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LES TABLEAUX DE LA

COLLECTION SEDELMEVER,

Le Catalogue Comprend Quatre-Vingt- Sept Oeuvres des Grands Maîtres de l’Ecole Française,

zaine de salles et de galeries, on a l’im- | même de M. Sedelmeyer. Le No. 173,

pression dès l'entrée de se trouver dans | “La jolie Pêcheuse,” est parmi les taun, musée bleaux de Boucher celui qui me paraît

Comme le HErAL»D l’a annoncé hier, la première vente Sedelmeyer comprend les tableaux de l’école anglaise et de l’école

Se : : le plus typique. La toile mesure 80 J'ai déjà parlé de cette vente impor- | Gntimètres de haut sur un mètre de

large. La composition est agréable et les figures sont bien en harmonie avec le paysage. Les quatre petites toiles, Nos. 174 à 177, dont les titres sont:

“Dans la Solitude,” “La Belle Endormie,” “L'Amour va être pris” at “L'Amour enchainé” sont excessivement fines, d’une touche et d’un coloris très délicats, mais tout en leur reconnaissant les meilleures qualités, je suis surpris u’elles soient considérées comme de oucher. Le No. 229 est un portrait de Marie Leczinska, par Nattier, en robe rouge garnie de fourrure et de dentelle, les cheveux en partie cachés par uno coiffe de guipure blanche et une imantille unie. Bonne peinture d’un excellent dessin, d'un coloris riche et brillant, elle a, quoique do Nattier, | toutes les qualités de Van Loo. Le No. 251 est un remarquable portrait par Mme. Vigée-Lebrun, celui de Mme.

Chinnery en robe rouge à broderie d’or, assise et tenant devant elle un grand livre ouvert posé sur un coussin, la tête couverte d’un long voile qui retomho autour d'elle, Le No. 249, portrait de Mme. Vigée-Lebrun, jeune, par ellemême, est tout à fait semblable à celui de la vente Muhlbacher, mais plus beau, étant beaucoup plus vivant et plus enlevé. Le No. 248, gracieux portrait de jeune fille en robe blanche coiffée d’une large fanchon plissée et ruchée et tenant une rose à la main, est par Vestier. Le No. 169 est un bon portrait d'homme en habit rouge, M. Roques, par Aved Je ne dois pas oublier le No. 233, “Le:

Fiançailles dans le Pare,” très belle e importante composition de Pater, pro venant de la collection de l'abbé d Marneville, de la collection Bernstei et de celle de M. Vail, de Londres.

GEonGes Bar.

tante et des toiles qui la composent; je me bornerai donc à citer rapidement parmi celles-ci les plus remarauables, soit par Je prix qu'on y attache, soit par leurs qualités picturales. En première Jigne, commençant par l'école anglaise, qui du resto est réunio dans Jos premières salles, nous allons au numéro de vedette, œuvre de sir Thomas Lawrence, qui occupe tout au fond la place d'honneur: c'est le portrait de Charles Binny et de ses filles que M. Roger-Milès a parfaitement décrit dans le catalogue.

La toile mesure 2m. 38cm. sur 1m. 82cm.

| Admirablement groupés, les personnages de ce portrait sont d’une grande distinc- | tion. Les deux jennes femmes, d’une | beauté régulière, sont habillées l’une en | blanc, l’autre en robe brune recouverte ! de mousseline de soie noire, la première lassise à terre aux pieds de son père, vêtu de noir ‘et assis sur un fauteuil bas.

