‹ Tableaux synoptiques de l'histoire de l'Acadie [microforme]Chapitre 14 sur 48 · CHAPITRE III CHARLES DE BIEN -ourr : TROISIÈME GOUVERNEUR · texte numérisé non relu

CHAPITRE III CHARLES DE BIEN -ourr : TROISIÈME GOUVERNEUR

[ lo Ravitaillement de Port-Royal : — le baron de Poutrincourt, qui

ignore ces tristes événements, réussit à s’associer des msrchends de La Rochelle. — Sur un vaisseau de 70 tonnes il appareille, le 31 déc. 1613. — Le 27 mai seulement, il accoste à Port-Royal ; saris se laisser

j° Mort de Pontrincourt (1615)

II° Insuccès (1618)

II1° Mort de M. de Biencourt (1624)

ms

abattre, il travaille à relever les ruines de sa seigneurie. — Mais il y manque de tout : munitions, animaux domestiques, provisions...

20 Derniers efforts du baron : — infatigable, il reprend la mer, le 18 juillet 1614, avec Louis Hébert, qui allait s'attacher à Champlain.— Débarqué en France, il se rend en Suisse dans l'intérêt de son entreprise. — Hélas ! la guerre civile des princes sévit alors : la Régente réclame ses services, et Concini le nomme gouverneur du château de Méry-sur-Seine — commune actuelle de 1,290 âmes (Aube). — En défendant cette place contre les troupes du prince de Conti, il périt (4 ou 5 déc. 1615). — La croix de Poutrincourt, érigée en sa mémoire (B. Sulte). — L'Acadie perd dans sa personne un ardent promoteur de sa gloire et de son avenir.

1o Fief de Port-Royal : — Charles de Biencourt, qui reçut le titre de vicr-amiral à bord du vaisseau la Grâce-de-Dieu (1611), devint l’héritier de la seigneurie ; — il était jeune, environ 19 ans, inexpérimenté, sans crédit. — Argall a tout brûlé, excepté le moulin en amont de l’Equille et quelques granges.—Le jeune seigneur se livre au trafic des pelleteries, à la culture, aux échanges avec les navires marchands des Rochelais et des Basques, exclus du Saint-Laurent par le monopole du vice-roi, prince de Condé. — Robert Du Pontgravé continue avec ses Malouins son commerce à la rivière St-Jean ; en 1616, le trafic monte à 25,000 livres de fourrures ; l’année suivante, même succès commercial. (V. H. Biggar, The Early Trad. Co.).

20 Insuccès Gu seigneur : — en 1618, M. de Biencourt — les Anglais l’appellent Saint-Just, du nom de la baronnie patrimoniale, en Seineet-Marne, — écrit une touchante lettre aux échevins de Paris : — ‘“ Le nom français, dit-il, s’évanouit d'ici, si l’on n’y donne ordre de bonne heure ; les Anglais ont pris, cet été, un navire de Dieppe... ; il faudrait un cu deux navires allant et venant en ce pays.” — Le Conseil de Paris envoie aussitôt une circulaire aux ‘‘ bonnes villes ”, émettant le projet de fonder une Cie générale de colonisation. — Mais les ports commerçants du royaume n’aspirent qu’à «1 liberté du trafic en Acadie : cause évidente de l'échec des appels de M. de Biencourt.

10! Envahissement : —en 1619, les Rochelais et les Malouins continuent leurs échanges lucratifs : loin de seconder le seigneur de Port- Royal, ils diminuent ses ressources. — La Cour de France, livrée aux cu 1pétitions, armée contre les Calvinistes rebelles, sans ministre entreprenant, se désintéresse comme forcément de sa colonie ; — la Cour d'Angleterre la convoite avec ses richesses : les Pilgrim Fathers débarquent à Plymouth (1620), et Jacques Ier met la main sur l’Acadie (1621), limitant de tous côtés le champ d’action de l’élément français.

