‹ Tableaux synoptiques de l'histoire du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 22 sur 50 · B.—NOTIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

B.—NOTIONS PRÉLIMINAIRES

1. Ses idées politiques : — “ Le métier de roi, dit-il dans ses Mémoires, est grand, noble, délicieux, quand on se sent digne de bien s'aquitter de toutes les choses auxquelles il engage”. — Il est doté par la nature d'un grand bon sens, d'un tact délicat dans le discernement des hornimes ; — il a une volonté ferme, infatigable, agissante. — Sa longue vie s'écoule aux séances des divers Conseils. — La formule “ l'Etat, c'est moi ”, est l’expression de son absolutisme envers ses sujets. — Son autorité va jusqu’à l'arbitraire par le système des lettres de cachet ou lettres portant le cachet royal, contenant un ordre ou une menace d'emprisonnement ou d’exil ; — elle est indiscutable, étant de droit divin. — A dessein, il écarte des marches du trône les princes du sang, les grands, les ecclésiastiques, et ne prend que l'avis des gens de robe et des roturiers,

2. Ses idées religieuses : — Cette autocratie, il l'introduit dans l'Eglise (épiscopat) et dans le sanctuaire (discipline et culte). — I] personnifie le gallicanisme, par quoi il considère l'Eglise de France comme indépendante en certains points de l'autorité du Pape : — droit de régale, qui lui permet de percevoir les revenus d’un évêché vacant, d'une abbaye vacante et de Pourvoir aux bénéfices qui en dépendent ; choix des évêques et proposition à Rome, ingérence dans les questions du culte. — S'il protège le catholicisme, à l'exclusion des sectes, c’est pour son avantage ct selon ses caprices. — Dès 1684, madame de Maintenon sut le ramener à la piété.

3. 8a conduite morale : — en 1660, il épouse Marie- Térèse d'Espagne, qu'il daigne estimer, honorer, femme de vertus remarquables. — En 1662, il s'attache à Mademoiselle de la Vallière ; — en 1667, à la marquise de Montespan, puis à Mademoiselle de Ludres et de Fontanges. — En 1684, il s’unit morganatiquement à madame ‘’e Maintenon. — Sur onze enfants naturels, six survécurent et furent légitimés.

4. Son caractère : — taciturne, maître de sa physionomie, de ses gestes, de son langage, il ne hasarde jamais un mot blessant : — il dissimule un colossal égoïsme, une sé. cheresse de cœur qui l’avoisine du mauvais père, de l'époux médiocre, du prince ingrat, — il ne montre ses sentiments qu’envers ses bâtards, le duc du Maine surtout.

5. Ses résidences : — Je Louvre à Paris (1643-82) ; — J'ersailles (1682-1715) : — tantôt à Marly, tantôt à Trianon, tantôt à Fontainebleau, à Saint-Germain, — Palais et jardins, œuvre de 36,0000 hommes (1685), coûtant 116 millions...

1. Le Conseil d'Etat ou du roi : — composé de 18 conseillers, est le grand corps politique et administratif du royaume ; — actes et édits royaux : — assemblées quatre fois la semaine.

2. Le Conseil d'en haut : — présidé par le roi, compte trois membres ( Fouquet, Le Tellier, Lionne) ; — délibère en secret sur les grandes affaires.

3. Le Conseil des dépêches (mardi) : — composé de quatre Secrétaires d'Etat. — qui discutent les rapports des Bouverneurs de villes et de provinces, des intendants.

ception des impôts, les réclamations des villes et des provinces.

5. Le Conseil financier ou contentieux (jeudi) : — examine les plaintes parti. culières contre les agents du fisc.

6. Le Conseil des Parties (samedi) : — cour de cassation, qui annule les arrêts des cours ; — sans exercer la justice criminelle ; — évoque les cas litigieux.

7. Le Grand Conseil : — connaît des procès concernant les évêchés, les bénéfices ; — des conflits entre Parlements et Présidiaux. — Vinrent aussi : — Le Conseil du commerce, créé par Colbert ; — le Conseil de la guerre, par Louvois ; — le Conseil de conscience, pour les affaires ecclésiastiques.

1. Les Secrétaires ou indis Cleres du secret dont ils étaient dépositaires:— ne sont autres que les ministres du roi (1661).

2. Le Chancelier où garde dés sceaux: — inamovible, préside toutes les cours de

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justice. — Pierre Séguier ( 1635-72) ; Etienne d’Aligre (1674-77) ; Michel Le Tellier (1577-85) ; Louis Boucherat (1685-99) ; Jérôme Phélypeaux de Pontchartrain (1699- 1714) ; Voisin (1714-17).

