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» Schlotheim, enfin (Petrefactenkunde, fig. 26), parle d’un fémur de Fulica du charbon tertiaire de Koltenowheim.
» Mais qui serait assez hardi pour se prononcer sur ces objets sans les voir et les comparer? Plus on est exercé, plus on répugne à se former une opinion, ne füt-ce même que pour soi, d’après des descriptions, quelque détaillées qu’elles puissent être, ou d’après des figures plus ou moins médiocres.
» Aussi ne parlerons-nous que pour mémoire des reliques ornithologiques trouvées par Thurmann dans les soulèévements jurassiques, parmi les fameux Sauriens et Chéloniens du calcaire portlandien de Soleure; et nous dirons seulement que des restes plus authentiques, sinon tout à fait aussi anciens, sont ceux mentionnés par le D' Mantell, dans la forèt de Tilgate, en Sussex, et reconnus par Owen comme appartenant à des Échassiers.
» Renvoyons donc l’ornithologiste curieux de s’instruire en Paléontologie : en ce qui concerne l’Europe, aux écrits de Lamanon et de Camper qui décrivirent les premiers en 1782 et 1786 des restes d'Oiseaux du gypse éocène de Montmartre, bien avant la puissante impulsion donnée par Cuvier, suivi si noblement par MM. Dufrénoy, Croizet, Brongniart, d’Orbigny, Bravard, Jobert, Laurillard, Marcel de Serres, Gervais, Hébert, Lartet, Pomel, etc., en France; le regrettable Schmerling, et le laborieux champion de la géologie et de l'anthropologie, d'Omalius d’'Halloy, en Belgique; MM. Pictet et Esscher, en Suisse; Nesti, Risso, Savi, Metaxa, La Marmora, Costa, Gemellaro, etc., en Italie; Fischer, Brandt, Eversmann, Keyserling, en Russie; Nilsson, etc., en Scandinavie; Buckland, Owen, Bowerbank, Broderip, Wetherell, Mantell, etc., en Angleterre; Karg, Môsler, Germar, von Meyer, Konig, Wagner, Kaup, Nitsch, Giebel, etc., en Allemagne. Consultez, pour l'Asie, les travaux de Pallas, de Blyth, et surtout ceux de Falconer pour l'Inde ; pour l'Amérique du sud, profitez des études de l’infatigable Lund ; pour la septentrionale, choisissez parmi cent autres les écrits de Deane, Hitchcock, Peale, Godman, Lea, Cooper, Warren, Hays, Morton, etc.
» Conseillons surtout au paléontologue ornithologiste de visiter par luiméme les localités les plus intéressantes, parmi lesquelles nous nous permettrons de lui signaler, sans oublier Gibraltar et d’autres points beaucoup moins visités de la péninsale Ibérique, de l'Italie et de la Corse, les brèches de la Sardaigne et le célèbre Monte Bolca; en Angleterre, les îles Sheppey, Kirkdale, Maidstone, Lawford, les environs de Torbay et de Norwich, et surtout les terrains argileux de Londres, près de Primrose Hill; en Belgique, Chokier
près de Liége, puis Engis et Remouchamps; en Allemagne, OEningen, Koltennordheim, Ottmuth dans la Silésie supérieure, Wechevegeln près Magdebourg, Neustadt dans le Hartz, Karstoff, etc.; et dans notre belle France, la plus grande partie de l'Auvergne, surtout le Cantal, à Pont-du-Chäteau, à Gergovia et au Puy-en-Velay; les environs de Montpellier, d'Aix, de Cette, de Perpignan, Saint-Antoine, Willane, Saint-Gilles, Sansan, Bize, Avison, Sallèles, Poudres près Sommières, et surtout Meudon et Montmartre, qui, quoique plus rapproché, est peut-être encore la localité la plus instructive!
» Il résulte de ce que nous venons d'exposer aussi succinctement que possible, que presque tous les Oiseaux dits vulgairement antédiluviens paraissent avoir appartenu aux deux Ordres INEPTES et RUDIPENNES qui nous semblent se représenter chacun dans sa série, le premier faisant partie des ALTRICES ou Sitistæ, le second des PRÆCOCES où Autophageæ. Il y a cependant entre eux une telle analogie, nous sommes le premier à le reconnaitre, qu'on ne saurait s'étonner que les plus grands et les plus clairvoyants zoologistes de notre époque les regardent comme ne formant qu'un seul et même Ordre.
» Par ces raisons, nous avons réuni ces deux Ordres (des Zneptes et des Rudipennes) dans un seul Tableau comparatif et parallélique, comme la puissante loi de l'analogie nous a déjà décidé à le faire pour les Airondelles, les Martinets et les Engoulevents, qui offrent des rapports parfaitement identiques ; laissant, comme à l'ordinaire, au lecteur studieux et réfléchi le chapitre sans fin des commentaires. »
(10) CONSPECTUS INEPTORUM