20 Disparition du seigneur : — jusqu’en 1624, il végète dans son

domaine. — Il meurt la même année, au témoignage de Ch. de La Tour et de Ch. de Menou, laissant au premier son fief, son titre, ses

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ais il y droits.—La malheureuse Acadie est réservée à d'interminables épreuves! 18... — Elle n’a ni un Champlain, ni une Cie de Marchands : elle végète r, le 18 sans attirer l'intérêt d’un vice-roi comme le Canada, attendant les symlain.— pathies de Richelieu.

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CHaRLes pe LA Tour : QUATRIÈME GOUVERNEUR

litre de (1624-41) héritier 6, sans lo William Alexander (1567 ?-1640) : — poète, chevalier, secrétaire Equille d’État en Écosse, lord de Tullibody, vicomte de Sterling, essaie de eteries, coloniser l’Acadie. — Le 5 août 1621, Jacques Ier, homme sans ecrupule, chelais son ami et compatriote, lui octroie une commission, qui est transformée ice-roi, en charte, le 21 septembre : — le chevalier reçoit la presqu'tle de es Ma- Gaspé, le N.-B. actuel et la Nova-Scotia ou N.-E. — Quelques jours ionte à après, concession au seigneur écossais, Robert Gordon de Lochinvar, nercial. des îles du Car -Breton et de St-Jean, pour y fonder la baronnie de Galloway. — En 1622 et en 1623, sir William expédie deux vaisseaux : Anglais il y perd 6,000 livres sans résultat. — En 1625, il ance une brochure, Seine- intitulée Encouragement aux colonies... “ Né poète, il voulut se faire ris : — roi ”, a dit de lui sir Thomas Urquhart (1774). dre de 20 Les dix baronnies : — de 1611 à 1622, Jacques Ier a transplanté au pe... ; - comté d’Ulster (Irlande) 200 familles écossaises protestantes. — Les LES 7 Ë propriétaires des terres sont déclarés baronnets — titre intermédiaire rilles ”, entre la haute noblesse (lordship) et la petite noblesse (gentry) — — Mais moyennant une redevance au Trésor royal (235,000 livres sterl.) — 4 trafic Alexander imite ce bel exemple en N.-E. : il crée dix baronnies, chaourt. 1° cune de 3 milles de front sur 10 de profo leur, à condition de lever P six colons et de verser 3,000 marks. — Il ne « présente que 8 acquéreurs, conti- Sir Alexander en novembre 1625. — Les Anglais étaient-ils plus disposés à s’expae Port- # trier que les Français, à cette époque ? ée aux en 30 Tentatives de colonisation : — le 12 juillet 1625, Charles Ier -entre- Nouv.E, octroie à sir William une nouvelle charte, laquelle étend son domaine à Cour FER jusqu'au Massachusetts. — En mars 1626, il supprime .e versement ers dé- (1621-29) au Trésor et fait appel pressant à la gentry d'Écosse. — En 1627, deux Acadie vaisseaux sont équipés à Dumbarton ; — mais ils ne prennent la mer ançais. qu'au print. :, s de 1628, emmenant 70 colons au bassin de Port-Royal. 1s son — On commença l'érection du Scot#t’s Fort ou Char’: Fort sur l’empla-

de La cement de l’habitation du sieur de Monts, 5 milles D'us bas que le site re, ses d’Annapolis actuel. — Témoin des prises de David Kirke, en octobre

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ë Les La Tour | (1627-32)

| | 40 Richelieu et l'Acadie : .

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1628, sir Alexander réa!ise la fondation de la Compagnie anglo-écossaise du commerce du St-Laurent, — Le 4 février 1629, elle se voit dotée du monopole, avec mandat de saisir tout bâtiment français et de ruiner les postes de traite en N.-Fr.

