IV
Personnages
principaux du drame
que l’idée de la déportation a germé dans l'esprit de Craggs, s’est enracinée et développée dans la mentalité de ses successeurs. — De plus, Robinson avait juste alors sur les bras les réclamations diplomatiques de l'ambassade de France, en faveur des Acadiens. (V. Rameau, t. 2, p. 156).
20 Charles Lawrence (1709-60) : - né à Portsmouth (Angl.) le 14
déc. 1709, enseigne (1727), il suit (1729) son régiment à New-York, à Boston, en Virginie ( 1732), et aux Antilles (1733-37) ; promu lieutetenant (1741), capitaine (1742), il est blessé à Fontenoy (11 mai 1745) ; —-renvoyé à New-York (1747), de là à Louisbourg qu'il évacue avec la garnison (1749). — Conseiller à Halifax (1749), administrateur au départ de Hopson malade, lieut.-gouverneur (1753-56) et gouverneur (1756-60), recevant du roi la juste rénumération de son crime. Homme d’une haute stature, imposant, despote, mais intelligent, énergique, très actif et expérimenté, les moyens du succès lui importaient peu, ambitieux doublé d'un fourbe, propre à tout, sans nulle élévation d’âme, ni bonté de cœur. — Il se distingua (1758) au siège de Louisbourg et à Québec, avec le rang de Brigadier en Amérique et le titre de colonel. — Le 19 oct. 1760, le surlendemain d'un bal public. il est appelé à rendre ses comptes au Juge souverain : — sur sa mémoire, que la plupart des historiens protestants ont ornée des guirlandes de l’apothéose, pèsera l'éternel opprobre du ‘“ Grand Dérangement ”. (V. Hist. Journal by J. Knox, t. 1, p. 40).
30 William Shirley (1693-1771) : - originaire de Preston (Angl.),
entre au barreau, émigre avec les siens à Boston, où il exerce sa profession (1741). — Gouverneur du Mass. (1741-45), il organise l’expédition contre Louisbourg, se fait nommer colonel d'infanterie, — I] séjourne en Angl. (1745-53), est nommé l'un des commissaires des frontières à Paris (1750), de nouveau gouverneur du Mass. (1753-59), commandant suprême des troupes d'Amérique avec le titre de lieut..général ; — gouverneur des tles Bahama (1760), il vint mourir à Roxbury (1771). — Sa mémoire partage avec celle de son ami Lawrence les responsabilités de la déportation, grâce à ses plans odieux d’apostasie des Acadiens et de sa correspondance ininterrompue avec les secrétaires d’État, durant 20 années. (WV. The Makers of Can., Index).
{ 1o Robert Monckton (1726-82) :__né dans le Yorkshire (Angl.),
enrôlé dans les Gardes (1741), sert en Flandres, capitaine (1744), aidede-camp à Fontenoy, major (1747). lieut.-colonel (1751). — Il passe à Halifax (1752), devient conseiller, lieut.-gouverneur d'Annapolis (1754), marche à la tête de 1,500 hommes et s'empare des forts Beauséjour et Gaspareau (1755) : — Lawrence le charge de l'expulsion des Acadiens, ce qui lui mérite le titre de lieut.-gouverneur de la N.-E. (décembre). — Il se bat sous les murs de Québec et tomhe blessé aux Plaines (13 sept. 1759). — Promu colonel, il est commandant de la garnison à Philadelphie, major-gén. et gouverneur de New-York (1761),
| puis il prend sa part à la conquête des Antilles françaises, rentre à L
| dres (1763), choisi comme &ouverneur de Berwick et de Holy Isla promu lieut.-gén. (1770) ; enfin, Bouverneur de Portsmouth (17 et son député aux Communes (1779-82) : il meurt le 3 mai de ce année. (V. Ænoz’s Journal, t. I, p. 163).
20 John Winslow (1702-74) : - né à Plymouth (Mass), il devie
se rend au fort Saint-Ges + — Promu major-gén., il € vre d'incendie, de Pillag d'expulsion ( 1755) ; — puis, il sert dans les troupes de Wolfe (175
Personnages 59). — En 1762, il est affublé juge en chef de la cour de sa ville natale il mérita de laisser son nom à une ville du Maine. (V. The Make secondaires Index).
So Charles Morris : — originaire de la Grande-Bretagne, émigré Boston, ami de Shirley, qui le nomme arpenteur général de la N.-E. - Il commande un détachement, opérant à la Grand'Prée, après avo tracé le plan de la déportation, en notant d'avance la moindre locs lité habitée, — En 1775, il devient conseiller, répartiteur du sol cul tivé aux colons protestants, et juge de la Cour Suprême jusqu’à so décès (1781).
lé Agents secondaires : 1. John Handfeld,
seiller à Halifax (1755), marié à Annapolis, où il commande : — so] fils Thomas épouse à Québec (7 janv. 1764) Marie Poulin, ancêtre: des Handfield de Montréal. — 2. Alex. Murray, digne émule des officiers de son rang dans l’astuce, la haine, la cruauté envers les innocents. — 3. Winkworth Tonge, John Hussey, le capitaine Scott, et surtout le traître Thomas Pichon, espion à Beauséjour, | à Halifax et à Londres (1758-81). (V. d'Arles, t. II, p. 95). — Con. sultation à Halifax par Lawrence de l’
ge (Maine) pour pacifier les Indiens ( 1752) V° LH
major (1754), con
ps (15 juillet
à prêter le serment ou à quitter le pays ”.
