas répondu à taat, etd'a^HHrfait l'eweugle quand je vous aoeusais défaite le sourd. Je n'ai pas mon ^ififimnage tout présent , vxm je ne croîs pas Totre répoofie bien fondée.

Je ne tiens point TOtre diemière letti« pour répondue^ Au demeurant ajez 1^ botté de considérer^ mcm vstÀy que c'est Vous cpui défendez le paradoxe^ et quie^ par conséqueaifc c'est^ a k yérité^ le côté Trai qui est pour HUri , mais que c'est vous qui a^ez le câfaé alnnKantl

Vous pbdsaiMz tant qu'il iroos pbil; y elt il ;&ut^ moi^ que |e sois tonîouFs sérieux.

Piable I il n'est pas question de plaiaaaaitefr quand il s'agit àà la Tapeur qui repait les narines des dicnu ^ de la fumée odorifânnte qui embaume nos temples, et du bonheur de mâdier la fieuiUe sacanée cpii fait le& prophètes.

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A propos^ pourriea^'TOUs bien me dire, mais ïky en votre âme et conscience, comme û You» étiez devant Dieu y que la trompette sonnât y que nous l'entendissions tous deux , et que je pusse lire au fond de votre cœur, pourriez-TOus me dire si y tandis que moi qui ne regretterais ni un louis, ni deux, ni trois, ni quatre (voilà mes moyens), pour rendre votre Pjrgmalion et plusieurs de vos ou** vrages à jamais invulnérables par la main du temps, vous ne donneriez pas , vous cpii en êtes le père, et qui devez avoir des entrailles , un écu pour assurer la même prérogative à ces précieux enfans-là? Si je vous fais une fois lâcher un écu , prenez garde.

Et vous aurez bien de la peine à ne pas lâcher le premier écu , car il serait , pardieu, aussi fou de tenir les cordons de sa bornée serrés pour ce que je voua demande , qu'il le serait de ne pas rendre au même prix l'immortalité avec toute la fraîcheur de la jeunesse à des enfans de chair et d'os k l'édu-

cation desquels on aurait donné des soins infinis, et qui feraient un honneur universel a l'institution paternelle.

Est-ce que tu n'es pas père ? est-ce que tes enfens ne sont pas de chair ? est-ce que quand tu t'es épuisé sur un morceau qui te satisfait, après le souris d'approbation, il ne te vient pas un soupir de regret sur la lèvre en pensant que passé le présent , tribut précaire du jour, tout sera fini demain pour l'ouvrier et poiu» l'ouvrage ?

Et certes, regardant et voyant ces pieds, ces mains, ces têtes, ces membres si délicats, je me suis quelquefois écrié douloureusement : Pourquoi faut-il que cela finisse ! et c'était du plus profond de mon cœur. Pouiv quoi le même sentiment, la même peine n'aurait-elle pas été au fond du tien plus ou moins fortement sentie et prononcée ?

J'ai dit de ton ouvrage ce que j'ai quelquefois dit de Voltaire même , lorsque son poëme m'enchantait et que je pensais à la

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caducité qui le •- touche ( et la caducité a un pied sur le tombeau et Tautre pied sur le gouffre ) : Pourquoi faut-il que cda meure !

Allons , mon ami ^ là^ avoue^mot que tu es , que tu. as été ^ et que tu seras un peu plus que tu ne dis. Si tu avais &it une ebochyaise chose sur laquelle il y eût écrit Falco-net fecii , qu'eUe f&t placée de manière à rester après toi ^ et que tu ap{»*isses qu'elle est brisée ^ certes^ tu t'en réjouirais. A l'ap* plication. .

Avez-vous le diable au corps ^ monsîeur- Falcqtiety de tue faire saboter comme un pot y et d'enfourner dans un courant d'étude ma tétè que d'autres êtres appellent? Au premier instant de loisir et de boiine hu-* meur, et puis je rqu-ends mon Olinde* Bonjour^ sophiste.

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