‹ Tableaux synoptiques de l'histoire du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 26 sur 50 · CHAPITRE III La Vice-Royauré er Les CoMpPAGNIEs · texte numérisé non relu

CHAPITRE III La Vice-Royauré er Les CoMpPAGNIEs

1o Trait de génie : — devant la concurrence effrénée des traitants, — les grosses dépenses de l’hivernage annuel à Québec, — l'isolement de M. de Monts âgé et appauvri, mais non découragé, — Champlain “ songe à propos de se jeter dans les bras de quelque grand personnage : le comte de Soissons. *” — C'était s'assurer à ln Cour indifférente l'influence d'un

protecteur, — et sauver ainsi la colonie naissante. 1° 20 Le comte de Soissons (1566-1612) :-- Charles de Bourbon, le plus jeune Champlain fils de Louis, premier prince de Condé — localité actuelle de 624 Ames, fait instituer dans l'Aisne (Champagne) — alors gouverneur du Dauphiné et de la la Normandie, accueille ses propositions. — Le 8 oct. 1612, la Régente lui Vice-Royauté octroie la commission et le titre de vice-roi de la Nouv-Fr., lequel nomme (1612) Champlain son lieutenant parliculier, avec pleins pouvoirs de commander

aux Français et aux Indiens, d'établir des forts, de protéger la religion , de se choisir des associés. .. ete — Le ler novembre 1612, mort soudaine du comte : ln succession de sa vice-royauté passe à son neveu.

80 Le Prince de Condé (1588-1646) : -- Henri de Bourbon a coulé ses six premières années avec sa mère, enfermée au château de St-Jean d'Angély (Aunis), — Il a épousé ( ‘harlotte- Marguerite de Montmorency e là la faveur de Henri IV ;— il se retire avec elle à Bruxell mort du roi amoureux, —- et devint le père du Grand Condé. Pour calmer ses fureurs contre Concini, la Régente le nomme vice-roi de la Nouv.

Fr., avec un mono pole commercial de 12 ans et les émoluments de 3.000 livres annuelles, le 12 nov. 1612,

t perd par es jusqu'à In

1o Combinaison temporaire :-.en 1613, faute de l'organisation définitive d’une Compagnie, le trafic reste libre, mais seulement au-dessous de Québec. — 1] ne peut se faire au-dessus que sur des passe- ports octroyés par le vice-roi : il en distribue se pt, comportant la clause que chaque trafiquant fournira à Champlain quatre hommes de peine.

20 De Honfleur à l'Ile-des-Allumettes (1613) : 1e 6 murs, départ : le 29 avril, à la Pointe-aur-V'aches, où meurt de faim le campement indien : un indigène reconnaît Champlain à la cicatrice de l'oreille ;— le 30, à Tadoussac, où les Malouins, sieurs de La Monnerie et de La Tremblaye promettent le respect des défenses royales, -— Le 7 mai, à Québec :

—- le 21 à la Place-Royale, où l'on traite avec les Algonquins.

80 Excursion sur l'Ottawa : — avec 4 Français et un guide, Champlain s'embarque au-dessus du Saut : l'interprète Du Vigneau, l'accompa-

11° &nant de France, où il a affirmé avoir vu la Mer douce (lac Supérieur) et

la Mer du Nord (Hudson), est du nombre. Le 29 mai, traversée du lac

Vile Voyage St-Louis, où aboutissent ‘ trois rivières, celle de l'ouest (le St-Laurent), celle du sud (Chateauguay), celle du nord (Ottawa) ; "Je 3] mai,

Champlain lac de Soissons (Deux-Montagnes) 5“ puis un saut (le Long Saut) d'une lieue et demie, où l'eau fait un bruit effroyable. * Rencontre

sur l'Ottawa de 15 ennots (Pointe-à-l'Orignal) le 2 juin, une autre rivière (Petite Nation) ; — Je 4, à la riv, du nord (la Gatineau), du sud (le Rideau), aux

et Chaudières, à un lac (Deschênes) le 5, au grand saut (rapide des Chats), où se décharge un cours d'eau (Madawaskn). À 6 ou 7 lieues

aux Allumettes dans les terres, des cyprès rouges dont on fait une croix plantée sur une

