PRÉFACE
développements que ne réclamaient ni son ancienne destination ni son ancienne forme ; je lui ai donné la contexture méthodique d’un livre écrit pour luimême ; je l’ai complété enfin par une dernière partie qui, présentant la société barbare en face de la société romaine, expose, dans ses différentes phases, le mouvement d’action et de réaction qui s’opéra d’un monde à l’autre, et les attractions mutuelles de la civilisation sur la barbarie et de la barbarie sur la civilisation. J’ai lié par ce morceau le berceau de Rome au berceau des nations modernes : les grandes destinées du peuple civilisateur remplissent l’intervalle.
Ces idées, tout à fait nouvelles en 1840, quand je les livrai à la publicité, ont, si l’on me permet cette expression, fait leur chemin aujourd’hui. Le premier et le plus cher de tous les suffrages m’est venu de l’Institut : moins d’un an après la publication de mon livre, l’Académie des Sciences morales et politiques daignait à l’unanimité m’ouvrir ses rangs. Depuis lors, ce qu’on avait appelé un système entra dans le domaine public de l’histoire, et il y reste à peu près incontesté : j’en ai pour garants les ouvrages composés depuis vingt ans sur l'histoire romaine soit en France,