‹ Tableaux poétiquesChapitre 14 sur 27 · L£ SCHALL · texte numérisé non relu

L£ SCHALL

^:^UAND le pâtre hardi poiirsuil , de ciine en cîmes, Le chamois bondissant sur le bord des abîmes , Sa femme suit de l'oeil les périlleux chemins ; Et ses jeunes enfans , de leurs petites mains ,

HSO TABX.EAUX

Tournent, sur les fuseaux, au fond des Pyrénées, Les laines de Bigorre aux belles destinées.

De ton corps élégant , pour marquer les contours , Les bergères , le soir , en chantant leurs amours , Forment légèrement ces tissus , que Barèges Colore dans ses Heurs et blanchit dans ses neiges.

Lorsque tu pars voilée et prends ton jeune essor, Tes grâces sous ton schall te trahissent encor ; Et lorsque dans la foule à ma vue incertaine , Apparaît , en fujant , ton image lointaine , Les palmes d'Orient où s'enlacent nos fleurs Appellent mes regards par leurs vives couleurs; Et la pourpre dans l'air comme un signal me guide

Et dirige vers toi ma marche plus rapide.

De peur que trop d'éclat n'éblouisse mes yeux, J'aimie qu'un doux nuage obscuixisse les cieux ; J'aime que le lin pur et les gazes modestes Amortissent le feu de tes regards célestes ; Que les mobiles plis des légers vêtemens Dessinent tous tes pas et tous tes mouvemens ; Et que tes traits divins , se cachant à la terre , Soient, ainsi que ton cœur, un étonnant mystère.

Et, faibles que uous sommes,

C'est toujours cet amour qui tourmente les hommes.

AwnRÉ Chénier.

l'amour.

^^ouRmes songes heureux d'espoir, de poésie, C'est toi , dans mon sommeil , que mou âme a choisie ; Comme une étoile en feu , qui descend et qui fuit , Ton image briUante apparaît dans ma nuit ,

Et la vive clarté de l'aurore nouvelle ,

Comme toi fraîche et pure , à mes yeux te révèle.

On prétend que l'amour a troublé ma raison ; On dit que ma voix tremble en prononçant ton nom, Que je cherche tes traits dans le cours des fontaines, Que j'écoute l'écho de quelques voix lointaines , Et , qu'égarant mon cœur dans un autre univers , A ma lyre , en ton nom , je demande des vers î

Mais toi , tu ne sais pas , je ne sais pas moi-même , Si cet enchantement annonce que je t'aime. J'ignore quel pouvoir t'abandonne mes jours, Et, si je le savais, je le tairais toujours;

Car je ne voudrais pas , dans cette ardente llamme , Entraîner avec moi l'innocence d'une âine. Je ne veux pas livrer ta jeunesse aux doideurs , Effacer ton sourire et t' apprendre mes pleurs.

1^^ ^^^If ^^1^^

Je n'aime entre les jours que ceux qui sont passés. A. S. Saint-Yalrt.

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