‹ Tableaux synoptiques de l'histoire du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 32 sur 50 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les GOUVERNEURS

{ 1o Marc-Antoine Bras-de-Fer de Châteaufort : chevalier de Malte,

lieutenant de Champlain (1633) — qui a gouverné 24 ans, avec tout pouvoir, au nom du roi et des compagnies — . devient, à son décès, JOuterneur provisoire (déc. 1635 — juin 1636) : — ensuite commandant aux Trois-Rivières ( 1636-38), cédant la place à Charles Huault de Montmagny.

20 Antécédents — appartient à une illustre et anc'enne famille de robe

et d'épée ; — les Huault sont marquis de Vaires et de Bussy, seigneurs de Bernay et de Montmagny, — aujourd'hui commune de 1,420 âmes (Seine-et-Marne). — Îl étudie chez les Jésuites, à Paris. — Le 3 août 1622, il s'agrège à l'Ordre de Malte et fait son apprentissage d'officier de inarine.— En 1632, sous la direction de Richelieu, il est mis en charge des intérêts de la Compagnie de la N ouvelle-France.

8o Nominations au gouvernement : — une première fois, le 15 jan-

vier 1635 — en prévision sans doute de la fin prochaine de Champlain, —— la seconde, en 1639 ; — la troisième, en 1642 ; — Ja quatrième, en 1645-48. — Les commissions l’autorisent ‘“ à juger en dernier ressort tant les soldats que les habitants.” — Son secrétaire est Louis de Bréhant de l'Isle, chevalier de Malte ; — ses officiers sont les sieurs de Saint-Jean, de Malapert, de Maupertuis, — 1] débarque à Québec, le 12 juin 1636.

40 Administration : — en 1636, il trace les dessins d'un fort plus apte

à résister aux surprises, l'alignement des rues de Québec qu'il nomme Saint-Louis (Louis XII), Sainte-Anne (Anne d'Autriche), Mont- Carmel (Ordre de Malte), ete.; — il dessine “Je jardin du fort ”, -— Il fait agrandir l'habitation des Trois-Rivières : — i] monte au Mont- Royal, nomme l'île Montmagny (Ie-Jésus).— 11 reconnatt la côte de Beeupré. — En 1637, le commandeur de Sillery, à Paris, fait fonder à ses frais par le P. Le Jeune la résidence de Sillery, en faveur des in-

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digènes. — Le ler mai 1637, le gouverneur dresse, en face de N.-D. 1° de Recouvrance, un grand mai, dont l’écusson porte les noms de Jésus, Marie, Joseph,— usage qui s’est perpétué avec modification dans Charles Huault la province de Québec. — En 1638, magnifiques feux d’artifice et ré- | jouissances, pour honorer la naissance de Louis XIV.— En 1639, le de ler août, il fait un religieux accueil aux Ursulines et aux Hospitalières. En 1640, fondation par le P. Buteux d’une réduction, semblable à Montmagny celle de Sillery, aux Trois-Rivières. — L'incendie consume la maison, l’église, la chapelle du gouverneur. — En 1641, passage de M. de Maideuième sonneuve, qui refuse à M. de Montmagny de s'établir à l'île d'Orléans à — malentendu réciproque, l'hiver, et qui se dissipe en 1642. — Consgouverneur truction d’un fort à l'embouchure du Richelieu. — Sillery, commune de 643 hab. (Marne).

(1636-1648) 5o Incursions iroquoises : — ‘ Il serait difficile d’expliquer quels soins et quelles peines s’impose chaque jour le Gouverneur pour aplanir les difficultés de la colonie.” (Relation de 1643). — Sept à huit cents ennemis harcèlent les ouvriers du fort : — le chevalier de Malte se fait soldat. — On connaît la fin héroïque de René Goupil, de Louis Lalande, du P. saac Jogues (1646), les tortures du P. Bressani. — Pour les sauver le gouverneur échange une active correspondance avec le commandant d'Orange. — En 1645, impuissant à tenir tête aux barbares, il traite habilement avec eux aux Trois-Rivières. — Iroquois et Hurons l’appellent Ononthio ou ‘ la grande montagne ”, plutôt en raison de sa haute stature ; — l'appellation passe à ses successeurs.