éminence ;—le 6, au petit saut (Chenaux), au Portage (du Fort), où se (1613) dévoile l'imposture de Du Vigneau, - Champlain perd son astrolabe, retrouvé en 1867, au 12 rang du comté de Renfrew, et conservé aux Archives d'Ottawa. — Au lac du Rat musqué, au lac et à l'Ue-des- {lu melles : là, les Indiens refusent d'aller plus loin : plantation de la croix, Marque de prise de possession, -— Le 10 juin, retour à lu Place-Royale, et traite abondante jusqu'au 27... Le 3 juillet, le Malouin, sieur de Maisonneuve, prend à bord Champlain, qui atteint St-Mulo, le 26 août. — Al s'y abouche avec des marchants, futurs associés,

III° Compagnie des Marchands

Ville Voyage de Champlain

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40 Résultats acquis : — la ténacité clairoyante de Champlain affermit jusque-là l'entreprise ; — son initiative à Paris et son alliance avec les indigènes aplanissent les obstacles;—son dévouement désintéressé lui attire l'estime des grands et des premiers associés ; — son amitié envers de Monts est un appui inébranlable, — Le vieux Du Pont-Gravé le seconde habilement par les profits du commerce.

1o Fondation de la Compagnie (1613-1620) : — à l’instigation de Champlain, dans l’automne de 1613, se forme une Société. — Le vice-roi obtient par missives royales (14 novembre) le monopole de la traite audessous de Québec jusqu’à Matane, pour onz années — La Compagnie se compose de marchands de Rouen et de St-Malo, — Jes Rochelais refusant d’y entrer par haine des Jésuites qu’on a proposés comme missionnaires. — Les articles sont arrêtés au printemps de 1614 : Condé reçoit 1.000 livres, Champlain 2 à 300 et 4 hommes par vaisseau ; six familles par an seront établies. Ainsi Québec change de propriétaires, bien que M. de Monts reste actionnaire principal. — Ces négociations retiennent Champlain en France, en 1614 : — en octobre, les Etats-Généraux font des faveurs sans lendemain à la Société ; et, par intérêt pécuniaire, le vice-roi délivre aux Rochelais un passe port de traite.

20 Les premiers missionnaires : — Champlain “ s'emploie à préparer

quelque moyen de faire venir les sauvages à la connaissance de Dieu. ” — La Compagnie, accédant au désir du vice-roi, consent à subventinonner sir missionnaires. — Louis Houel, contrôleur des salines de Brouage, s’assure la collaboration des religieux Récollets.

30 De Honfleur à la Huronie (1616) : — le 24 avril, le St-Etienne, de 300 tonnes, met à la voile ;— le 25 mai, à Tadoussac ; le 2 juin, à Québec — le 20, délibération avec les Indiens à la Place-Royale, — Le 24 juin, messe célébrée par le P. Joseph Le Caron à la Rivières-des-Prairies, retour de Champlain à Québec, tandis que le Père avec 12 Français part chez les Hurons. — Le 9 juillet, Champlain revenu se met en route avec Brûlé, son domestique et 10 indigènes. — Il refait le même itinéraire jusqu’à l’Ile-des-Allumettes, — la Mathawa, le lac Nipissing, — le 26 à la Riv.-des-Français. — Après 35 lieues, et rencontre des Chereux- Relevés, au lac Huron, dont il longe les bords, l’espace de 45 lieues, “ Mer Douce, ” baie de Matchidache, enfin Toanché. — Le 2 août à Carmaron, au bourg de Carhagouha, ceint d'une triple palissade de 35 pieds, où est le P. Joseph (8 août). — Le 13, la première messe et plantation de croix : -- le 17, à Cahaïagué, lieu du rendez-vous des guerriers,