Cette œuvre harmonieuse est très remarquable. De Hoppner, j'aime tout particulièrement le portrait à mi-corps de Mlle. Raine, en blanc avec châle &e dentelle noire sur les épaules, collier de corail au cou et de longs gants suède; les cheveux châtains sont emprisonnés dans un turban blanc. La figure, très modelée, est parfaitement dessinée, avec des qualités picturales de premier ordre. Je citerai aussi du mêmo maître le portrait de Mme. Horne, très jolie femme, debout à mi-iambes, appuyée à une console de pierre, toile mesurant plus d’un mètre de haut. Il provient de la famille Horne, du Lancashire, et fit partie de la collection de lord Grimthorpe. :

De Raeburn, je préfère le portrait de Mme. James Monteith, vue assise, .de face, à mi-corps, en robe blanche à taille courte, avec une draperie rouge autour de la taille. 11 fit partie de Ja collection Walter C. Smith et fut peint vers 1820 seulement, c'est-à-dire à la fin de la carrièra de l'artiste. Te No. 123, du même maître, est le double portrait du colone | Ramsay et de sa femme, lui debout, ur | bras passé derrière le dos sur l’épaule de | la femme assise à «es cotés, en robe blan che; d’un main elle tient un gant. C« portrait est signé de l’initiale et port:

la date 1790. M. Sedelmeÿer l’a acheti à M. Agnew, de Londres. :

Le No. 150, par Romney, est un déli cieux portrait d'enfant, celui de Mlle Faguani, qui fut plus tard marquise d Hertford. De ce maitre je signale auss {la No. 145, portrait de Mlle. Elisabet] | Tighe, ani épousa en 1796 Thomas Kelly de Kellyville : il sort directement de l:

collection de M, Weber, de Kellyville, Jr lande. Il v lement le No. 147, por:

{trait de Mile, re, qui devint duchesse | d’Inverness. Elle est représentée debout.

aceoudée à une fontaine, nne amphore à sex pieds. Te No. 108, portrait de jeune gorcen par Thomas Lawrence, quoique chose de pou d'importance, m'a paru un

excellent morceau de peinture, "Les paysages de Bennington et ceux de Coxistable sont nombreux. Je citerai du

fs VENTES SEDELMEYER.

. La dispersion de la collection \particulière et du stock de tableaux de M.

Charles Sedelmeyer, que le Hmæmarp a déjà annoncée, fera l'objet de\ quatre ventes de trois.vacations chacure, précédée de deux jours d'exposition, Elles auront lieu dans la galerie Sedelmeyer, rue La Rochefoucauld. La premiète est fixée aux 16, 17 et 18 mai, et comprend les tableaux des écoles anglaise et fran-

| saise; la deuxième, les 25, 27 et 28 mai,

est composée des tableaux de l’école hol-

!landaiso du dix-septième siècle; les\3,

4 et 5 juin seront vendus les tableaux des écoles flamande, italienne ét espagnole, et ceux des maîtres primitifs | enfin, les 12, 13 et 14 juin seront disper:

sés les tableaux, aquarelles et dessins da l’école moderne. “Chaque vente comportera environ 250 numéros.

un millier.

Comme M. Sedelmeyer me le disait hier, découragé depuis la mort de sa femme, il se décide à liquider. “Voilà longtemps que j’ai le poids des affaires ; je ne me sens plus d'âge, ni de force à porter seul un fardeau aussi lourd que celui-ci. Je n’ai pas de fils; mes gendres et petits-fils ont eux-mêmes créé des maisons pour leur compte personnel. J'ai soixante ans bientôt. Pai commencé jeune, à dix-sept ans, à Vienne, où je suis né, et où j'ai formé plusieurs collections, notammont Ja collection Gsell, C’est moi qui, le premier, ai fait connaître en Autriche l’école de 1830. Au bout de quelques années, je suis venu à Paris, comprenant que c’était là le vrai terrain, la vraie capitale de l’art. Je m’installai d'abord Faubourg Montmartre, puis ici, dans cet hôtel où je me souviens avoir dirigé des vontes célèbres comme celles de Secrétan et de Crabbe et où j'ai fait plusieurs expositions. J'ai bien mérité le repos, et je vends tout sans restriction.”

M. Sedelmeyer continuera, après la dispone de ses collections, à occuper son

ôtel, mais il cherchera à louer les galerios désormais vidos qu'il y ayait adjointes.

