‹ Tableaux synoptiques de l'histoire de l'Acadie [microforme]Chapitre 24 sur 48 · AR · texte numérisé non relu

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| plus braves officiers, il sait tout prévoir, se concilier l'amitié des Aca diens, officiezs, fonctionnaires, indigènes, flibustiers. — De ces derniers Pierre Morpain se distingue comme un invincible capitaine de mer il épouse Marie d’Amours à Port-Royal (13 août 1709).

20 Double insuccès du colonel March :— le 6 juin 1707, une flott | américaine de 17 voiles entre dans le bassin, composée de 450 matelot: | et de 1,076 volontaires enrôlés dans le Mass., le R.-IL., et le N.-H., sou: | le commandement de l'inhabile March. — Elle s'embosse derrière

l’Ile-aux-Chèvres : jamais elle n'eût franchi le goulet, que M. de Su bercase proposa au ministre de défendre des deux côtés (Lett. du 16

VI° oct. 1706) : l’on commit ici la même faute qu’à Québec dans la suite, en négligeant de bâtir un fort à Lévis, — Déb:rquement des Américains

Double — divers détachements de 50 hommes chacun, dispersés dans les bois : M. de Subercase a son cheval tué sous lui ; du 9 au 11 juin, les bâti-

échec ments doublent l'Ile et remontent la rivière ; la nait du 12, les Améri. (1707) cains s’approchent du fort, incendiant clôtures et maisons, “ coupant

les arbres fruitiers ”. — Soudain arrivent les Anénakis avec le baron de St-Castin, fils, et des habitants des Mines : ils tuent environ 12 ennemis. — Le 16, rembarquement et départ de la flotte (le 18), laissant 40 cadavres contre un tué et un blessé. -— Le Conseil de Boston expédie au colonel March un corps de 500 hommes de plus sur 3 navires. — Le 20 août, la flotte pénètre dans le bassin : — une avant-garde de 10 hommes précèdent 800 fantassins en éclaireurs, et 8 sont tués, 2 prisonniers. — M. de Saint-Castin avec ses 150 Abénakis, M. de la Boularderie avec autant de combattants, le gouverneur avec 120 réguliers se portent à leur rencontre : lutte corps à corps, où l'enseigne M. de Saillant et 3 autres sont tués, 15 hommes blessés ; les ennemis ont plus de 200 morts, le reste fuit aux barques, chaloupes et Vaisseaux : —après 15 jours d’insuccès, la flotte met à la voile etrentre à Boston.— M. de Subercase adresse au ministre un mémoire, où il com'ile d’éloges officiers, soldats, Indiens, Acadiens, réclamant des secours immédiats en argent, poudre, provisions, hommes. (Lettre du 25 déc. 1707, fol. 121, Arch. féd., Ottawa).

lo Causes des derniers revers : — le 26 juin 1708, le ministre se débat dans une situation inextricable : Marlborough remporte ses brillantes victoires (Ramillies, Malplaquet...) sur l’incapable maréchal de Villeroi ; la France est battue sur tous les fronts ; — il écrit à M. de Subercase que ‘“ les Anglais n’iront plus l’attaquer, que le roi ne peut lui envoyer une nouvelle compagnie de soldats, qu’il ne peut indem- | niser les habitants de leurs pertes d'immeubles et de bestiaux, qu'il abandonnera le pays, s’il continuait d’être aussi à charge...” (V. Arch. can., 1899). — Nouvelles et pressantes dépêches du gouverneur (avril, oct., déc. 1708). — En octobre, débarquement de 100 jeunes | soldats, destinés au Canada, après l'hiver, “ jeunes Paris.ens de 13 à | 16 ans !” — En 1709, échange des prisonniers à Boston. — La mé-

des Acaderniers, de mer :

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"VII Préparetifs

d’invasion

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tropole ravitaille la colonie, mais avec parcimonie et sans assez d'hom-

mes, ni d'argent, ni de munitions.