40 James Stewart Ochiltrie : au printemps de 1629, deux flottes sont équipés par la Compagnie : l'une se rend à Québec sous les ordres de David Kirke, l’autre à Port-Royal sous le commandement du fils de sir William, le jeune William Alexander. — Celui-ci débarque en passant au Cap-Breton son compatriote lord Ochiltrie, quatrième lord du nom, avee 50 colons : il s'établit au Port-aux-Baleines et s’y ravitaille aux frais des Terreneuviers français, qu'il capture ou rançonne, —- Durant l'hiver, 30 hommes meurent au Scott's Fort.-— Les rois d'Angleterre s'arrogent l'Acadie, sans égard aux lettres patentes du * prince chrétien” au sieur de Monts !

lo Les La Tour :- ‘ Claude Targis où Turgis natif du faubourg St-Germain-des-Prés à Paris, maçon de son métier ”, de la paroisse Saint-Etienne-du-Mont, près de la tour St-Jacques, sont mêlés aux Indiens. -— Le 25 juillet 1627, requête de Charles à Richelieu pour implorer des secours et une commissiom * telle que Sa Grandeur jugera nécessaire *”. -- Claude ln porte en France, quand (1628) au retour il est fait prisonnier en mer par les Kirke, mené à Londres, où il aurait épousé une suivante de la reine Henriette ; — en avril 1629, retour sur les bâtiments d'Alexander fils, débarqué au cap Sable, il tente son fils en faveur des Anglais. —- Cette légende de N. Denys est annulée par un document authentique : — * 23 juillet 1629, Articles d'accord entre W. Alexander et le chevalier Claude de St-Etienne, et Charles son fils..." (V. Rapp. des Arch., Ottawa, 1912).

20 Revanche française :__le 8 sept. 1629, le capit. Daniel, de Dieppe, frère de l'héroïque Jésuite, engagé par les Cent Associés, résolut avec quatre navires de réduire le fort Ochiltrie. — 1 aborde au Cap-Breton, s'en empare, fait sa garnison prisonnière, le démolit, en transporte les matériaux au Grand Cibou ; —- il y laisse 40 hommes avec le P. Vimont, S. J., et emmène en France 60 prisonniers écossais (5 nov. 1629).

So Les Cent Associés en Acadie : - avertis par Daniel, les directeurs s'empressent d'envoyer le Basore Marot au secours de l'Acadie, proie

:convoitée des Anglais Art: .…s et ouvriers, pris à bord, travaillent à ériger deux forts : l'un à la riv. St-Jean, l'autre, le fort St-Louis, au cup de Sable. (V. La Roncière, Hist. de la Mar. fr., t. IV).

la colonie était enlacée sous la domina-

tion angla se à Port-Royal ou Scotch Fort, — in 1630, on songen à

briser ses liens : igny, amiral d'une flotte de six

le chevalier de Monti vaisseaux, en reçoit l'ordre (13 avril 1630) à — tandis que l'amiral de Mais d'autres raisons diploma-

Razilly est averti de le seconder.

il attend et temporise jusqu'en

tiques retiennent le bras du cardinal :

1632, époque où il exige lu restitution de la Nouvelle-France.

et son fils Charles —

cossaise CHAPITRE V

otée du ruiner Isaac pe RaziLy : CINQUIÈME GOUVERNEUR

flottes (1632-35) ordres 1 fils de lo Famille :- ancienne et noble famille, qui tire son nom de la terre en pas- et du château de Razilly, près de Chinon (Touraine). François, lord du chevalier de l'Ordre royal, maître d'hôtel et premier conseiller de Louise vitaille de Vaudémont, épouse de Henri IEL, eut de Catherine de Valliers huit nne. — enfants : François, Gabriel, Jean, Isane, Renée, Marie, Louise.

y d’An- Les branches actuelles de ln Nièvre et de la Mayenne survivent par

prince d'illustres descendants.

