CHAPITRE II LA FONDATION DE Quésec
lo Renouvellement du monopole (1608-09) : — après 3 ans et demi d’absence, Champlain visite Brouage, ‘‘ et ensuite je fus trouver le sieur de Monts, auquel je récitai les choses les plus singulières et lui donnai la carte et le plan des côtes et ports les plus remarquables. ”” — Grâce à lui, Henri IV consent à proroger le titre et le privilège de Pierre de Guast, sans conditions, äu 7 janvier 1608 au 7 janvier 1609. — Le
1° sieur de Monts, dit Ci::aplain, résolut de continuer une si généreuse
entreprise, quelques peines et travaux qu'il eut eus par le passé. ” Mobiles 20 Choix du Saint-Laurent : — Port-Royal appartenait au baron de Poutrincourt. — Ni les ressources, ni l'espace de temps du monopole ne de la permettent de songer à s’£tablir sur les côtes du Maine ou du Mass. — On choisit le St-Lauren., en raison du trafic assuré à Tadoussac, des fondation : richesses maritimes et forestières, de la beauté des sites, de la facilité de pénétration dans l'intérieur, des desseins de nouvelles découvertes ses en amont du grand fleuve, — en raison de l'absence de toute concurrence ou compétition. — Le désavantage devait venir de la fermeture du golfe
instruments durant l’hiver, chaque année.
30 François Du Pont-Gravé (1664 ?-1630) : — ce Malouin est un pilote accompli, un habile trafiquant ; — époux de Christine Martin, qui lui a donné deux enfants, Robert et Jeanne, laquelle se marie à Claude Desmarais ou Desmarets. — Il] est le fondé de pouvoirs du sieur de Monts pour la traite des fourrures, durant l’expédition.
1o Préparatifs : — l’activité de ces trois hommes se dépense avec intensité ; en trois mois, ils ont chargé deux bâtiments de matériaux, de provisions, de munitions ; — ils ont raccolé l'équipage, loué les services d’artisans et d'ouvriers. — Le 7 avril 1608, le Lièvre, commandé par Du Pont-Gravé, lève l’ancre à Honfleur ; — le 13, le Don-de-Dieu, commandé par Champlain, met à la voile. — Tadoussac est alors Le terminus de la navigation atlantique ; — c’est une erreur d'affirmer que le Don-de- Dieu remonta le fleuve jusqu’à Québec ; le trajet semble alors trop dangereux, faute de pilote averti : il l’est encore aujourdh’hui,
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son ions
| 20 Arrivée des Vaisseaux : — ;j Tadoussac,
Du Pont se voit réduit, en II° vertu du monopole, d'engager la lutte avec Darache, capitaine basque, qui l’a devancé au trafic.—Champlain, lieutenant du sieur de Monts, Fondation entre en rade le 3 juin : il ménage un accommodement entre les deux pilotes dissidents. — Il apprête aussitôt une barque pour transporter à de Québec une partie du matériel d'installation ; — puis il va reconnaître le Saguenay, où il recueille de vagues informations sur les lacs intérieurs
Québec et la baie du Nord (Hudson).
30 Habitation de Québec : — Je 3 juillet, il est au pied du promontoire (1608) an
"+ —— Trente hommes entament la forêt, creusent caves et fossés, — tandis
qu’un groupe de matelots navigue sans répit entre Tadoussac et Québec, IVè Voyage apportant vivres et munitions, ustensiles et meubles, — Fatigues et convoitises sont mauvaises conseillères :
de et Duval, trament un complot contre la vie d
Champlain
onspiration au Capitaine Têtu : Duval est
et graciés plus tard par (1608-09) M. de Monts... — L'habitation Comprend 3 corps de logis à deux éta-
8es, — une galerie, servant de promenoir, — un fossé, profond de six pieds ; — un jardin défriché (septembre) : — c'est le noyau de la future Capitale de toute la N ouv.-France.
do Résultats : — comme providentiellement, le catholique Champlain a pris possession effective de la N-F.:il a fait vite et bie royaux, avec l'appui d'un calviniste et l’aide d° monopole pour lui c'était de fonder le poste en 4 quant à Du Pont, il a exercé à Tadoussac, et sans doute à Gaspé, un Commerce fructueux avec les indigènes. — Le 18 sept. il part pour la France, laissant à Champlain un contingent de 27 hommes.
n, sans les secours un pilote breton. — Le mois (juin à sept.) ; —
lo Continuation de l’entreprise (1609) :
janv. 1609, — Sully refuse d’en agréer un nouveau, III° i
ds du royaume, — lesquels toutefois Verseront au sieur de Monts une compensation de 6.000 livres (6 octobre Continuation 1609). — Mais la traite de Tadoussac a bien payé ; — M. de Monts et
ses associés de Rouen, Collier et Legendre ‘ résoluren
t de continuer l’hade bitation et les découvertes : ” c’est le salut de la N.-Fr. au berceau. 20 Ravitaillement du poste : — Je 28 mai, Du Pont débarque à Tadousl’œuvre sac. — Le 5 juin,
son gendre Desmarais est à Québec : — durant l'hiver, Champlain y a hospitalisé des familles indigènes ; 10 Français ont péri - Bientôt arrive Du Pont à l’habita-
tion : il discute avec Champlain l'opportunité d'aller ‘aux découvertes” du pays et de nouvelles tribus.