20 Aide des corsaires français : — les audacieux flibustiers des Antilles prolongent l'agonie de l’Acadie française : — “ils ont capturé ou coulé 35 vaisseaux ennemis!” — Prise aussi de 470 prisonniers, équipages et gens du bord : — En mars 1709, un corsaire sort du bassin : en douze jours, il amène quatre bâtiments chargés de blé et de denrées ; P. Morpain en prend neuf autres en dix jours. — La plupart des na-

vires anglais refusent l’abordage des corsaires : ils préfèrent se rendre corps et biens.

| 80 Préparatifs simultanés : - Jes Anglo-Américains reconnaissent

leurs échecs successifs, depuis 20 années. — Délégation à Londres d’un comité officiel, conduit par Samuel Vetch, afin de décider la métropole à seconder leurs derniers efforts : —la reine Anne et ses ministres, fiers des victoires remportées en Europe, siasissent l’occasion propice : ils sont résolus à frapper un coup décisif : “il faut que l’Acadie redevienne la Nouvelle-Ecosse ”. — Le 10 mars 1710, commission royale octroyée à Francis Nicholson, qui l’autorise à lever un corps expéditionnaire, avec le concours des gouverneurs du Mass., du Conn., du R.-I, du N.-H. — Le 15 juillet, le général débarque à Boston : en trois mois, il a tout organisé pour l’incursion contre Port-Royal : c’est la réalisation des prévisions de M. de Subercase.

lo Siège de Port-Royal : — Je 5 oct. 1710, la flotte anglo-américaine

entre dans le bassin et va mouiller au-dessus de l’Ile-aux-Chèvres, à 5 milles du fort ; — Je lendemain, débarquement de 3,400 combattants : le grand nombre va écraser une poignée. —Le 7, canonnade partie du fort, escarmouches, bombardements. — Par malheur, M. de Subercase ne peut compter que sur une troupe d'élite : il redoute les désertions et n'ose lancer les autres combattants hors de l'enceinte. — Le 9 et le 10, les assiégeants poussent avec vigueur leurs retranchements, pour mettre à l’abri les batteries de siège : ils ouvrent alors un feu si violent que 50 habitants et 7 soldats se sauvent hors de la place. — La résis-

tance est inutile, impossible : et l’on se décide à engager des pourparlers.

| 2o Conditions de la capitulation : — selon le récit de Nicholson,

dans l'après-midi du 10 octobre, deux parlementaires français se présentent pour demande: la libre sortie des femmes et enfants réfugiés au fort : assentiment du général. — Le 11, pétititionnement des habitants au gouverneur pour qu’il traite avec l'ennemi. — Mais M. de Subercase résiste toujours, répondant feu pour feu, la journée du 12.— Deux parlementaires, le colonel W. Taylor et le capitaine James Abercromby, lui apportent une sommation dictée par leur chef. ( V. Mém. des Comm., t. II). — Moralement abandonné, sur l'avis de ses officiers, le gouverneur consent à négocier les conditions : elles sont établies par le colonel Robert Redding, le capitaine Th. Matthews d'une part, et

VIII° Perte (1710)

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Simon-Pierre Denys, sieur de Bonaventure, capitaine de frégate, lieutenant du roi, et Matthieu De Gouttin, commissaire général, d’autre

part.

30 Articles adoptés : — 1. La garnison sortira avec armes et bagages, tambours battants, drapeaux déployés ; — 2. Navires avec pro-

visions pour transporter la garnison en France par la route la plus courte ; — 3. Six canons, deux mortiers, au choix du gouverneur ; — 4, Les officiers emporteront tout leur bagage ; — 5. Les habitants, à une portée de canon du fort, conserveront immeubles, meubles, bestiaux, et prêteront serment d’allégeance, sinon, ils auront 2 ans pour les vendre ; — 6. Il sera fourni un navire de corsaire français pour les rapatrier ; — 7. Ils pourront aller à Plaisance (T.-N.) ; — 8. Les Canadiens et Acadiens, au Canada, durant l’espace d’un an ; —9 L'aumônier emportera les ornements et vases sacrés ; — 10. Promesse de livrer le fort, après trois jours suivant la ratification ; — 11. Indication alors des mines et casemates ; — 12. Exécution de tous ces articles, signés des deux partis, sur bonne foi, sans difficulté, ce 13è jour d’octobre 1710 ”. — “ Portée de canon, égale trois milles anglais ”: le nombre des personnes comprises dans l’art. 5, selon la liste du capitaine Louis Allain, s'élève à 487.