[ lo Plan de Morris : l'arpenteur a fait d'avance le relevé des loca- |
| lités acadienner, suggère les moyens de les traquer sûrement dans le piège, de prévenir leur fuite, de les forcer à subir la déportation : — ce rapport officiel, conservé par le Révr. Andrew Brown, fut rédigé sur l'impulsion de Lawrence. (V. Mém., de la S. R. C., t. VI, 1888, P. 65).
20 Les Mines : Je plus peuplé des districts : ‘ en 1748, dit-il, il y a 180 familles ; — à Gaspareau, 30 ;: — à la Rivière-des-Habitants, 16 ; — toutes dans la région de la Grand’ Prée ( Grande-Prairie), sur un espace de six milles.” 80 La Riv.-aux-Canards : située au sud-ouest, comprenant 159 | familles, dont 50 sur es hauteurs, 60 sur le versant ouest, 25 sur les
ntre à Lonoly Island, uth (1778) ai de cette
il devient aint-Georgén. il est le pillage, fe (1753le natale :
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t 150 sur les
VII° Prologue du drame
deux rives de l'embouchure, 10 dans la direction de la Riv.-des-Habitants, 5 sur le cours d'eau Perrot.
40 La Rivière Piziquid : ——- colonie située au sud-est, au-dessus du confluent de la rivière Sainte-Croix, entre le fort Edouard et les Mines, sur la route de Halifax : — population au-dessus de 150 familles, sans compter celles du Cap Fondu.
5o Cobequid : -- colonie dispersée sur une étendue de 12 lieues, portant diverses appellations : villages Doucet, Hébert, Petite rivière, Noel, Bourque, Grosse tle, ete. 3 —— Comprenant dans ce district environ 142 familles.
60 Annapolis et environs : — peuplé de 200 familles, sur les deux ver- | sants de la rivière, distribuées en villages ou hameaux : — district | bien cultivé et très fertile.
To Autres districts : —- situés à Beaubassin, Peteoudin, Chipoudy, Tintamarre, Memramcouk, plus au nord, à Gaspé ; — puis la rivière Saint-Jean, le Cap Sable. — Le rapporteur Morris se montre désolé de constater qu'il sera difficile d'y pratiquer la déportation immédiate : — en effet, elle n’y eut lieu que plus tard—ou point du tout. — Ce qui a permis aux Acadiens de ne pas disparaître fous jusqu’au dernier. (V. Henri d'Arles, ibid, p. 340).
lo Accusations hypocrites : — en 1764, Lawrence, administrateur de Hopson (1753), devenu lieut.-gouverneur (6 août 1754) inaugure son rôle de bourreau ou d’exécuteur de l’œuvre d'expulsion : — il réussit
à combiner une série de griefs : — 1. Relations avec les Français voi-
sins, en travaillant pour ceux-ci et en leur vendant leurs produits agri-
coles ; — 2. Emigration d'un bon groupe chez les Français : — 3.
| Ordre formel du retour immédiat ; —- 4. Défense d'émigrer ; — 5. Connivence tacite avec l'ennemi, dont les Acadiens ne dénoncent point les secretes intelligences au gouvernement anglais....— En 1766, Lawrence devient persécuteur : informations du traître Pichon, tentative de trois soldats français, enrôlement de force de 300 Acadiens au fort Beauséjour, prise de ce fort (16 juin 1755). — Ces griefs allument sa fureur : — enlèvement de 400 fusils à domicile ; ordre de livrer le reste (2,000 environ) ; — requête repoussée et livraison volontaire des armes à feu : — nouvelle requête, qualifiée d'’insolente, d'où l'arrestation première des 24 délégués à Halifax, faute de prêter le serment sans réserve ; — leur séquestration à l'ile Saint-Georges et plus tard leur bannissement sans revoir leurs familles respectives...
20 Agissements des lords du Commerce : - le 4 avril 1754, ils répondent à Lawrence que “ les Acadiens n’ont en fait aucun droit sur les propriétés que moyennant le serment d'allégeance absolue et sans
réserve aucune ‘ ; — le 29 octobre, ils l’avisent de consulter Shirley lu qui a laissé entendre à lord Halifax que l'on peut avoir un nombre considérable de colons de la N.-A., prêts à se fixer dans ces régions ”, de “* prendre l’avis du juge-en-chef (Jonathan Belcher) ”’, — de “ n'y