III
IV
Pierre de Voyer d’Argenson cinquième gouverneur
Compagnons. — Résistance héroïque de Lambert Closse à Ville-Marie. - - Destruction des moissons, suspension de la traite, massacres et pillage jusque dans l'île d'Orléans et ailleurs...
4o Caractère et mort ; ses enfants : — le Mémoire d'Aubert de La Chesnaye (1676) porte sur lui un jugement sévère : — M. Faillon l’a fait sien ; — M. Joseph-Edmond Roy justifie le gouverneur. — Selon les Jésuites, c'était un homme droit, pieux, bien intentionné, — mais sans expérience, mal conseillé, gêné dans ses affaires, impuissant à maîtriser les situations difficiles. — Rentré à Paris, il est nommé sousdoyen de Conseil royal, et meurt le 16 février 1666. — Louis de la Citière se noie près de l'ile d'Orléans (5 mai 1659). — Jean périt avec six COmpagnur: surpris dans cette Île par l'ennemi (22 juin 1661) et laissant cinq enfants. . .— Le gouverneur donna, du nom de son épouse Marie Gaudart, l'appellation de Gaudarville à l’une de ses nombreuses seigneuries. — Il est remplacé par Pierre d’Argenson.
lo Famille : — elle s'est signalée dans l'armée, la magistrature, la prélature, les lettres : — résidait à Paulmy (Touraine) — localité actuelle de 543 âmes. — En 1538, Jean de Voyer épouse Jeanne Guef- Jault, héritière de la terre d'Argenson, située près de Chinon (Touraine). — Né le 19 novembre 1625, Pierre devient à la Cour gentilhomme de la Chambre du roi. — En 1643, il est baïlli de la province de Touraine ; — en 1650, enseigne des gardes royales, conseiller d’Etat (1651)...
20 Son gouvernement : — Je président Lamoignon le fait nommer (26 janvier 1657), en dépit de son âge, mais “ parce qu'il est sage au possible ” (La Chesnaye), — Deux fcis, il prend la mer, deux fois le vaisseau est contraint de relâcher en Irlande. — Le 11 juillet 1658, il entre en rade de Québec : — le gouverneur aussitôt s'assure la ferme de Tadoussac, en faveur d’une nouvelle Compagnie, afin de solder ainsi le salaire des officiers civils. — Dès le 5 septembre, il écrit au ministre une lettre, où il reproche aux habitants “ leur tendance aux procès, le penchant aux dépenses inutiles. *”, — mais il insiste sur la pureté des mœurs, et renvoie en France une fille de joie de La Rochelle, — En 1659, arrive à Québec le Vicuire apostolique Mgr de Laval : — entente et cordialité d'abord, — bientôt regrettables malentendus pour les questions de préséante, qui troublent l'harmonie entre l'Eglise et l’Etat. — Ces querelles de protocole ne sont que préoccupations puériles devant la persistante rage des Cinq-Cantons.
30 Retour offensif des Iroquois : — en 1659, abandon précipité du
poste de mission aux Onnontagués. — Au printemps de 1660, prise de huit Français aux Trois-Rivières : — un prisonnier Agnier avoue la prochaine invasion de 1200 ennemis par le Richelieu ; — armement des trois villes pour parer à la défense. — Intervention opportune et héroïque sacrifice de Dollard et de ses compagnons (mai 1660).—Expédition audacieuse du Bouverneur sur ie Richelieu (juillet). — En août, paix simulée de quinze délégués Goyogouins. — En 1661, reprise
des hostilités : massacre de 23 hommes à Ville-Marie, de 11 autres aux Trois-Rivières, de 30 Attikamègues sur le Saint-Maurice, de 8 à Beaupré, de 7 à l’île d'Orléans ; — des Sulpiciens Le Maître et Vignal. — “ Une maladie se communique dans les familles, et l’on n’a jamais vu mourir tant de personnes au Canada.” (Marie de l’Incarnation).
