DE 1O À 4 HEURES
Conditions de la Vente :
La vente se fera au comptant, avec augmentation de dix pour cent.
L’authenticité des œuvres est garantie, des certificats seront délivrés sur demande.
L'exposition mettant le public à même de se rendre compte de l'état et de la nature des objets, il ne sera admis aucune réclamation une fois l’adjudication prononcée.
On aura le plus grand soin des objets adjugés, sans toutefois répondre des accidents qui pourraient y arriver après l’adjudication, l'enlèvement
devra se faire au plus tard le lendemain de la vente, avant midi.
SSSR
THÉODORE VERSTRAETE
oict un an que la mort a frappé THÉoporE VERSTRAETE ; et voici plus de dix ans déjà que l’art belge l’a perdu, — car bien avant que la mort le séparât de nous, la maladie avait
paralysé le pauvre artiste... Depuis ce temps, l'éclat solide
et pur de son talent n’a point diminué. L'épreuve est faite définitivement. Sa mémoire ne périra point. VERSTRAETE restera comme un des rénovateuts les plus sains et les plus robustes du Paysage flamand.
L'histoire artistique du dix-neuvième siècle nous montre la fièvreuse évolution du Paysage, sa lutte constante contre la convention et les formules, sa marche glorieuse vers sa complète libération. Cette libération se résume en deux mots : retour intelligent aux anciennes traditions de l’art néerlandais, et sentiment plus vif et plus sincère de la nature.
VERSTRAETE est, au premier rang, parmi ceux qui y travaillèrent et aidèrent ainsi à l'épanouissement du Paysage moderne.
Au dessus des partis-pris de réalisme, de naturalisme, d'impressionnisme, et après les conquêtes faites pour arracher, un à un, à la Vérité, tous ses secrets, VERSTRAETE fut de ceux qui, en Belgique, ne se préoccupa que d’une chose : mettre dans la Nature sa propre émotion. Tous les grands peintres furent des peintres émus. Ils ont traduit leur âme en traduisant
la Vie.
(x) Né à Gand, en 1850; — mort à Anvers, en Janvier 1907.
L'âme de THÉopore VERSTRAETE était une âme flamande. Aucune peinture ne porte plus fortement que la sienne la marque traditionnelle de notre Ârt, par sa belle santé et sa communicative naïveté. Elle est d’un coloriste, dont la vision est sensible aux nuances infinies de la lumière. Elle est d’un vrai peintre, connaissant à fond son « métier ». Et elle est, en même temps, d’un poète, doué des qualités les plus humaines et les plus personnelles.
Le génie de VERSTRAETE, Ç'a été sa conscience, sa probité artistique, — si rare, ét si difficile à maintenir, au milieu des tentations multiples de l'existence, — cette probité qui lui fit un devoir de ne jamais travailler qu’en plein air, de ne jamais être infidèle à la nature, de la vouloir telle qu’elle est, parée du seul rayonnement de son cœur d’amant. Certaines de ces toiles semblent tout imprégnées de la fraîcheur de l'air, du vent qui les a secouées, du sable qui les fouettées. On y devine, avec l'odeur même de la campagne ou de la mer, l’emportement, la verve, l'élan du peintre. En d’autres, on croirait sentir la caresse de sa main et palpiter sa tendresse de fils. Et toutes, qu'elles chantent le printemps ou l’automne, l'hiver ou l'été, respirent la santé superbe et robuste des choses, telles qu’elles sont, sans vaine flatterie, sans sourires trompeurs.
L'art de VERSTRAETE est un art sincère, qui ne ment jamais.
Profondément sensible et humain, épris de la vie sous toutes ses formes, il devait être plein aussi d’une grande pitié. Pitié non pas plaintive et protectrice, mais fraternelle et réconfortante. VERSTRAETE n’a pas voulu séparer de la nature l'Homme ; il a vu sa misère, calme et résignée, le long des routes et des halages, dans le mystère des nuits, au seuil des cabanes que la mort visite, et jusque dans l'herbe humide des pauvres cimetières de village. Sans déclamation, sans phrases, dirais-je, rien que par le spectacle silencieux de la poignante réalité, il a exprimé combien la douleur des choses s'unit étroitement à la douleur des êtres.
Par ce rôle expressif qu’il a fait jouer à l’homme dans le spectacle de la nature, avec laquelle il fait corps, si intimement, THÉODORE VERSTRAETE mérite une place à part parmi les grands paysagistes de notre époque. Le
paysan de VERSTRAETE est plus vrai que celui de Millet, auquel on l’a com-
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