PRÉFACE XIII
mieux représentées que par des mattres tels que Louis Knaus, Otto Rasch, Blommers., Goupil, de Jonghe, Knyf, Joseph Lies, Madou, Alfred Stevens, Willems, Frith, Walter Gay, Gegerfelt, Wahlberg, Domingo, Palmaroli, Tito Lessi, Pettenkofen, Munkacsy, etc. Est-il necessaire d'ajouter qu'à côté des œuvres peintes, Ch. Sedelmeyer avait egalement retenu des dessins et des aquarelles de ces artistes, feuillets délicats auxquels, enfin, le goût publie « accorde la vogue qui leur était due. * x
On trouvera dans les catalogues la description de chaque œuvre, sans commenlaire sur sa qualité, que les amateurs apprécieront lors des expositions précédant les quatre ventes : il est regrettable toutefois que le temps ait manqué de donner des reproductions plus parfaites et plus dignes de l'importance de la collection.
Mais i faut me borner : je n'ai fait qu'exprimer à traits rapides la revue de cette collection, l'une des plus nombreuses et certainement l'une des plus importantes qui aient ete depuis quarante ans livrées au feu des enchères, selon la formule consacrée. Au début de ces lignes, je disais qu'il s'agissait là d'un musée: je maintiens le mot. Quand on pense au magnifique champ d'étude, à l’incomparable instrument de comparaison qu'offre une pareille réunion, quand on mesure tout ce qu'il y a de gente et de rayonnement de beauté dans ces œuvres créées au cours de cinq siècles, on ne peut se défendre d'un regret à l'instant où tout va s'en aller par morceaux, aux quatre coins du monde. Certes, cela fera des heureux: il s'y trouve tant de joyaux qui vont devenir la parure et l'orgueil d'autres collections ! mais on eprouve une sensation pareille à celle qui vous étreint lorsqu'on a entendu une symphonie : on etait sous le charme des grandes masses orchestrales; on avait l’âäme secouée par l’éclatante pensée du musicien, loreille pleine de sonorites enchanteresses; et, tout à coup, le silence se fait, la salle se vide, les instruments rentrent dans leurs étuis; sur le bord de son pupitre le chef d'orchestre dépose son bâton, et l'on a comme un voile de tristesse qui vous passe sur les yeux : Sedelmeyer, qui fut l'organisateur patient et laborieux de cette symphonie, vient de déposer son bâton. Qu'il soit loue et qu'il soit plaint ; mais il emporte dans sa retraite la certitude d'avoir bien merite de l'art, cet art qu'au fond il aime toujours passion-
nement et au service duquel ul donna les plus vaillantes annees de sa vie.