PARIS DIDIER ET C«, LIBRAIRES-ÉDITEURS
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Tom droiti riservit.
A quoi sert un avant-propos? A^ raconter complaisamment au public ce que l'auteur a voulu faire; mais ce qu'un auteur a voulu faire ressort du livre même et ne doit pas avoir besoin d'être expliqué ni commenté d'avance.
a Si ce garçon-là avait jamais pu apprendre quoi que ce soit de bon, il n'en serait pas réduit à composer des livres! » disait jadis l'oncle Heine, parlant de son coquin de neveu, et encore n'était- il question dans sa pensée ni de préfaces, ni d'avant-propos, ni de rien qui ressemble à ces feux d'artifice qu'on tire devant le péristyle d'un édifice littéraire en travail d'inauguration. J'épargne donc au lecteur les confes-
sions et les explications, et le tiens quitte de tout avertissement sur les tendances de ce livre. Et d'abord est-ce bien un livre?
Toutes les théories du monde et tous les soins ingénieux que nous pourrions prendre pour donner couleur de chapitres aux divers morceaux dont se compose ce volume, n'empêcheraient pas que ces divers morceaux n'aient paru séparément, dans la Revue des Deux-Mondes, mais d'autre part, si ces monographies, ces esquisses sont reliées ensemble par un même esprit de culture et de doctrine, si Ton sent à travers circuler un cliquetis d'idées vivantes et vibrantes, peut-être ces fragments disjoints, qu'on eût été d'abord tenté de prendre pour de simples improvisations et variations sur des motifs donnés, retrouveront-ils aux yeux du public cette unité absente au premier coup d'œil : unité dans la variété; et, l'électricité aidant, tous ces anneaux juxtaposés formeront chaîne.
S'il était maintenant nécessaire de nous justifier d'avoir introduitla musique en ce chapitre, nous répondrions par d'irrésistibles prédilections d'enfance. Que le ciel nous ait fait poëte, historien ou critique, il importe aussi beaucoup