1o De la Huronie à Canandaiga : — le 1er sept, départ de l’armée ; — lac Coukiching, “puis un autre (Simcoe), d'où Et. Brûlé et 12 hommes vont en délégués chercher les 500 Andates * — ‘ Portage de 10 lieues à un autre lac (Eturgeon), Riz par la riv. (Trent) à la baie de Quinté ” — L'armée franchit 64 lieues par eau et par terre ; — Pointe-à-la- Traverse lac Ontario est large de 14 lieues. — Sur la rive sud, marche d 4 jours

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€n passant par Chouaguen et le lac Oneida. — Le 3 oct., capture de 11 Iroquois : Champlain s'oppose à la mutilation des mains des Iroquoises

captives 20 Troisième rencontre des Iroquois (1615) : — Je 10 oct. on est en face IV° du bourg fortifié des Tsonnontouans, situé au fond du lac (Canandaiga Lake), — Description des palissades, quatre concentriques ct hautes de Champlain | 30 pieds. — Assaut immédiat, frayeur des sauvages au bruit des mousquets. — Champlain construit “ un cavalier en boi: “1° ininine tes pa- ‘en Huronie lissades :” de là, les arquebusiers dirigent dan . nte ur feu meurtrier ; — les Hurons incendient en même temps 1: remparts, raais et la fumée vient aveugler les assiégeants. — Champlain, blessé au genou et à la cuisse ; — les assaillants se battent sans ordre. — Les che’s dé- Ille rencontre cident l'abandon du siège inachevé, — Le 18 oct., pénible retour au l£c Huron. — Divers incidents du trajet ; — traversée du pays des Petun, des neutres entre Hurons et Iroquois, — Le 23 déc., arrivée à Cahiaigué. 30 Hivernage en Huronie (1616) : — le 4 jan ‘er, guéri de ses blessures, Iroquois Champlain visite le P. Joseph à Carhagouha, pacifie un différend, examine, décrit en détail mœurs, festins, danses, jeux, cérémonies des tri- (1616) bus. — 11 se renseigne sur les régions de l’ouest et du sud. — Le 20

mai, départ des Français et du Père, qui a baptisé les adultes mourrants. — Le ‘hef Darontal et un groupe des siens les suivent à Québec. — Après 40 jours, arrivée au Saut (Lachine); — le 8 juillet, adieux aux sauvages.

40 Retour en France : — le 11, à Québec, où Darontal se montre émerveillé de l’habitation et supplie avec raisons d’en établir une seconde à la Place-Royale, — Les Récollets engagent Champlain à réunir un Conseil, qui propose aux Pères Denis Jamet et Joseph d’aller sonmettre au roi les vœux des 30 colons. — Le 23 juillet, à Tadoussac ; le 3 août, appareillage ; le 10 sept., à Honfleur.

lo Condé emprisonné : — Je ler sept., dix jours avant l’arrivée des voyageurs, le vice-roi est enfermé à la Bastille, — “ Nos envieux ne tarderont guère à vomir leur poison ”’, écrit Champlain, — Le marquis de Thémines, qui l’a arrêté, recueille son titre et ses émoluments : de sa prison, Condé lance un protêt. — Le public prête attention au de-

| mêlé : il réclame l'envoi de colons au Canada.

v° lo Famille Hébert : — à là demande de Champlain, Louis Hébert se IXe Voyage décide à établir sa famille à Québec ; — à Paris, la Compagnie lui prode met 200 livres annuelles ; — à Honfleur, elle les réduit à 100, exigeant Champlain que ses services d'apothicaire et les fruits de son labeur soient acquis à l'agence de Québec. — Elle usait de procédés draconiens, afin de

CL détourner d’autres colons de s’expatrier, à son détriment présumé. 30 De Honfleur à Québec (1617) :-— le 11 avril, départ. — “ I] ne se Louis Hébert passa rien de remarquable dans ce voyage ”, dit Champlain. — Le ler colon Frère Sagard raconte plus tard que : — à 60 lieues du Grand Banc, la

(1617) tempête se déchaîne ; — tout le monde se confesse ; — madame H4&

bert élève le plus jeune de ses 3 enfants par les écoutilles “ pour qu’il reçut aussi la bénédiction du P. Le Caron ”. — Le 14 juin, le P. Huet célèbre à Tadoussac la première messe. — L i

sévit la famine, — Le traite est fructueuse. — On décide Champlain et le P. Jean d'Olbeau à rentrer en France afin de ravitailler la place. — En automne, mariage du sieur Etienne Jonquet avec la fille d’Hébert : tous deux meurent, en juillet 1619.