| 60 Derniers événements : — Le 23 juin 1646, le chevalier inaugure

à Québec la coutume des feux de la Saint-Jean-Baptiste ; — le dernier jour de décembre, il fait représenter le Cid de Corneille. — La même année, il s’acquiert la seigneurie de la Rivière-du-Sud, de l’Ile-aux- Oies et aux Grues : — c’est le futur comté de Montmagny. — C’est aussi l’année de la fondation de la Compagnie des Habitants.

To Son départ ; son caractère : — ‘ Le 23 septemhre 1648, repartit le vaisseau amiral, commandé par M. de Montmag:y.” (Journal des Jésuites). — A Paris, il se voit nommer receveur du prieuré de France par le Grand Maître de Malte. — En 1652, celui-ci lui confie le gouvernement de l'île Saint-Christophe (Antilles) ; — il y meurt en 1654, croit-on, car son frère Adrien vend sa seigneurie du Canada à Louis Chartier de Lotbinière. — ‘“ Homme de courage, cœur français, administrateur vigilant, il joignit aux vertus civiles et militaires les plus hautes vertus chrétiennes. S'il ne fait pas oublier le vertueux Champlain, il adoucit, par l’harmonieux ensemble de ses brillantes qualités, les regrets universels qu'avait laissés la mort du fondateur de Québec.” — Les arrêts du 27 mars 1647 et du 5 mars 1648 décrètent que les

pouvoirs des gouverneurs seront désormais renouvelés tous les trois ans.

Ir° Louis D'Ailleboust troisième . gouverneur

three

lo Origine et famille : — Pierre d'Ailleboust, allemand d'origine, mé-

decin de François Ier ; — Charles, abbé de Sept-Fonds, évêque d’Auxerre (1574) : — Jean (1593), médecin de Henri IV : — Antoine son père, est conseiller du prince de Condé. — ]] épouse Barbe de Boullongne (1638) ; — ji] était sieur de Coulonges. — aujourd'hui localité de 533 âmes, dans l’Aisne (Champagne) ; — tous deux s’agrègent, en 1641, à la Société Notre-Dame de Ville-Marie.

20 À Ville-Marie (1643-48) :— “Le 15 août 1643, M. d’Ailleboust,

très honnête et vertueux gentilhomme, avec sa femme et sa belle-sœur, et une sainte troupe, aborde à Québec.’ (Relation, 1643). — Habile ingénieur, il est chargé par M. de Maisonneuve d’ajouter deux bastions aux angles du fort. — Puis, il se fait défricheur, jardinier, architecte des constructions privées, dont il fait autant de redoutes. — En 1645, il remplace Paul de Chomedey, appelé en France. — En 1647, il traverse l'océan, comme négociateur des affaires publiques. — Le 2 mars,

| 380 Au &ouvernement de Québec : —- au retour, il reçoit à La Ro-

chelle le titre d'amiral de la flotte, et arrive à Québec, le 22 août 1648. Il inaugure la nouvelle administration, selon l’édit du 5 mars : — le Conseil de Québec comprend le Jouverneur, le Supérieur des Jésuites, deux habitants élus, tous les trois ans, par les syndics de Québec, des Trois-Rivières, de Ville-Marie. — Ce Conseil a pleins pouvoirs pour toutes les questions, — Le salaire du gouverneur de Québec est de 10,000 livres : de 3,000 pour les deux autres. — M. d’Ailleboust organise un camp-volant ou Corps de troupes — d'abord 40, puis 70 hommes — qui tient la Campagne pour observer ou inquiéter l'ennemi - — il en donne le commandement à son neveu, Charles d'Ailleboust, sieur de Musseaux (1649) — localité, située près de Langres (Champagne), — qui est l’ancêtre des familles : de Musseaux, de Coulonges,

tre du P. Daniel 5 en 1648, torture et mort des Pères de Brébeuf et Chares La'emant ; — en 1650, le P. Ragnenau amène à l’île d’Orléans 5 à 600 fugitifs de la Huronie.

