‹ Tableaux romantiques de littérature et d'artChapitre 3 sur 10 · TU · texte numérisé non relu

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d'être artiste. Qui dit intelligence, dit rayonnement. L'homme ne naît pas spécialiste, il le devient par force de volonté et parti pris d'élimination; autrement, avec ce besoin qu'il a de goûter à tout, le dilettantisme Tenvahirait. Tout poète, tout philosophe et tout critique est doublé d'un peintre, d'un sculpteur, d'un archrtecte ou d'un musicien; de même qu'il n'y a peintres ni musiciens dignes de ce nom qui soient^ à leur moment, poètes, philosophes et critiques. Quant à nous, nous n'avons pas choisi, et ce que nous pouvons dire, c'est que ce goût studieux d'un et de plusieurs arts,/ que virtuellement nous ne pratiquons pas, nous fut imposé de nature, se mêlant aux sensations intimes des premières années , et nous tenant en quelque sorte d'aussi près que la poésie et que les lettres.

Comme on pourrait nous reprocher le caractère parfois polémique de notre discussion, nous irons au-devant de l'objection en invoquant l'esprit des temps. Les principes les plus contraires sont aujourd'hui dans l'air et s'y entrechoquent avec furie, pareils à ces dieux des Nibelungen qui bataillent au sein des nuées dans les tableaux de Kaulbach. C'est la guerre

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sur toute la ligne, et chacun a le devoir d'intervenir pour la défense de ses dieux. L'unique affaire est d'être convaincu, d'avoir la conscience nette, et là-dessus nous sommes sans reproche : bona consdentia valde multa potest portare et valde lœta est inter adversa.

Biarritz, villa Agnès. — Avril 1878.

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