40 Alliance des Hollandais et des Iroquois : — c'est en 1617 qu’on apprend cette alliance, — Le commerce est donc fermé aux Français sur la rivière Hudson, —- Les Flamands ne tardent pas à vendre poudre et mousquets à leurs redoutables alliés ; — terrible et interminable vengeance des Iroquois contre les Français et leurs alliés indigènes. ... Champlain ne pouvait soupçonner d'avance ce retour de la fortune contre ses généreux desseins.

1o Thémines, intérimaire (1617-19) : — Pons de Lauzière (1552-1627), marquis de Thémines — commune de 526 hab. dans le Lot (Guyenne), est promu maréchal (1er sept. 1616), se voit confirmé, l’année suivante, par le Conseil d’Etat dans son titre de vice-roi de la N ouv.-Fr. ; — il ne Percevra aucune redevance ni honoraires, — C’est à lui et à la Cour que la Compagnie renvoie les réclamations des Récollets de Québec. — Les Malouins tentent de recouvrer la liberté du trafic en Nouv.-Fr. 3 — mais grâce à Champlain, le St-Laurent leur reste fermé.

VI° 20 Relations de Champlain : — toujours aux aguets, il adresse un premier rapport à la Chambre de commerce de Paris : ‘“ avec des ressour- Plans, Efforts ces convenables, on exploitera la pêche, les échanges de pelleteries, les bois de construction, l’élevage, les mines, l’agriculture, l’indusde trie...” — Il en adresse un second au roi et à son Conseil (février 1618) Concernant : — ‘ le danger de laisser les rives du fleuve sans fortifica- Champlain tions, — à cause du voisinage des Anglais et des Flamands — la nécessité de propager la foi parmi les infidèles ; — Québec sera appelé pour Ludovica ou Louisville, un temple y sera dédié au Rédem pteur ; un fort dominera la rive gauche, un autre la droite (Lévis) ; — un troisième, ‘a Nouv.-Fr. à Tadoussac. — Quinze missionnaires séjourneront en Nouv.-Fr, : — 300 familles seront la noyau de la colonie, ayant chacune au moins (1618)) quatre personnes ”.. Hélas ! beaux rêves, sans lendemain !

80 De Honfleur aux Trois-Rivières (1618) : — Je 22 mars, départ de Xe Voyage Paris avec Eustache Boullé, son beau-frère, âgé de 18 ans ; — le 24 mai, de Honfleur avec Du Pont et La Motte-Bourioli—Le 15 juin, à Percé, le 24 à Tadoussac. — L'hiver, près du cap Tourmente, Ch. Pillet et un serrurier, assassinés par les Indiens : prélude d'un massacre général, dont le complot est éventé, grâce au Frère Pacifique. — Terres d’Hébert chargées de blé ; jardins plantureux ! Les sauvages aux Trois- Riv. ; le 9 juillet, échange de promesses. — Longues aventures de Brûlé. — Le 15, à Québec, puis à Tadoussac, d'où, le 30, on appareille vers

Honfleur (28 août).

VII° Compagnie des De Caen ou de Montmorency vire-roi

[ lo Condé vend sa charge : — sorti de prison (20 oct. 1619), il est rétabli | vice-roi. — La Compagnie lui accorde 1,000 écus, dont il céde la moitié aux missionnaires de Québec : — “ seul service, écrit N.-E. Dionne, qu’il rendit à la colonie.” — I] songe alors à vendre sa charge à son beau-frère, pour la somme de 33,000 livres.

