‹ Tableaux poétiquesChapitre 20 sur 27 · LA PROMENADE DU SOIR · texte numérisé non relu

LA PROMENADE DU SOIR

(35^^UAND la nuit, dans les airs, laissait tomber ses voiles , Nous allions , au lever des premières étoiles , Confier des secrets que nous taisions au jour : Comme on cache le crime . il faut cacher l'amoui' !

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A ces astres brillans , pour nous inaccessibles , INous demandions des biens ici bas impossibles ; Et nos coeurs s'élançaient , d'un mouvement égal , Du monde des objets , dans un monde idéal.

La lune qui montait , faible encore et charmante , Attirait les regards de ma timide amante ; Et mon amour , pour elle , était représenté Par l'image du ciel et de l'immensité.

Quand les esprits de l'air parcouraient leur royamne

Je cherchais le plus beau , le plus léger fantôme ; I

Je lui donnais ses traits , je lui donnais son nom ,

Je la voyais com^ir sur les lys du vallon ;

On eût dit sa jeune ombre errant dans l'Elysée,

A travers ses cheveux , tombant sous la rosée ,

POÉTIQUES. l65

De ses moindres regards , j'implorais les faveurs ; Et je la contemplais ; et , siu' ses traits rêveurs , Aux doux rayons du soir qui blanchissaient la terre, Je voyais de son coeur le trouble et le mystère ; Des larmes , dans ses yeux , que sa main essuyait , Et son bras , en marcliant , sur le mien s'appuyait.

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Ud jour pour le bonheur j"ai cru que j'étais ne.

G. DE POMS.

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