20 Carrière : -né au château d'Oiseaumelle (1587), reçu chevalier de Malte (6 janv. 1605), promu commandeur de l’Isle-Bouchard (Tou-

rles raine) (21 oct. 1621), capitaine de la marine et chef d'escadre (17 fév. tier ””, 1624). — Le 20 avril 1632, il est nommé par Richelieu lieut.-général s, sont de la Nouv.-Fr., honneur qu'il décline (lettre du 10 mai), en demandant -helieu de servir sous Champlain, simple capitaine de vaisseau, * parce qu'il indeur est, dit-il, plus compétent en affaires coloniales.” 28) au 3o Campagnes du marin :-il s'est distingué dans cinq voyages res, OÙ is de conquête au Maroc (1619-31), dans la guerre contre les Huguenots | 1629, de la Rochelle : — le 1er oct. 1621, il commande 13 vaisseaux au siège bie, il Isaac de de St-Martin (lle de Ré) et s'empare de 30 bâtiments alliés ; — le 16 ys est Rasilly oct. 1625, à bord du Saint-Louis, vaisseau amiral, il commande l'aborrticles dage de la Vierge, récerament capturée par les rebelles, quand un ne, et (1587-1625) matelot met le feu aux poutres : {a Vierge saute avec les 4 navires de à l'amiral et environ 700 cadavres échouent à ln côte ; Razilly y perd ieppe, l un œil, est couvert de blessures: mais il a ruiné la flotte rochelaise. t avec che 4o Mémoire à Richelieu : -le cardinal sollicite ses conseils et son reton, expérience de 23 ans ; — il reçoit un Mémoire (26 nov. 1626), qui est rte les un superbe programme naval : “Il y a, dit-il, des personnes de qualité P. Vi- pour qui la navigation n'apparatt pas nécessaire à la France laquelle 1629). peut se suflire... ; quiconque est maître de ln mer à un grand pouvoir cteurs sur la terre... Voyez l'Espagne, Malte, Tunis, Alger, le Maroc, l'Anproie gleterre !... Nous avons tout pour une marine nationale : ports, forêts, tillent blé et vin pour l'étranger, matelots incomparables. Et nous achetons is, au nos vaisseaux en Hollande ! Et nos 200,000 marins servent l'étranger ! Ceux qui ont gouverné l'État se sont moqués de la navigation. mina- Que faire ? Permettre à la noblesse de commercer sans déroger aucugen à nement, anoblir les armateurs, amener roi et reine, princes, dues, mude six réchaux, villes du royaume, à fournir des vaisseaux en les appelant ral de de leur nom, armer les ports et leurs bâtiments, ete, 1 faut borner loma- | l'Anglais en Amérique au 36° de latitude, fonder une Compagnie à

qu'en un seul directeur, transporter 4,000 colons en Nouv.-Fr..." — Riche. lieu tentera l'essai d'exécution de ce programme,

lo Recouvrance de l’Acadie : — la traité de Saint-Germain (29 mars 1632) amène la juste restitution de l’Acadie, du Cap-Breton, du Canada. — Dès le 27, acte notarié passé entre Richelieu et M. de Razlly, statuant les conditions de la reprise de possession. —Le 4 juillet

1631, lettre de Charles Ier pour la remise de Port-Royal et le rappel

de ses sujets ; — lettre de sir Alexander à son fils et au capitaine Forster. — Le 12 mai 1632, commission du roi de France “ pour que les places de Québec, Port-Royal, Cap-Breton, prises depuis le traité de

paix (24 avril 1629), soient rendues.” | 20 Arrivée des Françs': le 27 mars 1632, Richelieu cède au com- 2° mandeur l’Espérance- . ‘ .u et deux navires, montés par 300 homme: de la Touraine et de la Bretagne : départ, le 4 juillet, d'Auray. — Le 8 sept., débarquement à La Hève, où M. de Razilly fait construire le à fort de Sainte-Marie-de-Grâce. — Au nom des Cent Associés, il reprend possession de Port-Royal et des autres postes. — Il déloge les Anglais La Hève de Pentagouet, grâce aux marins de Ch. de Menou ; puis il signifie au (1632) gouv. de Boston de ne plus franchir les Monts-Déserts ; à Pentagouet, la garnison de 22 hommes résiste à deux bâtiments de guerre et à 200

Anglais, commandés par Th. Willet.