3. Le Controleur général ou surintendant des finances : — est supprimé, après la disgrâce de Fouquet (1665) ; — la fonction est dévolue au ministre principal, qui veille à la prospérité publique. — Titulaires : J.-B. Colbert (1666-83) ; Claude Lepelletier (1683- 89) ; Louis Phélypeaux, comte de Pontchartrain (1689-99) ; Michel de Chamillard (1699- 1707) ; Desmarets (1708-15).

° 4. Les quatre Secrétaires d'Etat : — à qui le roi assigne leurs attributions. — III er ne ee :

ertaines branches de l'administration : commerce, colonies, postes, manufactures. ns Le roi les rattache aux fonctions des plus méritants : d'où cumul entre les maias d'un Les Secrétaires seul :

a) Le Secrétaire des atfaires étrangères : — donne les instructions aux am'assad'Etat sadeurs, aux plénipotentiaires. — Titulaires : Hugues de Lionne (1663-71) ; Armand de Pomponne (1671-79) ; Colbert de Croissy, frère de Jean-Baptiste (1679-96) ; Pomponne (1696-99) ; Torcy ( 1699-1716)

(1662-1715) b) Le Secrétaire de 14 guerre : — donne ses ordres aux généraux, pourvoit à la subsistance des troupes, aux fortifications, à l'artillerie... — Titulaires : Michel Le Tellier et son fils François, marquis de Lourois (1662-1691) ; Louis de Barbezieux, fils de ce dernier (1891-1701) ; Chamillard (1701-09) ; Daniel Voisin (1709-15).

c) Le Secrétaire de la marine : — créé en 1669, il a la charge des galères, des tiottes, des colonies, etc., des amirautés, des intendants des ports. — Titulaires : J.-B. Colbert (1669-83) ; son fils, le marquis de Seignelay (1683-90) ; Louis Phélypeaux de Pontchartrain (1690-99), et son fils Jérôme de Pontchartrain (1699-1715)1

d) Le Secrétaire de la Maison du roi : — est chargé des palais, des arts, des honneurs de la noblesse, des lettres de cachet. — Colbert et son fils (1668-90) ; puis, la famille des Pontchartrain s’en fait un apanage, jusqu'en 1775.

Ainsi, le vouloir du prince a tout centralisé : nul ne remue dans le royaume sans son

autorisation, son bon plaisir.

1o Premiers actes du roi : — le 9 mars 1661, Louis XIV, à 23 ans, inaugure son gouvernement personnel. — Ses premiers actes révèlent à l'Europe ses aspirations à jouer le premier rôle.

20 Humiliation de l'Espagne : — à Londres, Watteville, ambassadeur de Madrid veut prendre le pas sur le comte d’Estrades, de Paris : — bagarre où succombent des Français (1661). — Philippe IV cédera désormais la préséance aux représentants de Louis

IV° 30 Humiliation de l'Angleterre :— Charles II devra renoncer au salut traditionnel du pav.Ilon français sur les 4 mers britanniques, — et châtier les meurtriers des gens de l'ambassade.

Diplomatie 40 Humiliation du Pape : — Alexandre VII a reçu “avec froideur, aigreur, éclat ”’, l'envoyé royal, le violent duc de Créqui. — Le 22 août 1662, la garde corse du Pape tire royale sur le carrosse de la Duchesse, tue un page, blesse un laquais, un gentilhomme. — Le roi confisque Avignon, exige à Rome le licenciement de la garde, l'érection d'une pyra-

mide expiatoire.

60 Humiliation des Turcs : — des croisières royales (1661-62) délivrent la Méditerranée des pitates barbaresques. — Les armées du Sultan sont battues par l’Autrichien Montecuccoli, aidé de 6,000 Français, devant le monastère de Saint-Gothard, sur la Raal (Hongrie) ; — parmi les troupes françaises, se signale le fameux régiment de Carignan

| (1664). — Dunkerque est acheté (1662) aux Anglais pour la somme de 5 millions...

1o Guerre de Hollande et de l'Angleterre (1665-67) : — guerre maritine, qui suit l'enlèvement (1664) de la Nourelle-Belgique à la Hollande par l'Angleterre. — En 1666, Louis XIV envoie 8,000 soldats en Hollande, gardant son escadre à Brest. — Le 4 juin 1667, l'amiral hollandais Ruyter entre dans la Tamise et menace Londres. — La Suède

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Les guerres

de Louis XIV

Louis XIV et son action au Canada (1659-1715)

offre sa médiation : — des conférences s'ouvrent à Bréda (place forte du Brabant septen-

trional) ; — la paix y est signée, le 31 juillet 1667 : — L'Angleterre restitue à la France,

20 Guerre de Dévolution (1667-68) : — c'est un droit particulier, Par lequel Louis XIV, à la mort de Philippe 1V d'Espagne, réclame une partie des Pays-Bas, du chef de son

liance de La Haye avec la Suède et l'Angleterre : — quatre années de paix. 80 Guerre de Hollande (1672-79) : — C'est la conquête de la Franche-Comté et de quinze villes de Flandre, — que l'Espagne cède à la France par le traité de Nimègue (ville de la

province de Gueldre, Hollande), signé le 17 septembre 1678. — Louis XIV est à l'apogée de sa gloire.

