‹ Tableaux de genre et d'histoire: peints per différens maitres; ou, MorceauxChapitre 31 sur 46 · LETTRE VIII · texte numérisé non relu

LETTRE VIII

Venaillesy so avril 1783;

Je Youft aï dit , mon prîiiGe , que le yoyage*de Mariy commenoerait le ai y et peut-être vous étes-vous arrangé pour cette époque-là , qui ^ dans le moment où je vous écrivais ^ était certaine y c'est-à -dire fixée ; mais on n'avait pas compté sur l'érysipèle qui s'est établi , depuis vingt-quatre heures, snr une des deux belles joues de la Reine.

11 s'est joint à cet accident, que l'on croit provenir d'un reste d'humeur laiteuse , un peu de fièvre; et nous ne pensons pas que ^ous ces petits jbobos , venus à la suite d'un gros ^ catarrhe , peimettent à la Reine de songer.^ à s'établir de sitôt dans la demeure humide de Marly. Partant, mon cher prince, ne fondez rien sur ce voyage; et si vous aviez formé le psojet d'y violer madame de Simiane ou madame de Coigny, tenez -vous pour

SUR LA CXIUR DSL FRANCE. s63

aTerli €pk% faut chercher un autre théfttre k vo^ emportemois. Machiiie de Potiguac st mû à l'éstaiigrâc f mn mari » la gorge ^ madaine de.Guiche ati ooecur, la comtesse Diane au felè; moi^ portûttt^ quand je tola ees i;mséral)lei aantés-bta... Conmaisfiies-vôtis le petit Duroure, xxn des phis jolis, âen plu»

aimiables, des mteox nëd de sa génération?

Par respect pcmr la stupide dévotion de sa

mère y qui regarde rinoctOaticm eommé une impiété;^ oe Ixm jenne homme n'atait osé se ùàre inoculer; la petite-Térole lui est venue. Il ne savait pas que ce fôt elle; sa mère , après l'avoir foi dès le premier in-cËce , lui a écrit que sa maladie était la petite*vérole , et qu'il eût à se confesser au plu» vite. Il pouvait bien , au jitÉs fort de la sappuration , être saisi par la lecture d^une pareille lettre , et tout de suite en msonrir, comme de fait il n'y a pas manqué. Toute la société se déchaîne y avec raison ^ contre son imbécile de mère ^ qui l'a tué ) contre son

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yilâîn père , qui l'a planté là pour suivre aa sotte fconme; et oontre sa sœur, madame de Saisseyal, qui, recousue, criblée de petite vérole, a dit qu'on pouvait l'avoir deux fois, et, ^^essus, s'est opiniâtrement refosée à mettre les pieds dans sa chambre. En vérité, je crois que cette Êimille^là descend des Atrides. On croit que le grand^uc arrivera ici du lo au i4'- Paris est plein de Russes qui f attendent : j'ai distingué l'autre jour, dans leur foule , ce prince Gagarin qui vous doit cent roubles. Il voulait m'aborder, je me suis esquivé;^ il a couru après moi, j^ai couru plus vite que lui, et m'en voilà quitte jusqu'à la première occasion. M, de Liancourt ne m'a rien dit encore au sujet de M. Le Gros ; mais il a , dans ce moment-*ci , de bien plus grandes, afiàires, U ne projette pas moins que d'aller en personne au siège de Gibraltar; et, pour cela, je crois qu'il

' Le grand-<luc de Russie , qui fut depuis Paul ï*% voyageait alors sous 4e nom de comte du Nord.

va prendre un régiment d'infanterie d'un homme qui prendra son régiment de dragons , et puis qui le lui rendra quand Gibraltar sera rendu. Je vaudrais, par curiosité y voir proposer un de ces micmacs à l'Empereur ou bien au roi de Prusse , pour voir un peu ce qu'ils en diraient.

J'ai reçu hier, par un courrier de M. le baron de Breteuil , le plus joli dessin du m^onde ^ encadré dans une boite de bois pé:trifié blanc , et puis un étui de bois pétrifié aussi , monté mieux que Drais n'eût pu faire. Or, la boite était de madame d'Hoyos et l'étui de madame de Glary. Je ne sais comment reconnaître de si channans témoignages de souvenir ; j'ai envie , pour faire quelque chose de bien extraordinaire, de leur répondre en vers grecs. Adieu , mon cher prince , mettez-moi aux petits pieds de la princesse Charles , et recevez le fidèle hommage de tous mes tendres sentiiiaens pour vous. L'hôpital Jules vous dit mille jolies choses.

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