‹ Tableaux poétiquesChapitre 1 sur 27 · ALEX"^^ SOUMET · texte numérisé non relu

ALEX"^^ SOUMET

^^^UR ces bords où du soir la brise est parfumée , Où d'ua soleil plus beau la terre est plus aimée , Où rboimue par des ebauts exprime ses douleurs , Où l'oiseau plus joyeux chante au milieu des fleurs,

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Tu naquis , ô Soumet ! tu naquis pour la gloire ; Vers elle tu tournas tes vœux adolescens; Et , dans tes premiers jeux , une lyre d'ivoire Mêla ses doux accords à tes premiers accens. Ton beau ciel enivra ta poétique enfance Des parfums d'un encens qu'il t'avait destiné ; Et Toulouse inscrivit le doux nom de Clémence* Sui' ton luth immortel de ses flem^s couronné.

Us sont plus enivrans les accords de ta lyi'e

Que ces pai-iums légers qui montent dans les airs.

On retrouve son coeur et le premier délire

De ses jeunes amours , en relisant tes vers ;

Car tes vers sont si doux! ils jettent dans les âmes

Cltmeiice Is.ture.

Des troubles meonnus , de longs enchantemeiis : Tendres, chastes et purs, ils ressemblent aux femmes, Et c'est peu qu'ils soient beaux tes vers , ils sont charinans î Tes vers sont pleins d'amour, tes vers sont l'amour même. Conune elle doit t'aimer celle que ton cœur aime! Et , fière chaque joiu- d'un triomphe nouveau , Avec ravissement comme elle doit entendre

Ton nom , que l'amour rend si tendre !

Que la gloiie a rendu si beau !

Comme ces Rois chrétiens , que Dieu semblait élire , Qui consacralentleur glaive au tombeau du Saint-lieu, Pour tes premieis succès lu consacras ta lyre Sur l'autel même du vrai Dieu.

Des armes de la foi tu combattis le doute , * Tu montras ce flambeau que le méchant redoute Scn incrédule orgueil fut percé de ton dard; La Vérité parut céleste et diaphane ; Et ta Muse attacha sa couronne profane A la croix du saint étendard.

Ta voix , en soupirant , nous dit la plainte amère De l'enfant du hameau sur la pierre oublié , ** De cette fille , en pleiu's , qui demandait sa mère ; Et pour elle ton cœur nous donna sa pitié. Celle dont l'avenir n'avait point de promesses, Qui ne trouva jamais de toits hospitaliers , A maintenant sa part à toutes les caresses

" Le premier ouvrage de M. Soumel est le poème de l'IiicréduliU'. " Tout le monde connaîl la délicieuse élégie de la Pauvre FUIi!.

Et sa place à tous les foyers.

Mais Saiil est maudit , et sa bouche blasphème , * Et contre Jéhova suscite les enfers; Un berger , un enfant , mais choisi par Dieu même , Paraît dans Israël et vient briser ses fers. Aux appels d'une voix à ce monde étrangère , De la voix qui tira les soleils du néant , Avec son faible bras et sa fronde légère , Le berger se présente au coml3at du géant; Et la Muse frémit quand son hymne commence, Car elle doit mêler , dans ses chants glorieux , Les cris des réprouvés et les concerts des cieux. Le poète et Tenfant , de cette lutte immense , Tous deux sortent victorieux.

Saiil, tragédie.

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Ce n'est pas d'un vain son la douceur é{)hëmère , L'avenir entendra ce chant qui nous ravit , Comme un son éclia]:)pë de la lyre d'Homère Ou de la harpe de David.

Et puis tu la vengeas la céleste Amazone* Qui partit du hameau pour couronner son Roi. Sa belliqueuse ardeur dans ton âme résonne, Et tu marches comme elle avec un saint efifroi. Tu la suis dans les cours , dans les fers , sous les tentes ; Dans le ciel , qui l'attend , tu semblés la chercher ; Ta muse est la colombe aux ailes éclatantes Qui s'élance de son bûcher.

Mais l'on dit qu'une Fée , eu sou briUant empire , **

* Jeanne d'Arr , Iragédie.

"Le succès des opéras de M. Souiuel iiflligeiail les amis di' sa gluiie s'il le ditouroait de la carrière tragique.

T'ouvre un palais magicpie où ta muse soupire ; Où cent jeunes beautés , se tenant par la main , Sous les paillettes d'or , sous le lin des bergères , Enlacent le poète en leurs danses légères , Et du temple sacré lui ferinent le chemin. De ces enchantemens crains la douceur perfide; Souviens-toi de Renaud dans les jardins d'Armide; Fuis , fiiis de ce séjoui^ les pièges gracieux ; Prends ton vol, comme l'aigle, etmontedanslescieux. La Poésie est Reine et fière ; et son génie Dédaigne le secours d'une molle harmonie. Tu chantas la terrem- , l'amour , la liberté : Quel cœur à tes accens , quel coeur n'a palpité 1* La tragédie , encore , a pour toi des couronnes ; Melpomène jamais , dans ses mâles douleurs , Sur sou manteau royal ne versa tant de pleuis

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Que depuis que tu Tabandonnes !

D'un triomphe récent garde le souvenir ; *

Ton passé glorieux te montre l'avenir.

Rends à nos coeurs énuis les subites alarmes ,

Vois ces tissus (lottans encor baignés de lai'mes;

Dans ses émotions et ses ravisseraens

Le parterre éclatait en applaudissemens ;

Au battement des mains mille voix répondirent,

Et de ce bruit long-temps les voûtes retentirent ;

Et ton père pleurait . et peut-être en ce jour

Eprouvait un orgueil égal à son amour.

Et quand de tes beaux vers le tragique interprète , **

Que la France admira , que la France regrette ,

* Première rcprésPiilalion de Gyiemncttre. " Talii..-..

Dépouillant le regard du fils d' Agamemnon , D'un bout du cirque à l'autre eut fait passer ton nom, Un peuple tout entier, «'unissant à ta gloire , Par un nouveau transport salua ta victoire. Reste , reste fidèle à ton premier autel , C'est assez d'un laurier, lorsqu'il est immortel.

oit V^$fni ^i r<3^an.

Pour achever de vivre elle attendait l'amour.

YIENS AVEC MOI DANS LE CKEUX DU ROCHER , SOUS lA CASCADE ÇVl S'ÉPANCHE, SOUS LA POUSSIÈRE HUMIDE ET BLANCHE où J'ATME TANT AME CACHEU 1

PuhUé'finr l/ria/jt Canel. /tuf JP Cermiun. tisa Jhir NT^ AntjââS.

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