40 Guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-97) : — Ja France est en présence de l’Allemagne, de la Hollande, de l'Espagne, de la Suède, de l'Angleterre (1689). — La guerre se déroule sur cinq théâtres : — en Irlande, où Jacques II se fait battre, à la Boyne, par Guillaume d'Orange, roi d'Angleterre (ler juillet1690) ; — en Allemagne, en Italie, en Hollande, en Espagne. — Clauses du traité de Rysvick (près de La Haye, Hollande), du 9 mars au 20 septembre 1697. Louis XIV doit reconnaître Guillaume III comme roi d'Angleterre, restituer à l'Espagne le Luxembourg et la Catalogne, tout en gardant Strasbourg et Sarrelouis ÿ — mais ses plénipotentiaires négligent de se rendre raison des exploits des Français au Canada : les choses sont laissées dans l'état et la baie d'Hudson reste à la France.

6o Guerre de la Succession d'Espagne (1701-14) : — Charles II est mort sans postérité (1700). — Louis XIV place sur le trône d'Espagne le second fils du Grand Dauphin, Philippe V (1700-46). — Toute l’Europe se ligue contre la France. De 1701 à 1704, la fortune des armes est indécise; — de 1707 à 1710, période des plus cruels revers 3 — de 1710 à 1714, -période de victoires inespérées, et désunion des ligueurs. — La guerre se termine par les cinq traités d'Utrecht — ville située à peu de distance d'Amsterdam : — le 13 avril 1713, l'Angleterre et la France conviennent de : la reconnaissance officielle de la Maison brotestante de Hanovre et l'expulsion du prétendant catholique, Jacques

IT ; — la cession de la baie d'Hudson, de l'Acadie, de Terre-Neuve :—Ja démolition des fortifications de Dunkerque.

antérieur à la guerre,

* par année :

mais durant la traversée, plusieurs succombent à la picote, tous les ans. — En 1665, il

fait équiper les Compagnies du régiment de Carignan, pour 234,074 livres. — De 1667 à 1672, il verse annuellement 300,000 livres. — ]] engage officiers et soldats libérés à s'établir au pays : il fut obéi. — Aux familles de dix enfants il accorde 300 liv., 400 à celles de douze ;—plus, les cadeaux aux mariées indigènes. & procuré à la colome 4,000 dmes. — Il eût pu faire davantage ; mais alo n'est pas goûtée du grand nombre,

20 La suite : — de 1664 à 1674, la Comp. des Indes occidentales a perdu au Canada trois millions et demi. — Alors la Couronne rattache la Nouv.-Fr. à son domaine. — Par malheur, le roi est engagé dans la guerre de Hollande ( 1672-79) : il rengnce à faire les frais du peuplement et de la mise en Valeur du sol. — En 1673, cesse la publication des Relations des Jésuites, féconde réclame de colons, durant 50 années... — M. de Frontenac est un militaire de mérite, non un Talon organisateur : “* l'augmentation de la colonie est pres. que la seule chose qu'il doit viser :” — c'est la chose qu'il néglige le plus, — Le budget de la Nouv.-Fr, se chiffre à 36,000 liv. : c'est insuffisant, — Annuellement, le roi se voit forcé de le compléter : ainsi, en 1679, il verse un subside de 47,260 liv. ++ — Dans la suite, il est loin de se désintéresser de la colonie,

80 La fin : —Jes guerres de la Ligue d'Augsbourg et de le Succession d'Espagne,

une pension de — En 14 ans, il rs l’expatriation

les énor.

mes dépenses de la Construction du palais de Versailles. .., achèvent d'épuiser la trésor

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royal. — Les ministres sont souvent des administrateurs incapables. — Néanmoins le roi fait face à l’équipement des troupes, en 1684, 1687, 1689 ; — ainsi que des escadres de Terre-Neuve, de l’Acadie, de la baie d'Hudson (1686-1707). ...Le 1er sept. 1715, Louis le Grand meurt, en disant à Louis XV, son arrière-petit-fils, âgé seulement de 5 ans : “ J'ai trop aimé la guerre et les trop grandes dépenses

L° Jeunesse et Physionomie morale de Champlain

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