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CHAPITRE IV LES DERNIÈRES LUTTES

lo Après la restitution : — comme le Canada, l’Acadie jouit des fruits d'une période de paix. — Sa restitution fut imposée, à Bréda, par le mandataire de Colbert au mandataire de Charles II d'Angleterre. — L'essor est dès lors imprimé aux établissements agricoles : ]J’Acadie reçut les encouragements, les secours, les témoignages d’estime et d'attachement de la métropole. — Pour son malheur, Colbert tombe bientôt dans la disgrâce du roi, en 1672; et Talon, qui eût relié par une

1° route Québec à Saint-Jean, quitte le Canada, la même année : — Ja colonie entière subit la perte de ces deux administrateurs de génie.

Période 20 Développement éphémère : — cependant Colbert gouverne par

de paix i ses puissantes et admirables Ordonnances jusqu’à sa mort (1683) ; —

son fils, le marquis de Seignelay, lui succède au département de la ma-

(1667-88) rine. — Il crut plus utile et plus urgent de seconder la fondation de la

Louis'ane, le commerce des Antilles françaises, le Canada proprement dit. — Néanmoins, il tenta en Acadie, d'accord avec les administrateurs de la N.-F. à Québec la création d’une féodalité qui n’eut pas de lendemain : —les guerres du royaume et les derniers assauts des Iroquois vinrent détourner ses subsides vers d’autres régions. —- I] faut reconnaître toutefois que les guerres de Louis XIV ont créé l'unité | nationale par la conquête de l'Alsace, de la Franche-Comté, des Flan- | dres, du Roussillon. ..

ro , Richard lo Compétition anglaise : par sa situation, l'Acadie s’interposait

e, Allain, Saint-Jean (Terre-Neuve) et d'al menter ceux de la N.-A. par les

Duon dit | sur la voie mar t'me des Anglais, désireux de coloniser leur poste de it Cadet, pêcheries et le trafic des fourrures acadiennes. — Les deux restitutions [azerolles forcées (1632 et 1667) leur pesaient lourdement sur le cœur : 'e rêve lit Saint- d'une N.-E. hante leur cerveau depuis 1620. — Tous les dix ou quinze

Bideau, ans, et bientôt tous les trois ans, ls vont organiser les assauts qui abou- ; — aux | tissent à a conquête finale : on oublie trop sovvent la force maritime 3aguette, des Iles Br'tanniques, propre au développement des conquêtes lointai- Laroche, | nes, tandis que la France subissait les conflits du continent en armes. é, Lam- 20 Tentative hollandaise : — en 1676. l'Anglais frappe un coup indi- Ce chif- II° rect : — épisode de la conquête par es corsaires battant pavillon holnord, au landais. — Le capitaine Aernauts, secondé par le Bostonnais John ral, (V. Retour Rhoade descendent sur le rivage de Pentagouet, résidence du gouver-

offensif neur M. de Chambly : — ils vont ensuite piller le fort Jemsek, d’où ils emmènent prisonnier à Boston le sieur Joybert de Marson... — Les

(1675-76) deux flibustiers se brouillent avec les négociants de Boston : — mais en 1679, le gouvernement hollandais réclame des indemnités à celui de 8 N.-A. “ pour l’avoir dépouillé d’une double prise des forts français ”. 30 Guerre de Philips (1676-76) : — Philips est le surnom de Métacomet, chef suprême des tribus indigènes situées entre le Merrimack et

le Penobscot, au cœur même de la N.-A., dans le Massachusetts. — Il soulève et commande les Indiens contre les colons britanniques : c’est le signal d’une lutte d’extermination indigène. — Il a pour adversaire Benjamin Church:-—né en 1639 à Duxburg, près de Plymouth,

uit des décédé fort riche à Litt'e Compton le 17 janv. 1717. — Le capitaine da, par Chruch est placé par le gouverneur Winslow à la tête de 1,000 militerre. — | ciens ; — il réuss't à écraser la confédération indigène à N'arraganset Acadie et au Cape Cod. (V.S. Drake, The H st. of Phil. War, Exeter, N.-H., lime et 1834).