40 Reddition de Port-Royal : — le 17, le général se rend au fort, avec les deux otages français et son état-major, suivis de 200 hommes ; — le gouverneur, escorté de ses officiers, les accueille à mi-chemin, avec les deux otages anglais. — M. de Subercase : ‘ Je suis fâché du malheur du roi, mon maître... ; je m’estime heureux de tomber dans les mains d’un général aussi noble et généreux. Je livre les clefs du fort et de tous les magasins, avec l'espoir de vous faire une visite, au prochain pr ntemps !”’ — Nicholson tend les clefs au colonel Vetch, nommé

| gouverneur par anticipation (19 avril) de la Nouv.-Ecosse. — Défilé de la garnison en guenilles : drapeau britannique au fort, coups de canons de la place et de la flotte : — Port-Royal est baptisé du nom de Annapolis-Royal, avec 400 soldats de garnison.

lo Dernières heures : —le 21, jour solennel, où le Rév. J. Harrison officie à la chapelle du Récollet Félix Pain, qui suivit de Plaisance M. de Brouillan (1702). — Le 22, conseil de guerre qui rédige une lettre à M. de Vaudreuil, confiée au major Livington et au baron de Saint- Castin, qui se rendent à Québec (23 oct.) — Proclamations aux sujets britanniques, aux Acadiens et aux indigènes. — Le 24, embarquement | à bord de trois vaisseaux : selon le récit de N icholson : 149 militaires, 109 civils ; — selon le calcul de Rameau : 156 et 96. — Le vainqueur verse à M. de Subercase 7,459 liv. pour les canons réservés : le 25, les transports descendent à l’Ile-aux-Chèvres ; échange, le 30, de marques de politesse entre les deux chefs qui se séparent sur leurs bâtiments respectifs. — Le 6 nov., Nicholson rentre à Boston en fête et en allé. gresse ; un mois après, M. de Subercase aborde à La Rochelle.

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20 Après la Conquête :-—le 13 nov. 1710, lettre des notables d’Anna-

polis à M. de Vaudreuil par M. D’Amours, sieur de Clignancourt : “attendant que vous Puissiez nous fournir les

secours nécessaires pour

IX° nous retirer de ce malheure « pays !” — Le 24 décembre, lettre de Après la M. de Pontchartrain à l’incendant de Rochefort, M. de Beauharnois, 1 sur “le dessein de reprendre l'Acadie aux Anglais, en le priant de dis-

conquête | cuter avec M. de Subercase et ses officiers un plan détaillé, afin d'effacer (71013) ; les mauvaises impressions de la faible défense qu'ils ont faite, etc...” —

Regrets tardifs et doléances in nistre, s'appuyant sur 14 lettres ou mémoires | litaires de Port-Royal | un conseil de que

30 Dernières années de M. de Subercase :

de service (1674-1710) ; il refuse l'offre de de son âge, de l'incapacité du ministre de la Marine, de sa parcimonie à son endroit, — ‘ Dans son poste de Bouverneur, écrit l’abbé Casgrain, il eut à cœur le bien public, celui de la religion, la prospérité de l’Acadie ; les vertus militaires s’alliaient en lui au désintéressement et à l'intégrité du caractère... Avec 500 hommes, il eut sauvé la colonie contre des forces quatre ou cinq fois plus nombreuses ”.— Quelques biographes le font mourir à Paris, le 9 nov. 1732 ; d’autres, à Cannes,

le 19 du même mois. — Trois ans après, Le traité d’Utrecht (Hollande) réglait le sort définitif de l’Acadie (1713).

— il compte alors 36 années Passer au Canada, en raison

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