CHAPITRE I La CoLonisATION
10 Famille : — René de Menou — bourg de 750 âmes (Nièvre), — seigneur de Charnisay — bourg de 1,198 hab. (Inder. èt-Loire), — est écuyer du roi, diplomate, ami de Richelieu ; — en 1632, il perd son aîné et son cadet. — Le troisième, Charles, a servi dans la marine sous M. de Razilly, son parent et l’accompagne en Acadie (1596 ?-1650).
20 Caractère : — homme de tête et de cœur, catholique pieux, marin habile et intrépide.
pays en y implantant des familles de choix, amener à la foi les indigènes et les attacher au roi ; — s’il a paru rude et inflexible parfois, c’est parce qu’il défendait ses droits et les volontés de son prince.
80 Débuts : —— d’abord (1632-35) il est le b
I en chassant les Anglais de Penta Scott's Fort. — À La Hève, Ch. de Menou, “* force noblesse et colons de
d'honneur et de probité, — Îl veut : coloniser le
ras droit du commandeur, gouet, en rapatriant les Ecossais du il se constitue l'organisateur agricole de la Touraine et de la Bretagze, qui rendi-
: rent illustre le commencement de la colonie.” — A Pentagouet, avec
sieur d'Aulnay 28 soldats de garnison il triomphe de Ph. Willet, et de 200 hom, d’équi-
(1635-50) page. — Durant 3 ans, il dirige et seconde les travaux des colons à La Hève.
6è gouverneur
40 Sixième gouverneur (1636) : — à son départ de France (1632),
M. de Razilly a reçu “ une commission de pareille teneur que la sienne, laquelle avait le nom en blanc, pour que, en cas d'accident qui eût empêché d'exécuter lui-même les ordres, il pût ia faire remplir du nom d'une personne agréable à Sa Majesté et capable.” — Avant d'expirer, il désigne le nom de Charles de Menou, “ le supplie de ne point abandonner le pays et de continuer l'œuvre si glorieusement commencée.” (Novembre 1635) —Les missionnaires Capucins “ lui adressent la même | prière.” — Ce procédé de succession de la part de Richelieu et des
II° Port-Royal (1604-36)
Associés est identique à la transmission des pouvoirs de Champlain à Marc-Antoine de Châteaufort. (Décembre 1635).
lo Premier site : — on lit dans les Voyages de Champlain que, le 10 juin 1604, il pénètre “ dans un port dont l'entrée est large de 800 pas, qui a deux lieues de long et une lieue de large, que j’ai nommé le Port- Royal ” ; — c’est l'ensemble du bassin actuel d’Annapolis. — En 1605, M. de Monts, abandonnant l'île de Sainte-Croix, fixe son établissemer* sur le site choisi par Champlain, en face de l’Ile-aux-Chèvres, à l'embouchure de l’'Equille (Annapolis River), sur la rive nord, où est sise aujourd'hui Lower Granville. — L'habitation reçut la dénomination du bassin, c’est-à-dire Port-Royal.
20 Deuxième site : — cette habitation est incendiée par Argall (1613), reconstruite par Poutrincourt (1614) sur un plan moins étendu. — Au printemps de 1628, le fils de William Alexander accoste avec 70 Ecossais, y bâtit le Scott’s Fort, dont en voit encore les ruines sur le même emplacement. — En 1632, il doit l’évacuer, en vertu du traité de Saint-Germain-en-Laye ; le fort reprend le nom de Port-Royal.
30 Troisième site : — la situation de La Hève sur l'Océan répondait aux projets maritimes de M. de Razilly ; — la nature du sol, boisé et rocailleux, déplaisait fort aux desseins agricoles de sou lieutenant. — Charles de Menou se transporte avec ses cultivateurs (après 1636), à 5 milles plus loin, sur la pointe située entre la rivière de l’Equille et celle du Moulin (Allen River), où s'élève Annapolis Royale aujourd’hui : c'est encore Port -Royal qu’il l'appelle. — Ce fort fut : en 1654, pris pur Sedgwick, en 1659 par Phipps, en 1710 par Nicholson ; — en 1694, attaqué sans succès par Church, en 1707 par March et Wainwright, en 1711, 1724 et 1747 par les Français et les Indiens ; — en 1781, saccagé et abandonné par les troupes révolutionnaires des États-Unis.
lo Création : — M. d’Aulnay-Charnisay crée effectivement Port-Royal,
en 16 années (1636-50). — Il le peuplé de colons que lui amènent, à ses frais, ses vaisseaux (1638-43). — Il leur distribue des terres en censives, leur enseigne le défrichement, l'élevage, l'exploitation des forêts. — Il crée des salines pour faciliter sur place le trafic des morues avec les villes d'Europe.
20 Organisation : — vers 1638, les Capucins <econdent son action
morale ; ils érigent un séminaire, sorte de pensionnat-externat pour les garçons des colons et des indigènes. — Le gouverneur fonde un séminaire pour les filles qu’il commet à la direction de madame de Brice, mère de deux missionnaires de Port-Royal, digne émule de sa contemporaine de Québec, madame de La Peltrie. — Le cardinal de Richelieu cède sa part d’actions dans la Compagnie d’Acadie, en faveur de ce double Institut. —C'est là la source de l’inaltérable fidélité des Micmacs et des Abénakis à la religion et à la France, aux “ Pieds-nus ” (Capu-