tombe

par une lo Guerre de Guillaume III (1688-97) : nouveau conflit des indi- >: — la 2 gènes et des Anglais, il emprunte son nom de “ guerre de Guillaume ””, ie. au prince d'Orange, monté sur le trône : — il dure sans répit jusqu'à 1e par la fin de son règne. — En 1688, soulèvement général, même des Mic- 33) ; — ; macs et des Malécites. — Tous les établissements anglais du Maine — la ma- excepté Weïls, York, Kittery — sont saccagés ; — un millier de pern de la sonnes est massacré ou fait prisonnier. — Les Anglais mettent en armes rement les tribus iroquoises, leurs alliés : massacre de Lachine. — Revanche inistra- de M. de Frontenac (janv.-févr. 1690).

pas de 20 Expédition de Phipps (1690) : — William Phipps (1651-95) né its des à Woolwich (Maine), constructeur de bateaux, enrichi par une épave s. —-]l espagnole, nommé chevalier par Jacques IT et shérif de la N.-A. (1687),

l'unité | homme sans lettres, — se voit investir du commandement de la flotte Flan- armée contre l’Acadie et la N.-F. — Le 19 mai, il pénètre dans la baie de Port-Royal, qui capitule le 21 : pillage et bris des objets du culte,

III° serment d’allégeance imposé aux habitants, M. de Menneval emmené captif. — Sa flotte comprenait : l'amiral Six F riends de 42 canons et Conquête 120 hommes, le Porcupine de 16 et 117 marins, le Mary de 8 et 12 com-

éphémère battants, l’Union, le Mary-Ann, le Lark, le Bachelor ; — le major John- , son commandait les sept compagnies, desservies par le ministre angli- (1688-92) | can Joshua Moody. (V. Board of Trade, Boston, 5 n. 109). — Phipps envoie alors le capitaine Alden s'emparer de La Hève et de Chedabouctou. (V. Can. and Prov., t. XIII, p. 56).

| 80 Les corsaires anglais : — Phipps s'éloigne à peine de la baie, | quand vient de France le vaisseau de M. de Villebon : — les habitants | l’accueillent comme un sauveur ; mais voyant le fort délabré, il se retire à Jemsek. — Soudain entrent deux corsaires anglais, qui achè- | vent l’œuvre de Phipps, brûlant les principaux édifices et incendiant

28 maisons : — sans pénétrer toutefois à l’intérieur du pays.

40 Échec sur le Saint-Jean (1692) : — l'étoile de l'incapable Phipps avait pâli devant Québec : il rêva une nouvelle incursion par mer au fleuve Saint-Jean. — Au printemps de 1692, M. de Villebon remonte au nord à 30 milles environ, bâtit le fort Saint-Joseph, à l'embouchure d'un confluent, la petite rivière Nashouat : — ce poste réunissait les partis indiens pour leurs expéditions de surprises. — Le projet de Phipps allait échouer devant des ennemis, cachés dans les bois, insais'ssables et invincibles. — M de Villebon adopte comme son frère le fameux chef indien Taxous.

lo Prise du fort Pemaquid (1696) : —appelé le fort William Henry, érigé par les Bostonnais comme port d’attache et de refuge au prix 20,000 liv. st., il est assailli, au mois d'août 1696, et par mer et par terre. — M. d’Iberville a tout organisé : 100 Français et les 400 Indiens de M. de Saint-Castin enlèvent la place en un clin d'œil: la garnison est prisonnière, et l’on s'empare des magasins de provisions et . munitions.

