Giccr., l inon, passim
évidente que les libertés locales les plus étendues n’auraient rien de réel, tant que la gestion des magistrats ne serait pas l’objet d’un contrôle sévère, et qu'on verrait régner, dans les tribunaux de Rome, la corruption et l’impunité des crimes publics.
Les rois amis ou alliés ' formaient une classe de hauts tributaires à qui Rome avait imposé, suivant les circonstances de leur soumission, des redevances plus ou moins fortes en troupes et en argent. Leur situation, semblable en beaucoup de points à celles des peuples libres, était à peu près sans garantie ; le sénat pouvait leur écrire comme Auguste à Hérode, roi des Juifs : «Je t'ai tenu pour ami jusqu’à présent, je veux « te tenir désormais pour sujet 1 2 ; » et « l’instrument « de servitude 3 » était brisé, ouïe royaume confisqué. Dans les derniers temps, les querelles intestines de Rome, les rivalités des chefs, les guerres civiles, rendirent cette condition encore plus précaire.
Tel était le régime légal des contrées romaines extra-italiques; et, évidemment, il valait mieux endroit qu’en fait. La constitution des pays amis ou fédérés reconnaissait un principe excellent, que Rome dévc-
1. Regcs atnici, socii ; Reges inservientes. Tarit., Hist., n, 8t.
2. Sc eum aliquando in amicis habuisse, nunc pro scrvo habiturum. Joseph., An/., éd. Havercamp, 9, 3, xvi.
3. Veterc et jampridem reccpta popnli romani consuetudine, ut liaberet instrumenta servitutis, et regcs Tarit., Agric., 1 4.
loppa plus tard sur des bases plus uniformes, le principe qui fait la force et la prospérité des grandes sociétés politiques, celui de l’indépendance communale. Dans les provinces même, quoique la formule constitutive fût censée abolir toute législation locale préexistante , et commencer une ère d’organisation complètement nouvelle , il arriva la plupart du temps que les institutions antérieures à la conquête furent conservées en partie, par l’impossibilité ou l’inutilité de tout changer brusquement 1 . D’ailleurs les concessions de liberté et d’immunité faites à des villes et à de grandes fractions de province étaient nombreuses, et préparaient un adoucissement graduel pour les populations assujetties. Mais tout ce qu’il y avait de bon dans ce régime manquait de solidité; la loi était sans vigueur; l’arbitraire exercé par les gouverneurs s’étendait à tout ; rien n’était respecté ; et durant le dernier siècle de la république, au milieu des troubles qui la déchiraient, on vit la faiblesse ou la complicité des tribunaux absoudre des plus grands crimes ! ; des crimes qu’on serait tenté de révoquer en doute , si l’histoire n’avait confirmé, par des arrêts irrévocables, l’infamie des Pison, des Gabinius et des Verrès.
11 serait injuste, sans doute, de faire peser sur les