I! y en a |

française.

de la première de ces écoles ; aujourd’hui

ce sera la tour de la seconde, laquelle est

représentée par de nombreux tableaux, car Je compte au catalogue quatre-vingt-

sept œuvres de Boucher, Chardin, Frago-

nard, Greuze, Lancret, Pater, Lo Nain, Largillière, \e Lebrun, Challe, Desportes, Duplessis, Baron Gérard, Vestier, Coypel, Tournières, de Troy.

l'école anglaise est la mieux représentée.

En suivant l’ordre du catalogue on rencontre un beau portrait de Me.

Roques, par Aved. Voici ensuite “La

Noce Champêtre,’ par Bonaventure de | Bar, ce petit maître qui vécut au temps | de Watteau, de 1700 à 1729, et qui offre !

tant d’analogie avec lui, si l’on en juge |

d’après le petit tableau qui est au musée du Louvre. Boucher est représenté par quinze toiles. J'ai remarqué surtout “La Jolie Pêcheuse,” qui est signée du maître. Une suite de quatre toiles où sont contées les aventures d'un berger et d’une bergère, provient de la collection de M. Berthier, père du prince de Neufchâtel. Le plus beau à mon sens est une pastorale, infiniment souple et lumineuse. Je citerai également une autre suite: “Le Printemps,” “L’Eté,” “L'Automne” et “L'Hiver,'’ qui n'étaient jamais sortie de la famille, où elle se trouvait au château de Semons, depuis la fin du dix-huitième siècle. Îl est curieux de voir côte à côte un petit tableau peu orthodoxe de Challe, ‘La Comperson et un “Moïse” austère de Phiippe de Champaigne, et qui à& fait partie de la collection du duc de Choiseul.

Chardin et Fragonard.

De Chardin, voici le No 189, “Le Château de Cartes,” qui a figuré au Salon de 1741 et à diverses expositions anglaises. Fragonard a deux toiles ici, le No. 201, “Le Réveil de Vénus,” sous les roses que laisse tomber l'aurore, et le No. 202, “L'Amour,” un bambin tout nu et joufflu qui s'apprête à percer le cœur de quelque cruelle.

Le No. 203 est un paysage que Claude re Ferre aurait peint pour Ne cardinal

pada.

De Greuze il y a des figures de femmes a moitié dévêtues (Nos. 206 et 207), des scènes champêtres (Nos. 208 et 209), et une scène anecdotique (No. 210), “Les Deux Sœurs” Le Wo. 212 représente “Le Menuet” par Lancret,

De Largillière il n’y a pas moins de sept portraits de femme, dont j'admire surtout le No. 218, one d’une dame et de son enfant, et le portrait de Mme.

de Noirmont, avec un délicieux costume de satin blanc, sur lequel est jetée une peau de tigre. Le No. 221, ‘Les Buveurs,” par les frères Le Nain, semblent être une réplique du tableau qui est au Louvre.

Van Loo et Nattier.

Louis-Michel Van Loo a ici un très beau portrait de Turgot. Le No. 229 est

un portrait de Marie Luzinska par Nat- |

tier. Le No. 231, portrait de Mme. de Flavacourt en Diane, du même auteur,

rentre dans la catégorie des portraits |

dits mythologiques à la mode à cette époque. Il y a aussi de délicieux Pater, notamment ‘“Les Fiançailles dans le Parc,” “La Cueillette de Roses’ et son pendant, “La Romance.”

Le No. 238 par Prud'hon représente |!

“La Vertu aux Prises avec lo Vice.” Le No. 239 est un portrait de femme au pastel par Rosalba Carriera, cette pastelliste vénitienne qui vint à Paris sous la Régence et eut une certaine influence sur nos artistes.

Mme. Vigée-Lobrun est représentée par des portraits de femmes et de fillettes.

Enfin j'attire l’attention sur un beau |

Watteau, le No. 254, “La Lorgneuse,” !

ui a été décrite par les Goncourt et ui a fait partie de la collection de M.

Jullienne, le protecteur de Watteau, Ps des collections Chauvelin, Lebrun ot Samuel Rogers, et qui par conséa son état-civil parfnitomont

an Loo, Nattier, Vigée-

Je crois cependant que

J'ai déja dit quelques mots

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