4o Retour en France : — effrayé des responsabilités, se sentant privé des secours nécessaires, fatigué d'esprit, en malaise avec le pouvoir religieux, — il demande son rappel, au bout des trois années d’administration régulière. — I] n’était dépourvu ni de talents, ni de courage, ni de vertu réelle ; -— mais il manquait d'envergure d'idées et de largeur de sentiments. — Il quitta le Canada, le 19 septembre 1661, et eut pour successeur le baron d’Avaugour.
lo Caractère : — il a passé 40 années au milieu des camps. — “ Homme de résolution et d’une grande droiture, il s'en piquait trop et ne savait pas se replier.” (Charlevoix). — “ Il a servi en Allemagne pendant que vous y étiez ; vous devez avoir connu ses talents aussi bien que son caractère bizarre et quelque peu impraticable.” (Lettre de Colbert à M. de Tracy). — On compte sans doute sur la vigueur de son bras contre les Iroquois.
20 Administration : — à peine débarqué à Québec (1661), il se renseigne sur tout : forces de l'ennemi, ressources de la colonie, faiblesse we numérique des troupes. — Il envoie Pierre Boucher en réclamer au ministre “ pour l’année prochaine ”. — Entente avec l’évêque, et Pierre Du Bois, ordres sévères contre la vente des liqueurs fortes aux sauvages, menace de la peine de mort. — Approbation universelle et améliobaron ration immédiate partout. — Un jour une femme est surprise en délit de vente des boissons et emprisonnée ; — intercession du P. Laled’Avaugour mant en sa faveur, cause de l’irritation entêtée du gouverneur et de sa déclaration de lever la défense, — Licence des mœurs, débordement sirième des vices et des crimes. — Obstination de M. d'Avaugour ; — désolalation de l'évêque, qui se rend à la Cour, où il est approuvé. — La traite est prohibée, le gouverneur rappelé, le successeur nommé. — En 1663,
gouverneur | les tremblements de terre “ ont parlé bien des fois ”’, et les néophytes
(1661-63) apostats se convertissent. —Rentré en France, le baron est tué (1664) à la défense du fort de Serin (Croatie) contre les Turcs.
30 Plans de protection : — le 2 sept. 1663, le baron a communiqué au roi ses projets de protection : — ‘ conquête des bourgs anglais et hollandais *”” ; — ‘ flotte de 10 gros vaisseaux de guerre avec 4,000 hommes ” ;— “ fortifications de Québec sur les deux promontoires ” : — “ division du territoire en 10 provinces successives ” ; — ‘ port et fort de ravitaillement au Bic ”, — ligne de fortins sur lacs et rivières vers l’ouest... ” — Programme grandiose, qui ne fut point exécuté : aussi la France perdit tout par lambeaux.
Augustin de Saffray sieur de Mésy septième gouverneur
I Le] Confédération
iroquoise
dt
{ 1o Antécédents : — jeune, ‘‘ homme de peu de conduite ” ; — ramané à Dieu par M. de Bernières, président de la Congrég. des Messieurs, à l'Ermitage des Jésuites de Caen. — Mgr de Laval le choisit comme ami pour gouverneur, — Le ler mai 1663, provisions royales. — Saffré, bourg de 3,500 âmes, en Loire-Infér. (Bretagne). — Mézy, localité de 600 hab. en Seine-et-Oise, près de Versailles.
20 Gouvernement : — Je 16 sept. arrivée à Québec avec le sieur Gaudais, commissaire royal. — Un arrêt défend le trafic des liqueurs. —
Québec, érigé en ville, ayant moire el (che:ins : le Canada, en Province. — Etablit le Conseil souverain, ‘ de concert àvee l'évâque ”, — Bientôt, mal conseillé, il ambitionne l'autoriié absolue des prédécesseurs et leur salaire : refus du Conseil : — destilution de * conseillers, déposition de M. de Maisonneuve du gouvernement de Montréal, liberté de la traite, investissement de l'évêché , -. Le 21 mars 1663, Louis Robert est nommé intendu ni. -— Le 23 nars 1665, révocation du gouverneur...
| 30 Mort inopinée : — il tombe malade. fa avrii 1665; sentant venir sa fin, il se confesse à l’évêque, se réconcili sincèrement, expire à l'Hôtel- Dieu (5 mai), — laissant une lettre à \}. de Tracy. — Sous son gouvernement furent établies les cours de justice en première instance à Montréal et aux Trois-Rivières, ainsi que les institutions municipales.