20 Henri II, comte de Damoville (1596-1632) et duc de Montmoren- CY — auj. canton de 5100 hab., en Seine-et-Oise (Ile-de-Fr.) — est Promu à 17 ans amiral de France, — puis de Bretagne, sans être reconnu par les Etats de cette province, —- Le sieur de Villemenon le détermine

à prendre le contrôle de la Nouv.-Fr. — Y. Dolu, grand audiencier du royaume, devient à Paris son intendant des affaires du Canada. — En 1622, le duc lutte contre les Hugnenots à Montauban et à Montpellier. — En 1625, il préside à la prise des fles de Ré et d'Oléron. —

! Pour un million, il vend sa charge d’amiral à Richelieu et se *--it créer | maréchal en 1629, — Mécontent du roi, qui lui & refusé le titre de con-

nétable, il adhère à la révolte de Gaston d'Orléans, frère du roi : Vaincu et fait prisonnier à Castelnaudary, il est décapité, en 1632.

enquête commissaire du vice-roi.

— Révocation du monopole, qu. duré siz ans sur onze et a enrichi la Cp. des Marchands. — Dolu fait choix des calvinistes, Guillaume De Caen et Emery, son neveu, négociants de Rouen ; — ils acceptent les obligations antérieures : au vice-roi 3,000 liv. par an, — à Champlain 200 liv, et 10 hommes mercenaires, — «ux Récollets entretien, — six familles à recruter Par année , — Facy : de prendre des actions

dans la combinaison qui suivra le trafic de la saison de 1621, — Au

royal lui accorde le monopole jusqu’en 1635, même en dépit de tout nouveau vice-roi ou autre lieutenant; — les cinqg-douzièmes des actions reviennent de droit à l’ancienne Comp. des Marchands. — Les sieurs de Caen restent Les directeurs pour les 15 années — et ils le sont, bien qu'avec des intervalles, jusqu'en 1633 : — Jes honoraires de Cham-

plain sont portés à 1200 liv., avec préséance et commandement à l’habitation.

lo De Honfleur à Québec (1620-24) : — Je duc a continué à Champlain ‘* l'honneur de sa lieutenance *” — i] Jui ordonne de fortifier Québec ‘“ au mieux possible ”, — ‘ Sa Majesté a promis de donner armes et munitions de guerre pour la défense du fort *”, — Le 7 mai 1620, en- Courageante lettre du roi. — Le 8, départ de Honffeur avec son épouse, — le 24 juin, à Gaspé ; — Je 7 juillet à Tadoussac, où l’attend son beaufrère Eustache, — A Québec, messe solennelle et lecture publique de

VIII° Séjour de Champlain

XIe Voyage

la commission de lieutenant. “ Vive le Roi . ” — Commencement du fort Saint-Louis sur la pointe ; réparations à l’habitation.

20 Développements : — tous les malaises semblent dissipés. — Champlain initie à la culture les sauvages de la banlieue. — Il sait ménager l’entente entre Algonquins, Hurons, Montagnais. — En 1623, 35 canots iroquois viennent trafiquer. — La traite rapporte de beaux bénéfices. — Le 28 juin, arrivage du vaisseau, sieur Desdames, P. Nicolas Viel, Fr. Gabriel Sagard. — Traite à l'embouchure de la riv. des Iroquois, — où Champlain pardonne au meurtirer des deux Français. — Le 2 août, 13 interprêtes et 3 Récollets suivent les Indiens dans leurs pays respectifs. — Travaux du fort, ‘“ du petit chemin, pour y monter avec facilité ”. — En 1624, construction du magasin du fort St-Louis. — Le 2 juin, arrivée du pilote Gascoin ; — le 10 juillet de Guillaume De Caen : traite abondante à Québec, aux Trois-Riv. ; — le 4 août, visite de G. de Caen au cap Tourmente et tles adjacentes qu’il a reçus en présent du vice-roi.

30 Retour en France (1624) : —« Ayant hiverné près de 5 as, nous fûmes assez mal secourus. .., et n’avions pas de quoi remercier les Associés en cela ”.— L’habitation nouvelle bien avancée ; — les matériaux assemblés ‘“‘pour achever le fort ”, sachant ‘“ qu’on n’en ferait rien.” — Emery De Caen, chargé de l'intérim. — Le 18 août à Tadoussac ; le 21 départ ; le 25, à Gaspé, d’où appareillent 4 vaisseaux (6 sept.) ; — le 4 oct., à Dieppe. — A Saint-Germain-en-Laye, visite au roi et au duc de Montmorency, “ lequel, pour certains troubles, se défait de sa charge, qui lui rompait la tête, la remettant à Mgr le duc de Ventadour, son neveu ”.