20 Expédition de Church : — ce coup hardi exaspère le gouverneur W. Stoughton (1632-1702), qui ordonne des représailles immédiates. — En septembre-octobre, le colonel Benjamin Church, soldat habile et

IN courageux, chef aimé des troupes, monte une flotte de sept voiles. — Succès Il se porte sur Beaubassin, y opère une descente, sous les yeux des habitants en fuite : — pillage, incendie, massacre des bestiaux, quelques relatifs ‘ rares prisonniers, c'est l’œuvre de neuf jours. — Chignectou vit ses (1696) environs dévastés. — Le 18 octobre, le colonel conduit ses 500 braves

au fleuve Saint-Jean, où il surprit, dit-on, un détachement dont il tue le commandant et fait prisonniers quelques soldats. — Rencontre du colonel Hathorne et de ses 200 auxiliaires : l’on va assiéger de concert le fort Saint-Joseph ; — malgré leurs efforts vigoureux, les Anglais sont décimés par la fusillade des Indiens et les grenades des défenseurs, transis de froid la nuit, découragés faute de vivres et de couvertes : M. de Villebon a su triompher et repousser les assauts, — Paix de

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Ryswick (25 sept, 1697) : elle rétablit les choses en l’état antérieur et laisse l’Acadie à la France, au grand mécontentement des Américains. (V. Rameau, t. I, p. 216 ; Can. and Prov., t. XIII).

lo Guerre de la Succession d’Espagne (1701-14) : — Je conflit éclata entre la France et l’Angleterre en Europe, sur mer, en Acadie, au Canada. — L'une et l’autre puissance arme les Indiens ;: mais à Montréal se fait la paix avec les tribus du nord. — En juin 1701, M. de Brouillan fait de Port-Royal, dont il améliore le fort, le siège de son gouvernement : les habitants en éprouvent une grande joie et se voient en sécurité. — Un grand nombre de corsaires et d’aventuriers font de Port- Royal leur lieu de refuge : ils vont ravitailler la place jusqu’à la dernière heure. — Mais plus de 300 bateaux de Boston s’emparaient de la pêcherie acadienne.

20 Hostilités : — les partis de guerre du Canada se mirent à harceler les colons anglais. (V. Vaudreuil, Hist. du Can., p. 148). — Les Anglais (1703) vont attaquer le manoir du baron de Saint-Castin à Pentagouet : l'assaut est repoussé avec le concours du jeune seigneur de Beaubassin, commandant une troupe de Canadiens et d’Anébakis ;

v° ralliant les guerriers du baron, il se jette sur les frontières du Massachussetts, portant partout la désolation et la mort. (V. Bancroft, vol.

Hostilités IL, p. 849). — La campagne finit par la prise du fort anglais de Casco,

(1703-04) dont la garnison dut se racheter par une forte rançon.

30 Représailles des Bostonnais (1704) : — ils réunissent 22 vaisseaux, 550 combattants miliciens et indigènes, placés sous les ordres de B. Church, le plus habile commandant de la N.-A. — La flotte range le littoral, surprend les colons de Passamaquoddy, enlève à Pentagouet une des filles de M. de Saint-Castin absent en France, — Le 2 juillet, elle entre dans la baie de Port-Royal ; on y débarque les troupes, qui pillent quatre maisons, capturent cinq hommes et une famille entière. — M. de Brouillan lance des détachements de tirailleurs dans la campagne : le 5, l'ennemi se rembarque pour se diriger vers le bassin des Mines. — Là, nouvelles déprédations ; mais, le 22, les digues sont rompues et le pays inondé devient impraticable : trois Acadiens sont prisonniers et Church a perdu un lieutenant et quelques hommes. — Beaubassin est visité à son tour (28 juillet) ; 20 maisons incendiées, des bestiaux égorgés, nul prisonnier. — Tels furent les glorieux exploits du colonel Chruch. — M. de Brouillan se vit seconder par les habi-

| tants et les sauvages : il meurt en 1705, à son retour de France.

{1o Daniel Auger de Subercase (1656 ?-1732) : — originaire probablement du Midi de la France, gouverneur de Plaisance (T.-N.), chevalier de St-Louis (1705), promu gouverneur le 16 avril 1706. — Il marque son estime du pays dans sa correspondance et s’attache à amener M. de Ponchartrain à le peupler, à le coloniser, à le défendre, à le sauver. — Organisateur intelligent, expérimenté, brave parmi les

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