‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 63 sur 229 · Spanh., Orb. rom. ex., i · texte numérisé non relu

Spanh., Orb. rom. ex., i

l'Occident, et en particulier l’Espagne, qui attira son attention et eut part à ses faveurs.

Auguste fit trois fois le dénombrement des citoyens. Le premier, celui de l’année 726, vingt-huitième avant notre ère, fournit un total de 4,064,000 citoyens* en état de porter les armes, et dans les conditions d’âge et de position civile exigées à Rome pour l’inscription au tableau censorial. Le second recensement, fait en 745, produisit 4, 163 ,000 citoyens *, ce qui élevait la population romaine de l’empire à 16,652,000 âmes au moins. Si l’on ajoute à ce chiffre le chiffre bien autrement fort des Latins et des provinciaux, qui attendaient dans les diverses catégories légales l’instant où ils acquerraient le droit de cité, on doit reconnaître que l’assimilation était déjà notablement préparée.

Où le génie d’Auguste, génie de classement et d’ordre, comme on vient de le voir, déploya sa vraie supériorité, ce fut dans la constitution administrative des pays extra-italiques, dans la meilleure distribution des pouvoirs provinciaux, dans la concentration de tous les ressorts de cet immense gouvernement entre ses mains.

1. Euseb. — D’après le monument d’Ancyre, 6,063.000. — D’après Suidas, 6,011,017.

2. D’après le monument d’Ancyre. — Cf. Beaufort, Républ. rom., ni, 155.

Il classa les provinces sous le double point de vue de la sûreté extérieure et de la tranquillité intérieure de l’empire ; se réservant toutes celles qui exigeaient à ces deux titres de grands rassemblements de troupes, et laissant au sénat la direction des autres, où rien ne menaçait la paix publique 1 .

Les premières, qu’on appela provinces de César, ou provinces impériales, comprirent, en Occident, la Gaule transalpine tout entière et l’Espagne tarraconaise et lusitane; en Orient, la Syrie, la Phénicie, la Cilicie, l’ile de Chypre et l'Égypte. Auguste rendit plus tard au sénat l’tle de Chypre et la Gaule narbonnaise, et lui reprit la Dalmatie, où la guerre nécessitait une grande concentration de forces 2 . Ces déclassements portaient le nom d’échanges entre le peuple romain et César.

L’empereur dirigea seul le gouvernement des pays qu’il s’était ainsi dévolus ; il réglait par son conseil privé toutes leurs affaires; nommait et révoquait leurs magistrats; jugeait en dernier ressort ou faisait juger sous ses yeux les accusations et les plaintes qui s’y rattachaient.

Les autres provinces continuèrent à être gouvernées par’ des proconsuls à la nomination du sénat;

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