6o Défense héroïque : — en 1650 et 1651, les Iroquois se ruent sur les

a fortifié les trois places de résistance. — Son mandat l’autorise à conclure avec l'Anglais et le Hollandais un traité d’ailliance contre les Cinq-Cantons ‘Sans aucun succès. — Le 12 octobre, il remet le 8ouvernement aux mains débiles et inexpérimentées de M. de Lau-

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zOn, — “ laissant sans regret une place où il était le témoin de la désolation de la colonie.” (Charlevoix).

60 Vie privée ; sa mort : — il se retire dans sa terre de Coulonge ——aujourd'hui Spencer Wood ; — en 1653, il est élu syndic ; il établit à Percé avec des associés une pècherie, — se rend souvent à Ville-Marie — séjourne deux années en France (1655-56). — En 1657, il est gouverneur intérimaire, — En 1658, il gagne Ville-Marie, où il meurt sans postérité, le 31 mai 1660. — Dans sa personne, la colonie aux abois perd un homme de caractère ferme, laborieux, désintéressé, brave autant que pieux et modeste.

1o Antécédents : — il descend d’une ancienne famille de robe, originaire de Bretagne, émigrée dans le Poitou. — Son père, François de Lauzon, seigneur de Lirec, s'établit à Paris, où il devient conseiller au Parlement (1581). — Né en 1584, Jean entre dans l’administration, est nommé conseiller (1613), termine les procès de haute trahi. son des ducs de Montmorency (1632) et d’'Epernon (1634). — Intendant de Guyenne et du Dauphiné, il est élu président des douze direrteurs des Cent Associés. — A ce titre, il se fait attribuer au Canada un immense domaine (1635-36). — En 1640, il fait cession de l’île de Montréal aux Associés de N.-D. de Ville-Marie. — En 1649, il accorde des fiefs à Jacques Coquerel, à Pierre et à François Miville.

20 Administration coloniale : — le 17 janv. 1651, il est nommé gou-

| verneur ; — le 13 oct.,. il débarque à Québec avec ses deux fils, Jean et

| Louis de la Citière, — ainsi que Louis Théandre Chartier de Lotbinière, Mathieu D’ Amours, sieur des Chaufours, Nicolas Le Vieux, sieur

de Hauteville, Denis Ruette d'Auteuil, Duplessis de Kerbodot, Guillaume Després... — En 1652, arrivée de son fils Charles, qu’ épouse Marie- Louise Giffard. — M. de Lauzon institue les charges de grand sénéchal, en faveur de Jean son aîné, — de grand-maître des eaux et forêts, en faveur de Charles, — de lieutenant-général civil et criminel, — de lieutenant-particulier, — de Procureur-général. — La colonie végète dans Jean de un état d'extrême faiblesse : — le gouvernement ne peut compter ni sur alliés, Algonquins et Hurons, ni sur Mazarin que préoccupe la

Lauzon Fronde, ni sur les habitants inférieurs en nombre et disséminés partout. — La recrue de 102 colons de M. de Maisonneuve (1653) sauve

quatrième la colonie entière. — En 1654, renouvellement de ses provisions de gouverneur. — Sans secours de la métropole, il monopolise la traite

gouverneur de Tadoussac, au mécontentement de la Compagnie des Habitants. — Il fonde la mission des Onontagués. — Agé de 73, ans, il rentre en

(1651-1656) France, en juin 1556, laissant l'intérim à Charles de Charny, le-

é quel est remplacé par M. d'Ailleboust (1657-58).

Déprédations des Iroquois : — enhardis par la ruine de la Huronie

(1649), ils adoptent le procédé des hostilités incessantes. — mort de

Duplessis et de 15 Français aux Trois-Rivières ; — meurtre du P.

Buteux sur le Saint-Maurice ; — captivité du P. Poncet et de ses

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