1o Maison de Lévy ou Lévis : — ainsi nommée de la terre de Hurepoir — au}. Lévy-Saint-Nom, localité de 273 hab., près de Chevreuse, en Seine-et-Oise — remonte au XIIe siècle ; — $e ramifia en 3 branches : maisons de Lévy-Mirepoix, de Montbrun, de Lautrec-V'illars. — Celleci, en trois rameaux : maisons de Lévy-de Florensac, de Courson, de Quélus, — et les deux lignées ducales : de la Voûte-V entadour et de Charlus : la première est érigée en duché, en 1578.

20 Henri de Lévis (1596-1660), duc de Ventadour — auj. commune

de 906 âmes, en Corrèze (Limousin), — pair de France, prince de Maubuisson et comte de la Voûte, gouverneur du Languedoc, — achète, le 25 mars 1625, sa nouvelle charge cent mille livres. — De concert avec sa jeune épouse, Marie-Liesse de Luxembourg, lui entre dans les ordres sacrés, et elle, au Carmel. — Il aide de ses libéralités les missions du Canada. — Le roi par lettres patentes ratifie la mutation de la viceroyauté... Le 29 avril 1627, il démissionnera en faveur de Richelieu. — En sa mémoire, Champlain inscrit sur sa carte de 1632 : le cap de Lévy ; — en 1641, l'ingénieur Bourdon, de même ; en 1648, ce cap devient la Pointe-Lévis. — Son frère, François-Christophe de Lévis, comte

IX° Le duc de Ventadour vice-roi

XIIè Voyage de Champlain

de Biron, duc de Damville (Normandie), deviendra vice-roi de l’Amérique (1644-60).

30 Les Jésuites au Canada (1625) : — sur les instances du Récollet,

Irénée Piat, délégué par ses Supérieurs, — sur la proposition faite au P. Coton, provincial des Jés. à Paris, — sur l'agrément du vice-roi, ils sont admis aux labeurs apostoliques en Nouv.-Fr. : les P. Charles Lalement, Ennemond Massé, Jean de Brébeuf, deux Coadjuteurs François Charton, Gilbert Buret. — Refus des sieurs De Caen de les embarquer : le vice-roi, dirigé du P. de La Bretesche, S. J., leur force la main. — Le 24 avril 1625, ils montent à bord, ainsi que le P. Récollet, Jos. de La Roche-Daillon.

40 De Dieppe à Québec (1626-29) : —- Je 5 février 1625, le vice-roi main-

tient Champlain dans sa lieutenance ; — il force G. De Caen à nommer ‘‘ un pilote catholique pour la conduite des vaisseaux *” ; — Simon de La Ralde, son beau-frère, est désigné. — La flotte marchande compte cinq bâtiments. — Le 24 avril 1626, Champlain part de Dieppe sur /a Catherine, — le 29 juin, à Tadoussac, le 5 juillet à Québec. — Le fort est tel qu’il l’a laissé ; — il l’agrandit de 2 bastions “ pour retirer, à une nécessité, les habitants et les soldats à couvert ”. — Au Cap Tourmente, “ habitation des hommes pour la conservation du bétail ”,

6o Déclaration de guerre des Iroquois (1627) : — en juillet 1627, nou-

velle du massacre de cing Hollandais par les Agniers. — Dès le 15 janvier, L. Hébert meurt d’une chute, “ le premier chef de famille ‘au pays, il vivait de ce qu'il cultivait ”. — En juin, Emery fait la traite aux Trois.-Riv. : “ Dix jeunes sauvages écervelés partent contre les Iroquois, sans avertir : rupture de la paix ”, — Champlain délègue Pierre Magnan, le Réconcilié et deux Indiens auprès des Agniers à qui ils remettent un prisonnier : tous sont massacrés. — L’hostilité iroquoise ne se Calmera plus ,.. Les si : ent la main-d'œuvre plaintes de Champlain

1626, sont arrivés les Pères Noyrot et de Nouë, avec 20 engagés et des meubles, pour ériger la résidence des Jésuites, — Emery De Caen ayant refusé d'accueillir les Pères, l’année précédente.