Lu
IV° Découvertes des lacs Champlain et St-Sacrement * *
Ière re... ntre des Iroquois
lo Excursion et expédition :— le 18 juin, avec Desmarais, Laroute
et 9 braves, il remonte le fleuve et passe : — à la rivière Sainte-Marie (Ste-Anne-de-la-Pérade), à Batiscan, où sont cabanés Hurons et Algonquins, attendant les Montagnais de Tadoussac. — Tous redescendent à Québec, où Du Pont se présente avec un fort détachement, — Le 3 juillet, les sauvages ont regagné les Trois-Rivières. — Champlain traverse le lac St-Pierre,signale au nord la riv. Ste-Suzanne (Riv.-du-Loup), au sud celle de Du Pont (Nicolet), celle de Gênes (Yamaska) ; — il séjourne deux jours à l'embouchure de la Riv. des Iroquois (Richelieu) “qui a 500 pas de large et est fort belle.” — En amont, à 15 lieues, “ il y a 9 ou 10 belles îles jusques au Saut (Rapide de Chambly), dont l'entrée est une manière de lac (bassin de Chambly)... Aucuns chrétiens n’étaient encore parvenus jusques en ce lieu . *” — Le 12, 60 hommes en 24 canots franchissent le Saut, jusques à une île (Ste-Térèse). — Au bivouac, oracles des sorciers sauvages qui “ de cent paroles n’en disent pas deux véritables. ” — Le lendemain, pêche et chasse.
20 Découverte des lacs Champlain et St-Sacrement : — le 14 juillet,
on pénètre dans un lac (Champlain), “ où je vis 4 belles îles (Ile Longue, Grande Ile, Lamotte, Valcour).—- Traversée du lac et passage d’un Saut (Ticonderoga). — Entrée dans un autre lac (St-Sacrement, lac George), ‘ de 9 à 10 lieues de long, ” à deux jours du pays ennemi.
3o Première rencontre des Iroquois : — on signale la présence des
Agniers au bout d’un cap (Crown Point). — Provoqué, l’ennemi accepte le combat pour le lendemain : 200 guerriers. — Désarroi, débandade, lorsque tombent trois chefs sous les balles de Champlain et des deux Français ; — abandon et prise du fort en pieux ; 12 prisonniers ennemis, 16 blessés alliés ; pillage du camp iroquois. — Départ, le 29 : ‘“ On appela le lac lac Champlain. ” — Puis on se sépare des alliés au Saut (Chambly). — On descend à Tadoussac avec les Montagnais.
40 Causes et résultats : — Plusieurs historiens ont condamné l’interven-
tion de Champlain, mais sans fondement : — avant lui, les hostilités étaient traditionnelles parmi les Indiens, et le trafic, dès 1600, engage Français et Montagnais à s’allier ; — les Iroquois, relégués à l’intérieur, ne font point la traite encore ; — pouvait-on prévoir leur nombre, leur organisation, leur contact futur avec Hollandais et Anglais ? — le refus de concourir avec les alliés n’exposait-il pas Champlain et sa poignée d'hommes à de: pièges et à des représailles contre Québec ? Combien de temps l’Iroquois tiendrait-il contre les armes à feu ?... — Les résultats de l’expédition accréditent les Français aux yeux des alliés : c’est une garantie nécessaire et immédiate pour la fondation et son développement. — Les projets de Champlain devenaient ainsi une réalité, conditionnant le commerce néct saire aux frais d'installation et de ravitaillement.
5o Retour en France : — Pierre Chavin est préposé avec 15 hommes à
la garde de l'habitation de Québec. — Le 5 sept., départ des vaisseaux
de Tadoussac ; — le 8 oct., escale au Conquet (Basse-Bretagne), débar- À
quement, le 13, à Honfleur.
route [arie gondent Le 3 traup), l sélieu) ily trée n’én 24 bisent
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lo Liberté du trafic (6 oct. 1609) : — Champlain présente au roi “ une ceinture de poils de porc-épic, deux oiseaux incarnats. .. *” — Le monopole reste supprimé : tous les armateurs des ports ont la l'herté du commerce.—A Rouen, Collier et Legendre “se décident à parachever les dé-
couvertes du St-Laurent : * — une seconde fois, c’est le salut du berceau de la Nouv.-France.
