LA PROMENADE DU SOIR
(35^^UAND la nuit, dans les airs, laissait tomber ses voiles , Nous allions , au lever des premières étoiles , Confier des secrets que nous taisions au jour : Comme on cache le crime . il faut cacher l'amoui' !
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A ces astres brillans , pour nous inaccessibles , INous demandions des biens ici bas impossibles ; Et nos coeurs s'élançaient , d'un mouvement égal , Du monde des objets , dans un monde idéal.
La lune qui montait , faible encore et charmante , Attirait les regards de ma timide amante ; Et mon amour , pour elle , était représenté Par l'image du ciel et de l'immensité.
Quand les esprits de l'air parcouraient leur royamne
Je cherchais le plus beau , le plus léger fantôme ; I
Je lui donnais ses traits , je lui donnais son nom ,
Je la voyais com^ir sur les lys du vallon ;
On eût dit sa jeune ombre errant dans l'Elysée,
A travers ses cheveux , tombant sous la rosée ,
POÉTIQUES. l65
De ses moindres regards , j'implorais les faveurs ; Et je la contemplais ; et , siu' ses traits rêveurs , Aux doux rayons du soir qui blanchissaient la terre, Je voyais de son coeur le trouble et le mystère ; Des larmes , dans ses yeux , que sa main essuyait , Et son bras , en marcliant , sur le mien s'appuyait.
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Ud jour pour le bonheur j"ai cru que j'étais ne.
G. DE POMS.