1o Démarches du P. Noyrot : — le mauvais vouloir des De Caen est

opiniâtre ; — Je mécontentement de Champlain, fondé sur l'évidence des faits ; — deux opuscules anonymes, /a Plainte de la Nouvelle- France (1621), et Au roi sur la Nouv.-France (1626), ont persuadé les esprits. — Débarqué en juillet 1626, le P. Noyrot rentre en France, en automne ; — en janvier 1627, il voit le roi et son Conseil, le vice-roi, surtoul Richelieu : la cause est gagnée, — le règne mercantile et néfaste des sieurs De Caen touche à sa fin.

| 20 Essais d'organisation d'une grande Compagnie — en octobre

1626, le cardinal-ministre prend la titre de Grand- Maître de la navigation : — son bisaïeul, le vice-amiral Guyon Le Roy Du Chillon a lutté,

quarante années (1484-1520) contre Anglais, Espagnols, Turcs (à Lépante 1499), — et a fondé Le Havre (1571) ; — son grand père, son père se sont signalés sur mer, ainsi que son oncle maternel Amador de La Porte. — Le 26 mars 1626, de concert avec Du Val, Le Mareschal, Antoine de Montmor, le Breton Guillaume de Bruc, il projette en secret X° la formation de la Compagnie du Morbihan, lieu de son siège social ; — elle est reconnue par l’édit de juillet 1626 ; — en août, elle prend sur Compagnie la charte le nom de Compagnie des Cent Associés. — Indignation générale en Bretagne (15 mars 1627). — L'opposition bretonne accommode des 1es desseins d’une société hollandaise, en formation sous l'influence de Nicolas de Wiüte-Scapencas et du Brabançon Francisque Billoty : la Cent Associés Compagnie de la Nacelle de Saint-Pierre fleur-délisée : — nouvel échec. 30 Compagnie des Cent Associés ou de la Nouvelle-France : — Riou de la chelieu songe alors à créer des associations particulières : — Compagnie de Saint-Christophe (2 octobre 1626), — celle du Maroc, — du Nouvelle-France Sénégal, etc. — La Compagnie des Cent Associés limite son action à la Nouvelle-France, ‘ depuis la Floride jusqu’au cercle artique, de Terre- (1627-1663) Neuve à la Mer Douce et au delà.” — Le 29 avril 1627, création de la Compagnie ; — le 7 mai, publication des 20 articles de la constitution : — douze directeurs, renouvelables par moitié tous les deux ans. — Seuls les Bretons se sont abstenus. — Le duc de Vantadour, le 30 juin 1627, perçoit 72,000 liv. pour sa charge, qui reste abolie pour l'Amérique jusqu’en 1644. — L'édit exige, en retour du monopole, le transport de 200 à 300 colons des deux sexes, en 1628, — jusqu’à concurrence de 4,000 en 15 années ( 1643), — et les frais de leur établissement sur terres arables, 3 ans durant. — En mai 1628, nouvel édit, signé au camp devant La Rochelle, excluant les Hugnenots de la colonie : exclusion bier méritée, de l’avis de M. Em. Salone (p. 46).

4o Conséquences de la fondation : — irritation, rancune, vengeance des De Caen ; leur refus d’embarquer les provisions des Jésuites ; rage de leurs coreligionnaires. — Le 26 janv. 1628, procédure des Associés contre l’arrêt d’interdiction du commerce ; — instance auprès du Conseil royal, qui tolère un sursis d’un an, le 15 mars et 6 avril 1628 3; — le 27 avril, expertise et état des lieux, accordés par le roi. — Coincidence, plus qu'imprévue, de l'invasion des frères Kirke, de leur pillage et de la capture de tous les bâtiments français !

I LC] Déprédation

des

Prise de la flotte de Roquemont

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