30 La Hève et les censives : — M. de Razilly veut commander les rives de l’Océan : il se désintéresse des anciens compagnons de M. de Biencourt. — À gauche de l’entrée de La Hève, Ile-aux-Framboises, à droite le Cap Doré, au fond rivière nav gab'e à six lieues en amont ; sur la pointe, il érige le fort Sainte-Marie, qui est son manoir. — M. de Menou divise les terres en fermes de 100 arpents et distribue les bestiaux aux familles. — Au printemps (1633), défrichements, semailles, — Tel est le berceau des braves Acadiens !

Etablissement

lo La Nouvelle-Guyenne : — M. de Razilly songe à faire de l’Acadie une Nouvelle-Guyenne, analogue à celle de France, ayant avec elle ‘* même élévation que Bordeaux et Toulouse ”. — “ Le sol, écrit-il, est riche à la surface et au-dessous, la mer abonde en poissons qu’on exporte au midi de la France.”

20 Desseins d’agrandissement : — le 15 juillet 1634, il écrit à Richelieu que “ le fort est muni de 25 canons en batterie, pour défendre la croix et les lis ” ; — qu'il demande à Sa Majesté de verser 60,000 écus, afin d'employer cing navires, deux pour le trafic, trois pour la pêche des morues, transport en France et retour d'effets européens. — La se-

3° onde année, huit navires ; puis, douze. — I] conclut : ainsi sont assurés le peuplement, le commerce, l'épargne des finances de l’État, la sécuriét

Ses desseins contre les pirates...

(1633-34) 30 Appel à Malte : — dignitaire lui-même de l'Ordre militaire et marin, il le convie à coopérer à son œuvre : à savoir la possession d'un bon | fief, d’un bon port sur l'Océan, la formation à la marine des jeunes che- | valiers. — Aussi écrit-il au Grand Maitre de l'Ordre, Antonio de | Paulo, lui proposant de fonder un prieuré à La Hève ou à Chibouctou

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| (Halifax), sollicitant l'autorisation, comme Religieux, de tester à cette fin. — Le 20 fév. 1636, réponse du rejet de l’une et l’autre proposition, parce que le Conseil de l'Ordre vient d'engager 200,000 liv. aux forti-

fications de Malte : fâcheuse combinaison et pour l'Ordre et pour l'Acadie !

lo Coopération de Richelieu :—le j9 mai 1632, les Cent Associés ont concédé au commandeur l'île de Ste-Croix et les régions voisines, soit 12 lieues de front sur 20 de profondeur ; — Je 15 janv. 1634, ils y ajoutent le Port-Royal et les terres adjacentes, comme fief mourant de Québec. — Le 25 janv. 1635, Richelieu s'engage à verser 17,000 liv., Jean Le Grand, président de la Cour des Comptes (Bourgogne), 17,000 autres, Louis Motin, contrôleur du grenier à sel en Charolais, 3,000 : — tandis. que Razilly, son frère Claude et Jean Condonnier, bourgois parisien, ont inauguré l’œuvre de fondation avec 50,000 livres, “ sans en avoir retiré aucun profit ”.

20 Collaborateurs : — en 1631, les Cent Associés ont accordé une 4° lieutenance générale, de bonne foi, à Charles de La Tour, sur les régions non réservées au commandeur : cette concession créait une compétition Sa fin jalouse et ombrageuse : Richelieu semblait reconnaître les droits successoriaux de l’ami de M. de Biencourt. — L'ami de M. de Razilly, (1635) Charles de Menou, secondait son activité de ses talents, de son dévouement. — Le Tourangeau, Nicolas Denys, et son frère Denys de Vitray, se livrent à l'exploitation des chantiers de buis et à la pêche sédentaire. 30 Fin du commandeur :— l'avenir paraît assuré du plus éclatant succès. — Soudain (nov. 1635) M. de Razilly, âgé de 49 ans, succombe | à La Hève, — un mois, avant Champlain à Québec : tombent avec | lui projets, espérances, colonisation, développements de l’œuvre orga- | nisée. — “ Monsieur le commandeur, a écrit Champlain, a toutes les | qualités d’un bon et parfait capitaine de mer, prudent, sage, laborieux, | poussé d’un saint désir d’accrottre la gloire de Dieu, de porter son cou- | rage au pays de la Nouv.-France pour y arborer l'étendard de Jésus-