20 De Honfleur à la Riv. des Iroquois (1610) : — le 7 mars. on lève
V° l'ancre, de Honfleur : la tempête jette le vaisseau à Portland, à l’île de Wight ; puis retour à la Hougue (Normandie) , — Malade, Champlain
Ve Voyage va se retablir au Havre, — Le 8 avril, départ de Honfleur ; — Je 19, il touche à Terre-Neuve ; le 26, il atterrit à Tadoussac, où Du Pare vient
de d'arriver de Québec. — Là ‘ tout est en bon état, avec le capitaine sau-
vage Batiscan, ” — Le 14 juin, avec 4 barques de traite, Champlain et
Champlain 60 Montagnais ont rejoint les Algonquins aux Trois-Rivières, selon les conventions.
se 30 Deuxième rencontre des Iroquois : — le 18 juin, les agresseurs traversent le lac St-Pierre, — A l'embouchure de la riv. des Iroquois, une Ile renc=atre centaine d’ennemis est embusquée, — Escorté de 5 Français, Champlain se rend aux palissades du camp : il est blessé d’une flèche à l’oreille et des au cou.—On force l'enceinte, où l'on entre l’épée à la main, et les fuyards se noïent dans le fleuve : trois tués et bu blessés. — Arrivée tardives des Iroquois 80 Hurons, qui troquent avec Du Pont. — Leur chef Zroquet emmène le jeune Marsolet futur interprète, — tandis que Champlain prend à son (1610) service un adolescent indien qu'il nomme Savignon : — échange de promesses des alliés. — Séjour de 3 jours dans une tle (St-Ignace, Lle-du- Massacre, Cap de la Victoire) 40 Retour en France :— le 3 juillet à Québec, — Le 14, Du Parc apporte de Tadoussac la nouvelle de l'assassinat de Henri IV (14 mai 1610) ; — il gardera avec 16 hommes l'habitation, — Le 13 août, les bâtiments appareillent ; le 25 sept. ils sont en vue de l'ile Guernesey, le 27, à Honfleur.
Trois mois après, Champlain, vraisemblablement sur les instances du sieur VI° de Monts, épouse à 40 ans Hélène Boullé (ou Boulay), qui n’en a que 12 : Mariage — elle est fille de Nico, secrétaire de la Chambre royale, et de Marde guerite Alix, calvinistes : — le 29 déc., fiançailles ; le 30, épousailles sans Champlain cohabitation avant 1612, époque de la Conversion de l'épouse. — Dot (1610) de 6.000 livres, qui permet à Champlain de prendre des parts dans l'en-
treprise de M. de Monts.
1o De Honfleur au Saut-St-Louis (1611) : — le 1er mars suivant, dé-
Part du vaisseau de Du Pont-Gravé ; — navigation de 74 jours. retardée par des bancs, montagnes de glace : récit, description d’un poignant intérêt. — Le 27 avril, rencontre du vaisseau de M. de Poutrincourt dans les parages du Cap-Breton. — Le 13 mai, à Tadoussac, où le so] est “encore couvert de neige ; ”’— le 19, à Québec, où tout est bien.
20 Dans l’île de Montréal : — Champlain se hâte de remonter le fleuve à la rencontre des Hurons — Algonquins. — Le 28 mai, il choisit un emplacement qu'il nomme la Place-Royale (Pointe-à-Callières, Saint-Charles) — sur le ruisseau St-Pierre. — terrain labouré par les Indiens. — VII° © “Très bonne terre pour faire des briques... ; ”* — muraille qu'il ma- Sonne pour éprouver sa résistance, l'hiver. — Ile en face qu'il sppelle Vie Voyage Sainte-Hélène, du nom de son épouse (30 mai) ; — ensemencement de deux jardins : succès. — Voyage de Savignon, le 5 juin, au lac des Deux Champlain Montagnes au-devant des Hurons, — tandis que lui reconnaît deux rivières — celles de St-Lambert ct de Montréal. — Un serviteur du sieur à de Monts, Louis, et le Montagnais Outetoucos se noient, revenant de la chasse, dans les eaux du Saut (Saint-Louis). — Le 13 juin, arrivée de Montréal 200 Hurons ; — le 12 juillet, de 300 Algonquins, avec Marsolet : traite fructueuse, présent de 200 peaux à Champlain. — Etienne Brûlé et Nico- (1612) las Du Vigneau, emmenés pour apprendre les langues, et l’on se donne rendez-vous pour l'été suivant.
30 Retour en France : — le 19 juillet, à Québec, “ où je fis charger du chêne pour en faire l'essai en France 5” — le 23, à Tadoussac, et le 11 août, départ sur le bâtiment du capit. Thibaut de la Rochelle, où l’on débarque, le 10 sept. — Visite à M. de Monts à Pons ; — bien que libre à tous, la traite a bien rapporté ; l'entreprise mérite d’être poursuivie, — Tous deux se dirigent sur Paris : en route, chute de cheval qui faillit être fatale à Champlain. — Insuccès à la Cour. — Le sieur de Monts rachète
les parts de Collier et de Legendre : il devient ainsi seul possesseur de Québec, conjointement avec son fondateur.
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