‹ Tableaux de la révolution française; an historical French reader ed. with notesChapitre 28 sur 83 · FÊTE DE LA FÉDÉRATION, 14 JUILLET, 179O · texte numérisé non relu

FÊTE DE LA FÉDÉRATION, 14 JUILLET, 179O

Le 14 juillet arriva, la révolution eut peu de journées si belles ; le temps seul ne répondit point à cette magnifique fête. Les députés de tous les départments furent présentés au roi, qui les accueillit avec beaucoup d'affabilité ; il reçut aussi les plus touchants témoignages d'amour, mais comme roi constitutionnel. — " Sire," lui dit le chef de la députation bretonne, en mettant un genou en terre et en lui présentant son épée, "je remets en vos mains l'épée fidèle des braves Bretons, elle ne se teindra que du sang de vos ennemis." Louis XVI. le releva, l'embrassa, lui remit son épée. " Elle ne saurait être mieux," répondit-il, "qu'entre les mains de mes chers Bretons, je n'ai jamais douté de leur tendresse et de leur fidélité : assurez-les que je suis le père, le frère, l'ami de tous les Français." — " Sire," ajouta le député, " tous les Français vous

chérissent et vous chériront, parce que vous êtes un roi citoyen."

Le matin, à sept heures, le cortège des électeurs, des représentants de la commune, des présidents des districts, de l'assemblée nationale, de la garde parisienne, des députés de l'armée, des fédérés des départments, partit avec ordre de l'emplacement de la Bastille. La présence de tous les corps nationaux, les bannières flottantes, les inscriptions patriotiques, les costumes variés, les sons de la musique, l'allégresse du peuple, rendaient ce cortège imposant. Il traversa la ville et passa la Seine au milieu d'une salve d'artillerie, sur un pont de bateaux qu'on avait jeté la veille. Il entra dans le Champ-de-Mars, en passant sous un arc de triomphe, décoré d'inscriptions patriotiques. Chaque corps se mit, avec ordre et au bruit des applaudissements, à la place qui lui était destinée.

Mignet, Révolution Française, vol. I., pages 142,

Page 1