INVOCATION
^^E n'ai plus de bonheur ; mais je bénis les dieux Des songes bienfaisans que leur bonté m'envoie ; Et tu me visitas comme un songe des cieux ; J'ai perdu ta présence et j'ai perdu ma joie.
170 TABIi£AUX
Pourquoi donc venais-tu? Pourquoi m'as-tu quitté? Tu respiras notre air ; notre air est enchanté. Le soir dans un ciel pur , si jarrête ma vue , Tout à coup . j'aperçois ton image imprévue ; Je t'appelle . tu fuis : je tends mes bras vers toi ; Ton charme est tou j ours près et touj ours loin de moi .
Je suis d'un long regard le mobile nuage
Qui passe en emportant ta transparente image ,
Et quand il est passé , je regarde long-tems.
Tout le charme est détruit; mais j'espère et j'attends.
Rends-moi , rends-moi la joie et ces belles journées Qui semblaient par des fleurs Tune à l'autre enchaînées . Près de toi je chantfiis , et mes chants te plaisaient; Tu demandais mes vers, car mes vers te disaient
Ce que disent les venls à J'eaii de la fontaine , Ce que disent les bruits d'une cloche lointaine , Et les vagues concerts qui sur la fin du jour A tous les coeurs émus viennent parler d'amour.
Oh ! quitte sans regret la couche où tu reposes ; Viens , sur un lit de fleurs , t'enivrer du printemps ; Que je couvre ton sein de nos plus belles roses , Les roses retiendront tes longs cheveux flottans. Et moi je n'irai plus caresser des mensonges ; Les tombeaux seulement nous parleront d'adieux ; Et, d'un bonheur plusdoux que lebon heur des songes , Ensemble et tous les jours nous bénirons les dieux.
4â imutiim%
Oui celle pauvreté, si vile aux yeux du monde, Est si chère à mon cœur, que je ne voudrais pas L'échanger pour le sceptre et l'or des potentats.
Baodr-Lormiak.