Christ et y faire fleurir les lis”. — Fin prématurée, désastreuse pour l'Acadie. (V. La Roncière, Biggar, Rochemonteix).

CHAPITRE VI Les MissioNNaIRES {10 Nicolas Aubry : — jeune prêtre de Paris, il accompagne les explo-

rateurs, en 1604. — On raconte que, étant descendu à terre à la baie Sainte-Marie, il s'égara dans la forêt, échappant à toutes les recherches

Prêtres séculiers |

| | | ë IL° | Les Jésuites | (1611-13) |

tr

pendant 17 jours. — M. Champdoré et un groupe de matelots, après le débarquement à l’île Sainte-Croix, traversèrent la baie Française et l’y ramenèrent plus mort que vif. — L'hiver, l’abbé mourut du scorbut, selon Rameau.

20 Jessé Fléché : — prêtre du diocèse de Langres, suivit le baron de Poutrincourt en 1610 : — les historiens orthographient après Champlain : Flesché, Fleuché, Fleuchey. — Charles de Biencourt instruisit la famille Membertou d’une façon sommaire, dans l’idiome sauvage ; — après trois semaines, le 24 juin 1610, l’abbé conféra le baptême à 21 personnes de la famille du sagamo. — Les convertis le nommèrent alors leur patriarche. — Au retour du bâtiment en France, le missionnaire monta à bord, sans se soucier de continuer son ministère auprès des néophytes : — à Paris, la Sorbonne censura sa conduite et ce procédé de conversion hâtive. (V. C. de Rochemonteix, Les ‘is. et la Nouv. Fr.,t. I. p. 30).

lo Pierre Biard (1567-1622) : — né à Grenoble, entré dans la Société de Jésus (1583), profès en 1604 ; esprit solide et cultivé, Religieux d’un zèle ardent, il est désigné pour l’Acadie en 1608 ; mais en raison de l’opposition des trafiquants calvinistes, le départ ne s’effectue qu’au bout de trois ans. — Le 21 janvier 1611, il part de Dieppe avec le P. Massé, à bord de la Grâce-de-Dieu, dont Madame de Guercheville a acheté la cargaison : Charles de Biencourt fait le maître absolu dans la traversée. — Le 22 mai, débarquement à Port-Royal, où se trouve le baron de Poutrincourt. — Dans sa longue Relation, le P. Biard raconte les événements de deux années : — voyage au pays des Etchemins, à l’île Sainte-Croix, mort de Membertou (11 sept. 1611), querelle avec M. de Biencourt pour son enterrement en terre bénite et non à la mode païenne ; voyage à la rivière Saint-Jean et première messe, à Kénebec et contact avec les bons sauvages ; — le 23 janvier 1612, arrivée du vaisseau, malversation de Simon Imbert, dénoncé par le Frère coadjuteur, Gilbert du Thet — plusieurs historiens en ont fait un. Père ! — brouille qui s’ensuit avec Ch. de Biencourt, réconciliation en juin, excursion aux Mines ; —en France, la marquise de Guercheville se décide à cr er une mission aux Monts-Déserts, affrète la Fleur-de-Mai, où montent 48 personnes, y compris le P. Quentin et le Fr. Gilbert, sous le commandement de M. de la Saussaye ; — le 12 mars 1613, départ et arrivée à Port-Royal (fin mai), où l’on embarque les deux missionnaires ; — à l'île des Monts-Déserts, auj. Bar Harbour — installation de Saint-Saureur et plantation d’une grande croix > — à la fin de juin, invasion soudaine du pirate Argall et ruine de l’œuvre, prise du navire, captivité des missionnaires, mort du Fr. Gilbert ; — les Pères Biard ei Qnentin amenés en Virginie, où Thomas Dale et son Conseil décrète destruction immédiate de Port-Royal. — Retour à Saint-Sauveur, a Sainte-Croix, sommation au P. Biard d'indiquer le site du bassin, son refus énergique, recours à un chef indien qui les

s, après guide, incendie de l'établissement du baron, indignation de certains rançaise colons à la vue du Père, qu’ils accusent d’être un Espagnol, criminel irut du fugitif, scandaleux jadis à Port-Royal (9 nov. 1613). — Départ pour la Virginie ; mais La Fleur-de-Mai, commandée par TUuRREL, est poussée aron de vers les Açores, arrêtée à Fayal et relâchée, aborde à Melfier (Galles), Cham- où les Jésuites, témoins des aventures, sont hébergés par l’amiral istruisit Adams, qui les renvoie en France (fév. 1614). — Le P. Biard meurt à uvage ; Avignon, le 19 nov. 1622. (V. Rochemonteix, Les Jés. et la N.-F., t. me à 21 1).

nt alors 20 Ennemond Massé (1574-1646) : — né à Lyon, admis chez les onnaire Jésuites en 1595. — A Port-Royal, il donne son lit à Membertou qu'il rès des soigne jusqu’à son décès ; — il accompagne son fils Louis et sa famille >rocédé sur la rivière Saint-Jean pour y apprendre l’idiome, baptiser les mori- Nouv.- bonds : il tombe malade et est menacé de perdre la vue. — Après la prise de Saint-Sauveur, il est choisi par 15 Français pour monter l’embarcation cédée par Argall qui veut s’en défaire ; — 15 autres matelots Société les rejoignent, et la barque arriva à l’Ile-Longue, près du cap Fourchu, ix d’un où les accueille les sa1vages et Louis. — De là, au port Mouton, puis son de à Césambre, où le capitaine Alain les prend à bord du Sauveur, qui qu’au les transporte à Saint-Malo. (V. Relation, 1611, ch. 27). — Le P. c le P. Massé repasse à Québec, le 25 avril 1625, où il est fait prisonnier avec ville a Champlain (19 juillet 1629). — Il revint de nouveru en 1633 et mourut u dans à Sillery, le 12 mai 1646 : ses cendres ont été retrouvées en 1869 et trouve ‘urent honorées d un monument et d’une inscription funénaire, le 26 1rd ra- juin 1870.

Etcheuerelle lo Les Récollets : — choisis dans la province d'Aquitaine. — Une on à la Société de marchands bordelais salarie six Récollets dans les missions esse, à de l’Acadie (1619)—On a consigné les noms des Pères Sébastien, Jac- 1612, ques de La Fayer, Louis Fontiner, Jacques Cardon ; — ceux de deux par le III° Frères ; — résidence à Port-Royal, voyages à Saint-Jean et à Miscou. it fait — En 1623, le P. Sébastien périt dans le trajet qui sépare ces deux loncilia- Récollets calités. — En 1628-29, ils sont tous exilés par les Ecossais d’Alexander Guer- et se rendent à Québec par l’intérieur. — En 1630, ils reprennent le rète la et chemin de leurs missions acadiennes. r et le Capucins 20 Les Capucins : — le 6 mars 1632, Richelieu rappelle officiellement le 12 les Récollets.—Ceux-ci, néanmoins, continuent à desservir le cap Sable )arque où réside M. Latour, seigneur ; — ils y demeurent jusqu’en 1646. — arbour Mais les Capucins sont désormais les missionnaires accrédités à Portx ; — Royal, où ils organisent un Séminaire ou école, ils sont chassés par les euvre, Anglais en 1654, pour ne plus apparaître en Acadie, (V.R. P. Hugolin, rt ; — Les Récollete, Lévis, 1912).

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